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Publié le dimanche 1 juin 2003
Dimanche 1 juin 2003
MISERE
AFP Général
International, dimanche 1 juin 2003
Kofi Annan réclame au G8 davantage d'efforts pour combattre la misère
EVIAN (France) (AFP) - Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a réclamé dimanche aux pays membres du G8 de faire davantage d'efforts pour combattre la misère dans le monde, qui loin d'avoir reculé est en progression en Afrique, en Amérique latine et même en Europe.
"La proportion de gens vivant dans la misère a augmenté en Amérique latine, en Afrique subsaharienne, en Europe centrale et orientale et dans la Communauté des Etats indépendants (ex-Union soviétique)", a déclaré M. Annan devant les dirigeants du G8 rassemblés à Evian (sud-est) pour leur sommet annuel, selon le texte de son allocution rendu public à l'avance.
Face à cette situation, le secrétaire général de l'Onu a demandé aux dirigeants des huit pays les plus puissants de la planète d'appuyer les efforts des pays en développement, "car la plupart d'entre eux ne réussiront pas seuls".
Pour ce faire, l'accès de ces pays aux marchés mondiaux "doit être amélioré, ce qui exige une réduction des subventions agricoles et l'élimination des barrières tarifaires", a souligné M. Annan. Les pays émergents accusent régulièrement les Etats-Unis et l'Union européenne de fermer leurs marchés à leurs exportations, notamment agricoles.
"L'allègement de la dette" des pays pauvres "doit être plus important et plus rapide", tout comme l'aide publique au développement qui doit être de "meilleure qualité pour permettre à ces pays de procéder aux réformes nécessaires", a également estimé M. Annan.
Le sommet du G8 rassemble les dirigeants des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Grande-Bretagne, du Japon et de la Russie. Plusieurs dirigeants de pays émergents ont en outre été invités à participer dimanche à un "dialogue élargi" avec les membres du G8, dont la Chine, l'Inde, l'Arabie saoudite, le Mexique, le Brésil, la Malaisie et les pays africains du Nepad.
Les cinq architectes historiques du Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), sont les présidents Thabo Mbeki (Afrique du Sud), Abdoulaye Wade (Sénégal), Olusegun Obasanjo (Nigeria), Abdelaziz Bouteflika (Algérie) et Hosni Moubarak (Egypte).
ob/meg/jhl
Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) - AFP Général : G8; sommet; Onu
Heure de publication : 14:00 GMT
Taille : Court, 252 mots
© 2003 AFP. Tous droits réservés.
Doc. : 20030601AF0FRS427_152_160031
ericjeanloicbreton |
| 2003-06-01 15:18:26
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Dimanche 1 juin 2003
LULA
FP Général
International, dimanche 1 juin 2003
Lula propose au G8 une taxe sur les armes pour créer un fonds contre la faim
EVIAN (France) (AFP) - Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a présenté dimanche à Evian (sud-est) aux dirigeants des huit grandes puissances mondiales (G8) son projet de création d'un Fonds mondial contre la faim, financé sur la taxation des ventes internationales d'armes.
"Ma proposition, c'est la création d'un fonds mondial capable de donner à manger à qui a faim et qui remédie en même temps aux causes structurelles de la faim", a déclaré Lula, dans un discours prononcé devant les dirigeants des huit grandes puissances mondiales (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) ainsi que ceux de plusieurs pays émergents et en développement.
Lula a été convié par le président français Jacques Chirac, hôte du sommet du G8, à assister à un "dialogue élargi" avec d'autres dirigeants de pays émergents et en développement, en ouverture du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G8.
"Il existe diverses formes pour générer le financement d'un fonds de cette nature", a souligné le chef de l'Etat brésilien lors de ce discours, selon une copie que s'est procurée l'AFP.
"La première serait la taxation du commerce international d'armes, ce qui apporterait des avantages du point de vue économique et social", a-t-il expliqué. "Une autre possibilité serait de créer des mécanismes pour inciter les pays riches à réinvestir dans ce fonds un pourcentage du service de la dette payée par les pays débiteurs", a-t-il ajouté.
"La faim ne peut attendre", a martelé Lula.
esb-arz/gam/jhl
Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) - AFP Général : G8; sommet; Brésil
Heure de publication : 15:51 GMT
Taille : Court, 190 mots
© 2003 AFP. Tous droits réservés.
Doc. : 20030601AF0FRS576_152_175149
ericjeanloicbreton |
| 2003-06-01 15:14:53
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Dimanche 1 juin 2003
ELECTRICITE
La Croix
ACTUALITE, samedi 31 mai 2003, p. 2
LE CHIFFRE. 12 % de la demande mondiale d'électricité pourraient être satisfaits par l'énergie éolienne en l'an 2020.
12 % de la demande mondiale d'électricité pourraient être satisfaits par l'énergie éolienne en l'an 2020, moyennant un investissement total de 674 milliards d'euros d'ici cette échéance. C'est du moins ce qu'affirme une étude conjointe de l'Association européenne de l'énergie éolienne et de Greenpeace, publiée mardi. Au total, 1,2 million de mégawatts (MW) d'éolien pourrait être installé d'ici 2020 dans le monde (contre 32 000 MW seulement à ce jour). Le scénario, volontariste, est fondé sur une augmentation de la puissance unitaire moyenne des éoliennes à 1,5 MW en 2013 contre 1 MW actuellement et sur une forte implantation de l'éolien en mer. Il table aussi sur une baisse de 40 % du coût d'installation de l'éolienne et du courant produit d'ici 2020.
Catégorie : Actualités
Type(s) d'article : BREVE
Taille : Court, 93 mots
© 2003 la Croix. Tous droits réservés
ericjeanloicbreton |
| 2003-06-01 15:12:36
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Dimanche 1 juin 2003
OMC
Le Monde
International, lundi 2 juin 2003, p. 2
Supachai Panitchpakdi, directeur général de l'OMC
"Confirmer la volonté d'aider les plus pauvres"
Directeur général de l'organisation mondiale du commerce (omc), vous assistez en tant qu'observateur au g8. quel message l'omc veut-elle faire passer aux chefs d'etat et aux mouvements altermondialistes ?
Les dirigeants doivent confirmer leur volonté politique d'aider les pays pauvres. Quant aux ONG, le dialogue avec elles est, pour moi, essentiel. Les gens nous disent, par exemple, que l'OMC tente de détruire les systèmes de distribution d'eau en permettant aux multinationales de s'ingérer, ce qui est franchement faux, car ce sont les gouvernements qui décident s'ils veulent ou non privatiser l'eau. Nos portes sont ouvertes, mais certaines ONG sont prêtes à parler et d'autres ne veulent rien entendre.
Vous avez organisé, pour la première fois, une réunion avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ; qu'en attendez-vous ?
Il y a beaucoup de travail à accomplir ensemble, en particulier en faveur des petits pays qui dépendent presque entièrement des revenus des droits de douane. L'OMC ne doit pas devenir une autre institution de développement, mais il faut que nous collaborions pour appliquer les accords, ce qui est la phase la plus difficile.
L'administration Bush a récemment proposé la création d'une zone de libre-échange au Moyen-Orient. Est-ce réaliste ? Et de manière plus générale, le libre-échange aide-t-il automatiquement la démocratie et la paix ?
Je n'ai pas lu les détails de cette proposition mais, pour moi, tout effort qui aide à l'application des accords multilatéraux est a priori une bonne initiative. Nous essayons d'engager de plus en plus souvent les pays arabes dans notre organisation. Ils ne sont que onze pays membres ; il faut que d'autres soient mobilisés.
Le "cycle de Doha", engagé lors de la conférence ministérielle de 2001, est-il affecté par les tensions entre certains pays européens et les Etats-Unis ? Et plus généralement par les différends commerciaux entre Bruxelles et Washington ?
Nous avons réussi à distinguer entre les désaccords et les débats et, en dépit du fait qu'il existe un grand nombre de désaccords, on n'assiste pas à une "contagion".
Dans ce cas, comment analysez-vous l'attitude agressive des Etats-Unis sur les OGM ?
Il y avait une certaine agitation sur cette question depuis quelque temps déjà. Je ne peux pas expliquer le "timing" de la décision de Washington. Je peux seulement dire que ce sujet est une source potentielle de conflit.
Êtes-vous inquiet des blocages sur les médicaments et l'agriculture et pensez-vous qu'il y aura un accord sur ces questions à Cancún, au Mexique, lors de la prochaine conférence ministérielle, en septembre ?
Oui, je suis très inquiet, mais pas totalement pessimiste. En ce qui concerne l'agriculture, attendons de voir ce qui sortira de la réunion sur la réforme de la Politique agricole commune -PAC-, en juin. Sur la santé publique, j'aurais souhaité que les choses aillent plus vite mais je distingue des signes qui laissent penser que les parties pourraient trouver une solution, à quelques jours de la réunion de Cancún. Ce ne sera pas facile, mais arriver à un accord semble faisable.
Il existe donc des propositions acceptables pour l'industrie pharmaceutique ?
On travaille sur des propositions acceptables pour des gouvernements qui doivent à leur tour travailler avec l'industrie.
Craignez-vous un échec à Cancún ?
Il faut considérer cette réunion comme une sorte de rendez-vous à mi-parcours, permettant de faire le point sur le travail accompli. S'il en sort une "feuille de route" pour la suite, ce sera satisfaisant.
Propos recueillis par Afsané Bassir Pour
Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Politique extérieure et relations internationales
Taille : Moyen, 444 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
ericjeanloicbreton |
| 2003-06-01 15:11:52
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Dimanche 1 juin 2003
LES PROPRIETAIRES
IMMOBILIER Les propositions pour les primo-accédants
Seuls 56 % des Français sont propriétaires
Carole PAPAZIAN
C'est dans un climat d'inquiétude générale sur les retraites que se conclut aujourd'hui le Congrès des notaires de Deauville. Le thème choisi cette année, la vente d'immeuble, a apparemment peu de choses à voir avec les préoccupations des centaines de milliers de personnes qui défilaient dans la rue dimanche. Et pourtant...
Plus du quart du budget des ménages est consacré au logement. Et une fois à la retraite, le poste pèse lourd. D'où la recommandation classique : avoir un toit à soi au moment de la retraite. « Devenir propriétaire de sa résidence principale est une source de sécurité face aux incertitudes des retraites futures », résume Me Delesalle, président de la première commission du Congrès des notaires. Etre propriétaire de sa résidence principale permet en effet de diminuer ses dépenses au moment où les revenus baissent (à condition bien sûr d'avoir remboursé son crédit).
Mais, même en regardant sous cet angle l'échéance des retraites, les Français ne paraissent pas très bien lotis ! « 56 % des Français sont actuellement propriétaires de leur résidence principale, ce qui est peu par rapport à l'Espagne où ce taux s'élève à 82 %. Ce chiffre nous place au onzième rang européen », souligne Thierry Delesalle. L'Allemagne quant à elle est encore beaucoup plus mal placée, mais pour des raisons historiques liées à la réunification.
Le retard de la France par rapport aux autres pays européens s'explique en partie par l'orientation des aides de l'État. 20 % seulement profitent aux propriétaires et 80 % aux locataires, alors que les pays voisins sont plus généreux envers ceux qui achètent un bien immobilier pour la première fois (les primo-accédants). Pour encourager les locataires à franchir le pas, les notaires proposent donc de rééquilibrer les aides entre locataires et propriétaires et de donner un coup de pouce au prêt à taux zéro. Seule aide concrète de l'État aux primo-accédants, ce prêt est en effet octroyé dans des conditions restrictives : dans l'ancien, il faut par exemple réaliser des travaux représentant au moins 35 % du coût total de l'acquisition. Et les plafonds de ressources sont assez bas. « Nous demandons d'élargir l'accès et le montant des prêts à taux zéro », ajoute Me Delesalle.
Autre incitation possible : rétablir la déductibilité des intérêts de l'emprunt pour l'acquisition de la première résidence principale... comme c'est le cas dans plusieurs autres pays européens. Enfin, les notaires proposent une réduction des frais pour les primo-accédants. Ils demandent que « les taxes liées à l'acquisition de la première résidence principale soient fortement réduites, voire supprimées ». Dans l'ancien, ce sont les droits d'enregistrement de 4,89 % qui sont visés. Dans le neuf, c'est la TVA sur la première livraison (19,6 %).
« Encourager l'accession à la propriété serait un facteur de soutien pour le marché immobilier pendant les dix prochaines années, » estime Me Thierry Delesalle.
Désireux d'encourager l'accession à la propriété, les notaires savent néanmoins qu'ils vont se heurter à la difficile équation budgétaire actuelle. Notamment pour leur dernière proposition, qui consiste à soumettre la résidence principale aux mêmes règles fiscales que l'assurance-vie...
Encadré(s) :
Diagnostics : à qui s'adresser ?
Pour améliorer la fiabilité des diagnostics techniques (amiante, plomb, termites, mesure...) qui accompagnent désormais toute vente immobilière, les notaires demandent à l'Etat de s'engager. Ils proposent notamment que ces diagnostics soient établis par des professionnels « ayant une attestation de compétence délivrée par l'administration » et que « soit tenue et mise à jour par les pouvoirs publics une liste des experts habilités et consultables par les particuliers ». Un peu sur le modèle des diagnostics techniques autos, pour lesquels il est possible de se procurer auprès des préfectures des listes de centres spécialisés.
Illustration(s) :
WAG
Le Monde
Supplément Argent, lundi 2 juin 2003, p. 1
TENDANCE
Tous propriétaires ?
Un nombre de propriétaires élevé ne signifie pas que tout le monde est bien logé ; bas, il ne trahit pas une situation de crise
"avec seulement
56 % de Français propriétaires de leur logement, la France est en retard et se place au 11e rang européen", déploraient les notaires, réunis en congrès, à Deauville (Calvados), du 25 au 28 mai. Ils ont formulé à l'adresse de Gilles de Robien, ministre chargé du logement, le voeu de voir accorder des prêts bonifiés et des avantages fiscaux à ceux qui achètent leur résidence principale pour la première fois.
L'Europe des Quinze compte, en moyenne, 60 % de propriétaires et la France se situe, en effet, loin derrière l'Espagne (82 %), l'Irlande (80 %), la Grèce (75 %), la Belgique (74 %), le Luxembourg et l'Italie (70 %) ou le Royaume-Uni (67 %). Mais, en regardant de plus près la situation du logement dans ces pays, ce taux ne semble peut-être pas un indicateur très pertinent de progrès social. La France se retrouve dans une position médiane, aux côtés de pays qui ne sont pas réputés antisociaux, comme l'Autriche (56 %), le Danemark (59 %) ou les Pays-Bas (53 %). Et que dire de l'Allemagne, avec ses 39 % de propriétaires, dont 31 % à l'Est et 43 % à l'Ouest ?
Les pays du Sud ont de bonnes raisons de connaître un fort taux de propriétaires, culturelles, avec un attachement viscéral à la propriété, mais surtout économiques, avec la quasi-absence d'un parc locatif privé attractif. En Espagne, à peine 10 % des logements sont loués, ce qui oblige les jeunes à habiter de longues années chez leurs parents, le temps de se constituer le pécule et la situation nécessaires pour acheter, très cher, leur premier logement. Le parc social y est, en outre, très réduit, comme en Italie, et il est inexistant en Grèce. On est donc, dans ces pays, propriétaire parce qu'il n'y a pas le choix. L'Irlande peut compter sur un secteur social et privé locatif un peu plus étoffé - 20 % des logements -, mais guère plus propice à offrir une solution aux jeunes.
Le taux de propriétaires est donc un indicateur à relativiser : élevé, il ne signifie pas que tout le monde est bien logé ; bas, il ne trahit pas une situation de crise.
Devenir propriétaire reste, bien sûr, un désir légitime, qui correspond à un besoin de sécurité. Mais les grandes métropoles doivent aussi, pour jouer leur rôle d'accueil et de lieu de brassage, être dotées d'un parc locatif de qualité offrant un statut pérenne aux locataires. Une politique du logement consiste d'abord à aider chaque foyer à se loger selon ses besoins et ses choix. Pourquoi faudrait-il donc qu'un propriétaire, à revenu égal, paie moins d'impôts qu'un locataire ?
Isabelle Rey-Lefebvre
ericjeanloicbreton |
| 2003-06-01 15:10:27
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Dimanche 1 juin 2003
AOL ET MICROSOFT
ECONOMIE, samedi 31 mai 2003
Médias et Publicité
ACCORD Les leaders des médias et de l'informatique créent un partenariat d'envergure
Time Warner et Microsoft s'allient dans la musique et le cinéma
Emmanuel Torregano
Avec AOL-Time Warner, Microsoft a trouvé un allié de poids pour s'imposer dans l'univers des médias numériques. Le géant de l'informatique et le numéro un mondial des médias viennent en effet de trouver un terrain d'entente pour le règlement d'un conflit datant de plus de deux ans. Avec à la clef pour la société basée à Redmond la possibilité d'utiliser la suite de logiciel Windows pour diffuser tous les contenus du groupe AOL-Time Warner, que ce soit en musique, cinéma ou édition. L'alliance entre ces deux groupes super-puissants dans le numérique est une bien mauvaise nouvelle pour la concurrence, et le début d'une ère nouvelle pour les médias. L'accord signé jeudi dernier est le premier signe d'une entente à grande échelle. Microsoft s'engage dans un premier temps à verser 750 millions de dollars à AOL-Time Warner. Une somme qui représente un gage de bonne volonté de l'«ogre de Redmond» après des années de tension. Microsoft et AOL-Time Warner se sont affrontés depuis l'avénement de l'Internet pour la suprématie des messageries instantanées, des navigateurs Web, et dernièrement sur les codecs audio et vidéo. Du passé faisons donc table rase, c'est la signification essentielle de cet accord. De son côté, AOL-Time Warner s'engage à utiliser les technologies Microsoft pour diffuser à ses abonnés les contenus de ses catalogues médias. Dans les faits, ce partenariat revient à offrir à Microsoft pour 750 millions de dollars une porte d'entrée au plus important fichier clients du monde. Le service AOL compte aujourd'hui plus de 40 millions d'abonnés dans le monde. Il est de loin le numéro un mondial du secteur. Ces internautes devraient maintenant profiter de tous les outils Microsoft pour leur consommation de musique, de vidéo, et de texte, mais aussi pour communiquer entre eux. Microsoft occupe en effet l'ensemble du spectre des applications Internet. Mieux, Microsoft et AOL-Time Warner ont affirmé par cet accord qu'ils allaient travailler de concert pour améliorer la fiabilité et les performances des logiciels utilisés par la plate-forme AOL. Cette politique d'extension du géant de l'informatique a commencé il y a plusieurs années. Bill Gates avait compris très tôt qu'il devait faire évoluer ses activités vers les médias numériques et le contrôle total des contenus. Des sommes d'argent colossales ont été investies pour développer des solutions de compression audio et vidéo, permettant de diffuser sur Internet des émissions de télévision ou même des films. Dénommé Windows Media 9, ce type d'applications arrive à point nommé alors que les réseaux à haut débit font une percée sans précédent dans les foyers. Rappelons qu'aux Etats-Unis, il y a plus d'abonnés à l'Internet large bande qu'à la télévision par satellite. Il paraît ainsi probable que, dans les prochains mois, AOL-Time Warner utilise Windos Media 9 pour proposer à ses abonnés haut débit de la vidéo à la demande. Le groupe possède avec Warner Studio l'un des catalogues de films les plus impressionnants qui soient. Pour ne citer que les derniers succès, Warner Studio a produit Matrix Reloaded, la trilogie du Seigneur des anneaux mais aussi la série des Harry Potter. Des oeuvres cinématographiques qui feraient sans aucun doute de très bons produits de lancement pour un service de vidéo à la demande. Avec le cinéma, Microsoft entend aussi se faire une place de choix dans la distribution de musique en ligne. Les ingénieurs de Microsoft ont développé également un système de protection des droits d'auteur complet qui permet de vendre de la musique sur Internet. Ces algorithmes de compression et de cryptage forment le coeur de la politique de gestion des droits numériques de Microsoft. Ils représentent la garantie nécessaire à la sérénité des majors en ces temps difficiles pour toute l'industrie musicale. AOL-Time Warner est aujourd'hui directement impliqué dans la plate-forme MusicNet, dont les résultats de vente sont pour l'instant bien modestes. L'arrivée de Microsoft dans le giron de MusicNet pourrait redonner du dynamisme à celle-ci alors qu'Apple fait la démontration depuis un mois qu'il existe un marché de la musique en ligne. Microsoft n'a jamais caché son intention de se lancer aussi dans la vente de musique. D'autant qu'à l'instar d'Apple, Microsoft conçoit des systèmes d'exploitation pour ordinateurs, ce qui lui donne un meilleur contrôle sur la sécurité. Autre avantage pour Microsoft, ce rapprochement avec Warner Music évince Real Networks, l'un des concurrents les plus sérieux dans la diffusion de vidéo et de musique sur Internet. Depuis 20 ans, Microsoft a montré une capacité étonnante à renverser les situations qui n'étaient pas à son avantage. Cet accord sur les contenus et les technologies du Web avec AOL-TIme Warner en est une nouvelle illustration.
Emmanuel Torregano
Le Figaro, n° 18291
Le Figaro Économie, vendredi 30 mai 2003, p. 1
UNE; EN DIRECT
Microsoft va verser 750 millions de dollars à AOL
Le numéro un mondial des logiciels Microsoft va payer 750 millions de dollars au géant des médias AOL Time Warner dans le cadre du règlement à l'amiable d'une plainte déposée en janvier 2002 par America Online (AOL) à propos de son navigateur Netscape Communications. AOL, qui avait racheté en 1999 le logiciel de navigation Netscape, accusait Microsoft de pratiques anticoncurrentielles, lui reprochant d'avoir profité de son quasi-monopole avec Windows système d'exploitation équipant neuf ordinateurs sur dix dans le monde pour imposer son navigateur Explorer au détriment de Netscape.
Désormais, les deux groupes « vont coopérer pour assurer le meilleur usage possible des systèmes d'exploitation actuels et futurs de Microsoft pour les abonnés d'AOL », selon leur communiqué, soulignant que Microsoft s'est engagé « à une coopération technique et à la publication d'informations » sur sa technologie.
Catégorie : La Une; Actualités
Type(s) d'article : BREVE
Taille : Court, 111 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030530LF20030530_2FIG0145vvv
ericjeanloicbreton |
| 2003-06-01 15:07:55
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