+ accueil
+ Derniers messages
+
Faites connaître ce blogue
+ archives
+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
+ lectures
Sommaire
+ catégories
ALAIN LAMBERT APA BANANE BRUXELLES BUDGET COMMERCE DOSSIER APA ET EUTHANASIE ECONOMIE FILLON FISCALITE GIRARDIN LE RACKET PERMANENT PAR ERIC JL BRETON LES FONCTIONNAIRES N\'ONT PAS ETE SAGES LES RETRAITES PAR ERIC JL BRETON OUTRE-MER POUVOIR ET VOULOIR SE LOGER PUBLICITE RETRAITES RMI-RMA SEDECOLASSE SERVICES PUBLICS TRAVAIL TRAVAILLONS EN FRANCE UN MONDE INACCEPTABLE VIDEOS VIVRE MIEUX ET PLUS LONGTEMPS
|
|
Publié le mardi 27 mai 2003
Mardi 27 mai 2003
IMPOTS
ATTRACTIVITÉ Clara Gaymard, présidente de l'AFII, critique la subjectivité de «Forbes», auteur du palmarès Impôts : la France épinglée pour sa pression fiscale
 Rémi Godeau [27 mai 2003]
 Clara Gaymard est en colère. La présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) n'a pas du tout apprécié le classement international de Forbes. Dans son dernier «Index de la misère fiscale», le magazine américain fait de la France la championne toutes catégories de la pression fiscale. Avec un «score» de 179,4, elle devance d'une coudée la Belgique (153,1), la Suède (149,8), l'Italie et la Chine (145). En commentaire, l'auteur du palmarès concède quelques progrès – «Pour la première fois depuis 1919, le taux marginal de l'impôt sur le revenu est inférieur à 50%» –, mais ajoute, non sans ironie : «Nous espérons qu'il s'agit du début d'un long processus.»
Une fois de plus, la France est épinglée comme royaume des impôts, des charges et autres taxes. Pour décerner sa palme de la misère fiscale, Forbes a mis bout à bout tous les taux marginaux. Le résultat est spectaculaire, la méthodologie contestable. Ainsi, pour l'impôt sur le revenu, l'auteur de l'étude retient 49,6%, sans se préoccuper ni des abattements forfaitaires qui font passer le taux réel à 35,7% ni des dispositifs du type quotient familial. Même approximation pour l'impôt sur les sociétés : le niveau retenu – 35,4% – correspond à un cas théorique extrême tel qu'aucune entreprise ne peut y être soumise. «Ce classement n'a aucune valeur scientifique, l'analyse qui l'accompagne est de mauvaise foi et clairement mal inten tionnée», déclare au Figaro Economie Clara Gaymard.
La France est-elle vraiment un enfer pour une famille de cadres étrangers avec deux enfants ? Pas vraiment. Jusqu'à 800 000 euros de revenus annuels, l'Hexagone reste avantageux, assurent les fiscalistes de Bercy. «Et puis Forbes ne tient pas compte du fait que la scolarité d'un enfant de 12 ans coûte 10 000 dollars à New York alors qu'elle est gratuite à Paris», argumente Clara Gaymard. Les entreprises sont-elles maltraitées ? La présidente de l'AFII rétorque que, contrairement à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, «en France, les trains arrivent à l'heure, la distribution d'électricité est fiable et les infrastructures réputées».
Dernière défense, et non des moindres : la réalité contredit l'étude de Forbes. Malgré des handicaps en termes d'attractivité, la France attire encore les investissements étrangers. En 2002, ils se sont chiffrés à 49,8 milliards d'euros, certes en recul de 10% sur un an, mais le repli atteignait 25% au niveau mondial. Malgré le choc du 11 septembre et la crise de confiance des marchés depuis l'affaire Enron, les Etats-Unis ont continué à investir chez nous. Ce sont même les premiers contributeurs, devant l'Allemagne et l'Italie...
En termes d'image, le mal est pourtant fait. Sans ambiguïté, Forbes suggère d'ailleurs aux investisseurs rêvant des 400 millions de consommateurs du marché européen de l'attaquer via les dix nouveaux Etats membres de l'Union. Leur taux moyen de «misère fiscale» est en effet de 115, «significativement plus bas qu'en France, et juste inférieur à l'Allemagne (117)». Le message est clair : «Le récent conflit politique en Irak entre la coalition et la vieille Europe a montré aux entrepreneurs tout l'avantage qu'ils avaient à se localiser dans la nouvelle Europe.» Et, comme il semble malgré tout difficile d'inciter les Américains à installer leurs quartiers généraux à Tallin (index 112) ou à Vilnius (97), Forbes leur conseille de s'implanter à Chypre (74,3) ou à Malte (105). Cohérent à défaut d'être crédible.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:35:43
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
G8
SOMMET DU G 8 Innovation, forces militaires, suprématie financière, démographie : ces critères qui définissent la puissance économique. Premier volet de notre série
 La suprématie américaine s'avère notamment déterminante en matière intellectuelle, monétaire et financière. (DR) | Comment les Etats-Unis règnent sur l'économie mondiale Dis-moi ton PIB, je te dirai qui tu es. Les Etats ont toujours aimé s'évaluer les uns les autres pour mesurer leur puissance économique et en déduire leur influence dans le monde. Mais justement, qu'est-ce donc que la puissance économique en 2003 ? A la veille du sommet d'Evian qui réunira ce week-end les pays les plus riches du monde, Le Figaro économie publie durant quatre jours une série d'articles consacrés à cette délicate question.
 Jean-Pierre Robin [27 mai 2003]
 Une minorité agissante. C'était la définition du parti bolchevique de Lénine, mais elle s'applique parfaitement au rôle que jouent aujourd'hui les États-Unis dans le monde. Trois chiffres résument les attributs de leur puissance, souvent cités au moment de la guerre en Irak : les Américains regroupent 5% de la population de la planète, ils produisent 33% de la richesse créée chaque année dans le monde et le budget de leurs forces armées représente à lui seul la moitié des dépenses militaires du globe.
Le terme d'«hyper puissance» ne paraît donc pas usurpé, et, contrairement aux marques des «hyper marchés» qui occupent les banlieues de nos villes, le logo USA semble exercer un monopole. Aucune autre nation ne peut prétendre combattre dans la même catégorie. La zone euro, dont la population est équivalente, ne représente que les deux tiers de la force économique américaine (soit 21% du PIB mondial), et le Japon, à peine un gros tiers (12% du PIB mondial).
La puissance se mesure en termes de production, mais plus encore en pouvoir d'influence et de domination. La suprématie américaine s'avère encore plus déterminante en matière intellectuelle, monétaire et financière. Chaque année, les États-Unis perçoivent 38 milliards de dollars de «royalties» sur les brevets, quatre fois plus que le Japon, leur challenger immédiat. Quinze fois plus que la France ! Voilà la récompense sonnante et trébuchante d'efforts de recherche qui sont eux aussi sans équivalent, en chiffres absolus et de façon relative : 2,76% du PIB américain sont affectés à la recherche développement, contre 2,15% en France.
L'Amérique se trouve être aussi la plus grosse consommatrice de savoir. Chaque année, elle verse 16 milliards de dollars de royalties pour l'utilisation de brevets déposés par d'autres pays. Sans compter le «brain drain» des chercheurs venus du monde entier dont les universités américaines et les centres privés d'entreprise se sont fait une spécialité.
Le savoir va au savoir, comme l'argent attire l'argent. Malgré le défi lancé depuis cinq ans par l'Europe avec l'euro, le dollar reste plus que jamais le centre du système monétaire international. Il demeure la monnaie de facturation et de paiement pour tous les produits stratégiques – pétrole, aéronautique, nouvelles technologies. Il joue le rôle d'instrument monétaire de réserve que les autres banques centrales gardent dans leurs coffres (75% de ces réserves mondiales sont des billets verts).
La baisse apparente du billet vert de ces derniers mois, qui préoccupe bien plus les Européens que les Américains, ne modifie nullement cette prééminence : en étant au centre du système monétaire mondial comme le soleil dans le système solaire, ce sont les autres devises qui bougent et avec elles leurs économies sommées de s'adapter, et non l'inverse.
Le pouvoir d'influence des États-Unis est peut-être encore plus massif en matière financière. Que les entreprises cotées à Wall Street agrègent une capitalisation boursière deux fois plus importante que l'ensemble des places européennes paraît dans l'ordre des choses. Londres jouait le même rôle de centrale financière jusqu'à la première guerre mondiale, au temps de l'empire britannique. Plus curieux en revanche, et sans précédent dans l'histoire des empires, les États-Unis fonctionnent comme une pompe aspirante de l'épargne mondiale, au lieu d'être un centre de redistribution. C'est l'une des anomalies les plus étranges, la plus dangereuse en tout cas, de la mondialisation normalement censée fonctionner au bénéfice de tous. Peut-on imaginer que la libre circulation des capitaux finance aujourd'hui l'économie déjà la plus développée contribuant ainsi à accroître sans cesse son avantage ?
Non bien sûr. Le «paradigme» américain – pour reprendre un terme anglo-saxon quand le français préférera parler de «modèle» – se prétend au contraire universel. Hormis la question de la taille qui les place hors concours, les États-Unis constituent de facto l'étalon de la réussite économique que les autres devront copier bon gré mal gré.
C'est le présupposé de tous les classements sur «la compétitivité», celui du Forum de Davos ou de l'IMD, l'institut de management sur la «compétitivité mondiale» qui placent tous les deux les États-Unis en tête. Selon la définition des deux organismes suisses, est compétitif un pays ou un territoire qui saura le mieux attirer les investissements internationaux et pourra ainsi créer de la richesse.
Cette conception fait grincer les dents en France, en queue de peloton des pays développés, chaque fois que les deux instituts helvétiques publient leurs classements annuels. Elle constitue en effet une véritable révolution copernicienne, qui prend acte du phénomène de la mondialisation. Jusque dans les années 80, la compétitivité reflétait en effet «la capacité d'une nation, dans le marché libre et équitable, à fabriquer des biens et des services répondant aux exigences des marchés internationaux, tout en maintenant ou en augmentant le revenu réel de ses concitoyens», selon le rapport remis en 1985 au président Ronald Reagan par une commission d'experts ad hoc, à une époque où l'Amérique se croyait menacée par les conquêtes commerciales japonaises.
A l'époque, compétitivité et puissance commerciale internationale étaient considérées comme équivalentes, et les positionnements assez simples. Classée quatrième pays à la fois pour le niveau de ses exportations et de sa production de richesses (le produit intérieur brut), la France pouvait se déclarer comme la «quatrième puissance économique au monde», véritable leitmotiv de tous nos dirigeants politiques, de droite ou de gauche.
La libéralisation du commerce et surtout la libre circulation des capitaux internationaux des années 90 ont complètement bouleversé cette conception traditionnelle. D'un monde clos, où les nations vivaient comme autant de forteresses indépendantes – le fameux «Japan Incorporated» – on est passé à une société ouverte, les marchandises, les investissements et les hommes transhument comme bon leur semble. La puissance économique dépend moins des acquis en capital ou en savoir accumulés au fil des décennies que des capacités d'adaptation de chaque système national. Une compétition où c'est le plus fort de la classe qui fixe les règles. Les États-Unis hors concours par leur dimension et surtout maîtres des horloges.
Demain : Comment les gouvernements contribuent à la puissance économique
La puissance militaire au service du développement économique
 Georges Quioc [27 mai 2003]
 «Si les dépenses militaires sont nécessaires, elles sont paupérisantes.» Les dirigeants soviétiques auraient gagné à méditer cette maxime d'Adam Smith, le théoricien de l'économie de marché. Nul doute qu'ils auraient ralenti la «course aux armements» qui a tant contribué à l'effondrement de l'empire.
A l'inverse, la parcimonie est vertueuse. Les «miracles économiques» ont souvent récompensé les pays qui ont renoncé à toute hégémonie militaire. L'Allemagne et le Japon, qui ont été après guerre de redoutables champions de la croissance, en témoignent. Mais l'exemple de Hongkong rappelle aussi que le modèle a des limites. L'éclatante réussite de l'ancienne colonie britannique s'est payée au prix d'une absence de démocratie et surtout de l'abandon de toute indépendance.
L'histoire montre également que les dépenses militaires sont souvent nécessaires au développement économique. «Venise, petite puissance militaire mais grande république maritime, a réussi longtemps à dominer le commerce en Méditerranée en confiant la sécurité de sa flotte à des alliés plus puissants», rappelle ainsi Jean-Louis Guerin, économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cépi). Mais «le jour où les grandes routes commerciales se sont déplacées de la Méditerranée vers l'Atlantique, Venise n'a pas pu accompagner militairement cette mutation et a amorcé son déclin». Un scénario analogue se répétera plus tard avec le Portugal.
«Si une puissance purement militaire peut s'effondrer, les républiques purement commerciales n'ont qu'un temps», résume ainsi Jean-Louis Guerin. D'où le compromis trouvé par la Grande-Bretagne qui a su combiner puissance économique et militaire. La Royal Navy a dominé les mers et monopolisé le trafic maritime international de la fin du dix-septième siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, c'est «l'économie américaine (qui) utilise sa puissance militaire pour améliorer sa puissance économique et vice versa», estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb (1). Mais certains économistes (2) soulignent les fragilités d'une telle concentration de puissance. En raison de coût notamment : avec un budget militaire de près de 400 milliards de dollars, l'Amérique dépense trois fois plus pour sa défense que l'Union européenne et davantage que le reste du monde réuni. Le montant de ce budget approche le chiffre du déficit commercial qui a atteint un record l'année dernière.
Mais ce fardeau irrigue aussi la croissance. «L'économie américaine bénéficie d'une avance technologique et conceptuelle considérable dans les industries du futur», estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. Depuis cinq ans les budgets d'équipement militaire consacrés au secteur spatial sont dans un rapport «de 1 à 25 entre l'Europe et aux États-Unis» alertait récemment Claudie Haigneré, ministre de la Recherche et des Nouvelles Technologies. «Le rapport dans le secteur des télécommunications est, pour sa part, de 1 à 8.» Ce qui «rend de plus en plus difficile une compétition commerciale équitable» entre l'Europe et les États-Unis, ajoutait le ministre. Ce qui nuance la thèse d'un déclin américain, «toujours annoncé et pas encore amorcé», selon la formule de Jacques Fontanel et Fanny Coulomb.
(1) Civilisation, globalisation, guerre. Discours d'économistes sous la direction de Jacques Fontanel. Presses universitaires de Grenoble. (2) Après l'empire, essai sur la décomposition du système américain; Emmanuel Todd, Gallimard.
Le papy-boom bride la force des pays riches
 Lamia Oualalou [27 mai 2003]
 C'est l'épée de Damoclès qui menace les pays riches. Après avoir connu, jusqu'aux années 1960, une véritable explosion démographique, les grands pays du Nord n'ont cessé, depuis, de vieillir. Parce qu'on y fait moins d'enfants qu'ailleurs, mais surtout parce qu'on y vit mieux, et plus longtemps que dans le passé. Dès 2005, les baby-boomers nés entre 1945 et 1975 commenceront à arriver à l'âge de la retraite. Et ils devraient en profiter nettement plus longtemps que leurs parents : les progrès de la médecine nous octroient, chaque année, un trimestre d'espérance de vie supplémentaire.
Les huit pays les plus industrialisés du monde ne sont pourtant pas tous logés à la même enseigne. L'Europe mérite plus que jamais d'être taxée de «vieux continent» : en 2000, les personnes âgées de plus de 60 ans représentaient déjà 22% de la population. Cette proportion grimpera à 30% environ en 2025 et à 36% à l'horizon 2040 ! Selon les calculs de l'équipe de recherche de CDC Ixis, le Japon est à peine mieux loti : les seniors verront leur part glisser de 23,6% en 2000 à 34,6% en 2040. Seuls les États-Unis tirent leur épingle du jeu, en combinant dynamisme démographique et accueil d'un nombre croissant d'immigrés. Ils sont les seuls à ne compter aujourd'hui que 16,5% de personnes âgées de plus de 60 ans dans la population, et le pourcentage ne devrait pas dépasser 26% d'ici à 2040.
Ce «coup de vieux» des pays du Nord a d'abord pour conséquence la dégradation programmée des régimes publics de retraite. L'Europe, où la tradition d'Etat-providence a favorisé l'émergence de système par répartition, est une fois encore plus touchée : les actifs cotisent pour financer les pensions de ceux qui sont aujourd'hui à la retraite. Or, le rapport entre le nombre de personnes en âge de travailler et les retraités ne va cesser de se dégrader, impliquant nécessairement une hausse des dépenses publiques de retraites. En France, par exemple, ces dernières représentaient 12,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2000, et cette part devrait passer à 15% en 2000. Dans un rapport publié il y a deux ans, le Conseil d'orientation des retraites estimait que sans réforme, maintenir en l'état à l'horizon 2050 notre système de répartition imposerait, soit de majorer de 50% le taux de cotisations, soit de repousser de dix ans l'âge de départ à la retraite ! Les dépenses maladies induisent le même raisonnement.
Or, beaucoup de pays du G8, en particulier les européens, peinent déjà à contenir leur déficit, et donc à terme, leur dette publique. L'alourdissement de cette dernière pourrait rapidement se traduire en moins d'investissements en infrastructure, éducation et en recherche, qui déterminent la compétitivité et la puissance d'un pays. D'autant que la diminution de la population active, déjà réelle au Japon, dès la fin de la décennie en Europe, produira immanquablement des pénuries de main-d'oeuvre, soit dans les métiers réputés contraignants – le Royaume-Uni est obligé de faire venir des infirmières de l'étranger pour faire tourner ses hôpitaux – soit au contraire des cerveaux, pour des secteurs tel l'informatique.
La relance de l'immigration, qui n'est de toute façon pas une panacée, est politiquement difficile. En outre, les pays européens ont de plus en plus de mal à attirer des cerveaux qui préfèrent se tourner vers les nouveaux pôles de croissance. Car le XXe siècle a vu le paysage démographique mondial complètement bouleversé. Le poids de l'Europe de l'Atlantique à l'Oural a nettement décliné, passant de 13,6 à 8,1% entre 1960 et 2000, selon une récente étude de l'Institut français des relations internationales (Ifri). Sans stratégie d'alliance au sein d'importants ensembles régionaux, une bonne partie des pays du G8 pourrait voir leur position progressivement s'éroder face à des États-Unis plus solides et à un bloc chinois en pleine expansion.
L'essor foudroyant de la «Grande Chine»
 Pékin : François Hauter [27 mai 2003]
 «La Chine évoque des images contradictoires, écrit Jonathan Woetzel (1), l'un des directeurs de McKinsey en Chine. Pour certains, elle signifie un marché d'un milliard de consommateurs et une démocratie naissante au niveau local, dont les dirigeants ne survivent que s'ils continuent à assurer la croissance. Pour d'autres, c'est un puits sans fond d'investissements, une dictature communiste prête à exploser et à précipiter une nouvelle crise économique asiatique. De fait, la Chine c'est tout cela à la fois.»
Malgré ses contradictions, la Chine est devenue en dix ans un moteur capital de la croissance mondiale, absorbant l'an dernier plus d'investissements étrangers (100 milliards de dollars) que les Etats-Unis, et en dévorant, grâce à un réservoir d'épargne privée gigantesque (plus de 1 000 milliards de dollars), près de 300 milliards par an. Le pourcentage de l'investissement dans le PIB est passé de 40 à 45% ces cinq dernières années, et selon The Economist Intelligence Unit, il devrait dépasser 50% d'ici 2008 (contre 20% aux Etats-Unis). Les 18 milliards de dépenses publiques chaque année ont fait boule de neige, et ont permis au pays de se doter de 530 000 km d'autoroutes, de 80 aéroports internationaux et de désenclaver des régions immenses. En cinq ans, le nombre d'usagers du téléphone est passé de 83 à 425 millions.
La capacité de production d'électricité a doublé dans le même délai. Dans tous les secteurs cruciaux (production d'acier, de ciment, de machine outils), les progrès ont été stupéfiants. Entre 1990 et 2001, la productivité a augmenté chaque année de 9,8% en Chine, contre 7% en Corée du Sud, 4% aux Etats-Unis et 3,4% au Japon. Aujourd'hui, en termes de PIB, la Chine ressemble à une puissance moyenne, comparable à l'Italie. Ce qui la distingue des autres pays, c'est sa croissance. D'ici 2010, elle aura rattrapé l'Allemagne. Et d'ici 2020, le Japon.
Mais si l'on considère la «Grande Chine», c'est-à-dire les économies de Hongkong, Taïwan et de la Chine, qui s'intègrent à une vitesse exponentielle, son pourcentage des exportations mondiales est passé de 6,9% à 9,6%, c'est-à-dire davantage que le Japon. D'ici 2007, le commerce extérieur de cette «Grande Chine» excédera les 2 000 milliards de dollars en imports et exports (13,7% du commerce mondial), sans compter les échanges entre Hongkong, Taïwan et la Chine, estime Goldman Sachs. D'ici 2007, la «Grande Chine» comptera pour les deux tiers des échanges de l'Amérique avec le reste du monde, et aura acquis deux fois le poids de ceux du Japon !
Les gains de productivité dans toutes les industries, et un coût de main-d'oeuvre imbattable (un ouvrier chinois coûte 1/20 du salaire et des charges d'un Français) font qu'aujourd'hui 48% des exportations chinoises sont le fait d'entreprises étrangères, et ce taux augmente de 20% par an.
La prochaine révolution, pour la Chine capitaliste, sera d'attirer tous les emplois des «cols blancs» occidentaux pas très spécialisés, dans les services financiers en particulier. Déjà, la Hong Kong and Shanghai Bank et General Electric Capital ont monté des centres de traitement de cartes bancaires ou de gestion de prêts en Chine. Avec cette «mondialisation» du secteur tertiaire, la razzia des emplois par la Chine risque d'être encore plus meurtrière dans la décennie à venir.
(1) Capitalist China, Strategies for A Revolutionized Economy, chez Wiley & Sons, Singapour, 2003.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:35:04
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
RETRAITES
| 708 milliards à trouver pour les retraites des fonctionnaires |
|
|
|
AU MOINS 708 milliards d'euros - soit la bagatelle de 4 644 milliards de francs -, voilà, au bas mot, ce que pèsent en termes financiers les droits acquis en matière de retraite par les fonctionnaires au 31 décembre 2002. Impressionnant, en particulier pour les contribuables, ce chiffrage prend en compte l'ensemble des pensions à verser à chacun des 2,5 millions agents de l'Etat (ceux des collectivités locales, du secteur hospitalier et des entreprises publiques ne sont pas concernés). Et ce jusqu'à la fin du siècle, car les derniers embauchés vivront (en théorie) à peu près jusqu'à cette période. Plus de 700 milliards d'euros... ce calcul, selon les documents confidentiels que notre journal s'est procurés, a été effectué avec un taux d'actualisation (hors inflation) de 3 %. Avec un taux à 2 %, la facture grimpe alors jusqu'à 825 milliards d'euros (voir notre tableau) . Autrement dit, comme le reconnaît un expert, « il y a bien, à terme, un problème majeur de financement des retraites dans le secteur public. En cas d'échec de la réforme, notre pays irait budgétairement dans le mur ». Un message susceptible d'intéresser au plus haut point les générations futures qui, d'une manière ou d'une autre, auront à régler la note. Bizarrement, le ministère de l'Economie, qui dispose des résultats de cette étude depuis plusieurs semaines, n'a pas jugé bon de la publier au moment où le débat sur les retraites battait son plein. « Nous ne souhaitions pas ajouter de l'huile sur le feu, les chiffres sont incontournables mais nous ne voulions pas qu'ils soient politiquement exploités », rapporte un haut fonctionnaire. Autrement dit, si les nouvelles règles de transparence budgétaires n'avaient pas rendu obligatoire la publication du « compte général de l'administration des Finances », dans lequel figurent les fameux 700 milliards d'euros, il y a fort à parier que les Français auraient dû attendre encore longtemps avant de prendre connaissance de cette très instructive simulation.
|
Le Parisien , mardi 27 mai 2003
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:28:18
Permalien
RETRAITES
|
Mardi 27 mai 2003
NEGOCIATIONS COMMERCIALES
|
 Le Monde Entreprises, mercredi 28 mai 2003, p. 21
Le gouvernement assouplit les négociations commerciales
La circulaire Dutreil veut réduire les "marges arrières" des distributeurs pour faire baisser les prix
Après six mois d'intenses débats, la circulaire sur les négociations entre distributeurs et fournisseurs a été, enfin, publiée, lundi 26 mai, au Journal Officiel. Ce texte vise à corriger certains effets pervers de la loi Galland.
Dans la ligne de mire de Renaud Dutreil, le secrétaire d'Etat au commerce, se trouvent les "marges arrières", ces prestations de "coopération commerciale", facturées par les distributeurs aux industriels pour la mise en valeur d'un produit dans un rayon ou dans un catalogue. Les marges arrières atteignent aujourd'hui de 30 % à 50 % du prix des produits. Pour compenser, les industriels ont dû augmenter leurs tarifs, provoquant des effets inflationnistes.
La circulaire Dutreil vise à mettre fin à ce cercle vicieux. Pour cela le gouvernement veut mettre un peu d'huile dans les rouages de la négociation commerciale en permettant un "transfert progressif et maîtrisé" d'une partie de la marge arrière vers l'avant, c'est-à-dire vers le consommateur, sous la forme de remises. L'élément de souplesse consiste à permettre des négociations de tarifs différenciés selon les fournisseurs, sous réserve qu'elles profitent aux consommateurs. Le texte précise cependant que "le vendeur -le fournisseur- n'est pas tenu de satisfaire à des sollicitations de l'acheteur -le distributeur- exorbitantes de ses conditions générales de vente". Par ailleurs, le gouvernement veut "dissuader les opérateurs de reconstituer de la marge arrière après avoir effectué une baisse de tarif". Le but du gouvernement est de parvenir à une baisse de un à deux points par an des marges arrières, dans l'espoir d'une baisse proportionnelle des prix.
"SYSTÈME TRÈS ENCADRÉ"La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a vivement critiqué la version finale de la circulaire Dutreil, qui instaure un "système très encadré, très administré", se plaint Jérôme Bédier, le président de la FCD. Il estime que le texte va dans la "mauvaise direction", en "vidant de sa substance la recommandation", conclue avec l'Association nationale des industriels agroalimentaires à l'été 2002 pour réguler les pratiques entre industriels et commerçants.
En outre, la FCD estime que ce texte " renforce à nouveau la position des industriels multinationaux", qui auront seuls, selon elle, l'initiative de pratiquer des tarifs différenciés. Autre sujet d'ire pour les distributeurs, le système des bons de fidélité (type ticket Leclerc), qui de facto vise à contourner la loi Galland, va "faire l'objet d'un examen approfondi par la Direction générale de la concurrence -DGCCRF- dès lors que son intérêt économique, dans un contexte où de la souplesse a été donnée au dispositif, paraît moins évident". Une remise en cause qui intervient au lendemain d'une grande campagne nationale de Carrefour pour lancer son propre système de ticket.
Stéphane Lauer
Catégorie : Économie Taille : Moyen, 341 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030528LM0Q2805_626969
| |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:23:04
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
HYDROCARBURES
|
 Le Monde International, mercredi 28 mai 2003, p. 2
Les Etats-Unis ont acquis les pleins pouvoirs sur l'exploitation des hydrocarbures
Londres de notre correspondant
Grâce à la levée des sanctions de l'ONU et à l'immunité judiciaire touchant la gestion des ressources pétrolières, les Etats-Unis ont désormais les pleins pouvoirs sur l'exploitation des hydrocarbures de l'Irak. La gestion quotidienne du ministère du pétrole a été confiée, à titre provisoire, à Thamir Ghadhbane.
Ce technocrate formé au Royaume-Uni, ex-responsable de la planification au ministère, est un opposant de l'intérieur. Il avait été limogé par Saddam Hussein pour avoir contesté l'utilisation de la manne pétrolière par le clan du raïs. Un autre expert irakien, Fadhel Othmane, vice-président du nouveau conseil de surveillance, chapeaute le ministère des hydrocarbures. Cet exilé dirigeait la SOMO, chargée des ventes du pétrole irakien, avant de s'installer en Turquie.
"Ghadhbane fait de facto fonction de ministre. Mais sa marge de manoeuvre est nulle. Toutes les nominations importantes, comme les licenciements de personnalités liées à Saddam Hussein, sont décidées par les Américains", indique Ruba Husairi, experte de la revue Energy Intelligence Group. Le vrai pouvoir est exercé dans l'ombre par trois conseillers américains : Gary Volger, ancien de chez Exxon Mobil ; Clark Turner, responsable des réserves pétrolières du Wyoming, un protégé du vice-président Dick Cheney qui a été le représentant de cet Etat au Congrès pendant douze ans ; enfin, Mohammed Al-Zaini, Irakien naturalisé américain, qui a travaillé, après sa défection en 1982, dans plusieurs petites compagnies pétrolières du Colorado et de Californie. Homme de confiance du Pentagone, il a travaillé dans le plus grand secret sur la reconstruction de l'industrie pétrolière irakienne.
UNE RELANCE COMPLEXECe trio dépend directement du président du conseil de surveillance, Philip Carroll, un ancien de la Shell qui présidait récemment encore le groupe américain d'ingénierie et de construction Fluor qui souhaite s'implanter en Irak.
La mainmise américaine sur les puits irakiens doit permettre à la Maison Blanche de poursuivre sa stratégie énergétique à long terme. Thamir Ghadhbane a annoncé, samedi 24 mai, que les ventes pourraient reprendre dans trois semaines. Selon lui, l'Irak devrait être en mesure de produire entre 1,3 et 1,5 million de barils par jour (b/j). De l'Irak de Saddam Hussein s'écoulait un flot de 3 millions de b/j, aujourd'hui ramené à moins de 700 000. Pour subvenir aux besoins des Etats-Unis, en constante augmentation, l'accroissement des capacités de production irakienne est prioritaire. En raison des problèmes de communication, des difficultés d'émission des lettres de crédit et de la désorganisation de la banque centrale, cette relance risque toutefois d'être plus complexe que prévu.
Ensuite, Philip Carroll a laissé entendre que l'Irak pourrait prendre ses distances vis-à-vis de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Premier signe de cette volonté d'autonomie par rapport aux quotas, le ministère irakien du pétrole a contacté des traders londoniens, pour vendre au plus offrant cet or noir.
Enfin, en attendant la mise en place d'un gouvernement représentatif, le patron du conseil de surveillance est habilité, en pratique, à octroyer des contrats à long terme. Les "majors" américaines, exclues d'Irak depuis 1991, entendent prendre leur part des deuxièmes réserves au monde après l'Arabie saoudite, au détriment des compagnies non anglo-saxonnes.
Parmi celles-ci, le groupe français Total dispose d'une longueur d'avance en raison de sa connaissance du terrain géologique du sud du pays. Mais, grâce aux documents "saisis" par les Américains au ministère du pétrole, le lobby texan devrait rapidement pouvoir rattraper son retard. Pour sa part, le britannique BP, également sur les rangs, dispose du savoir-faire inestimable du département pétrolier de l'Imperial College de Londres, dont la compagnie est le mécène.
Néanmoins, le chemin des richesses de la Mésopotamie est semé d'embûches. Les fonds de pension, actionnaires des compagnies internationales de pétrole, et les banques spécialisées dans le financement de l'exploration-production sont nerveux.
Les investissements nécessaires pour ramener la production à son niveau des années 1980 sont colossaux. Redoutant d'être évincées, les firmes russes sur place ont contacté des bureaux d'avocats londoniens, experts de la concurrence, pour passer à la loupe les dispositions concernant l'immunité judiciaire. L'heure est donc au réalisme quant aux prédictions sur l'avenir des engagements existants. "En raison du nationalisme des cadres irakiens, les contrats ne devraient pas être résiliés, mais ouverts à des partenaires issus de la coalition victorieuse", conclut un observateur.
Marc Roche
Catégorie : Politique nationale et internationale Taille : Moyen, 539 mots
© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.
Doc. : 20030528LM0Q2805_626022 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:19:08
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
EMPLOIS
|
 Le Figaro, n° 18287 Le Figaro Entreprises, lundi 26 mai 2003, p. 12,13,14,15,17,19,2123,24,25,26,27,28,30,31,32,33
GUIDE DE L'EMPLOI
Ces emplois qui ne trouvent pas preneurs
Caroline BEYER, Anne JOUAN, Agnès LECLAIR
Tout est affaire de paradoxe. Alors que le marché de l'emploi s'est rapidement détérioré et que les entreprises ont gelé leurs embauches, il est encore des métiers qui peinent à recruter des cadres. Pas facile, en effet, de trouver des consolideurs, des contrôleurs de gestion industrielle, des ingénieurs de production ou des commerciaux. La crise ne semble tout simplement pas avoir de prise sur leur avenir. Du coup, les entreprises s'arrachent les meilleurs. Pour profiter au mieux de ces poches de prospérité, suivez le guide.
LA NOUVELLE A DE QUOI ÉTONNER. Michelin recrute 1100 personnes cette année. Depuis 1999, le groupe clermontois a licencié mais la page de la restructuration est tournée. Cette année, Bibendum accuillera 600 cadres et 500 ouvriers. Les jeunes diplômés auront même la part belle : ils représenteront 66 % de ces embauches. Un cas isolé ? Pas si sûr. La France connaît une pénurie de cadres. C'est le constat de bien des entreprises, corroboré par l'Association pour l'emploi des cadres. La crise est là, mais pas pour tout le monde.
Les raisons invoquées sont d'ordre économique, géopolitique et démographique. « En 2006, la population active va cesser d'augmenter et vieillir, ce qui a déjà commencé, explique Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Entre 1975 et 2000, la structure d'âge de cette population avait fortement augmenté. En revanche, entre 2000 et 2025, il y aura 800 000 jeunes en moins âgés de 20 à 29 ans, 1,6 million en moins âgés de 30-49 ans et 4 millions en plus âgés de plus de 50 ans ! On observera donc un vieillissement en structure d'âge. » Résultat : les jeunes auront le choix et ils se dirigeront vers les métiers les plus rémunérateurs. Les entreprises s'arracheront les jeunes diplômés. Elles iront même les chercher à bac + 1 ou 2. Pour Michel Godet, cela se traduira par une désaffection pour l'enseignement supérieur long et à un raccourcissement des études.
«La guerre des talents va commencer»
« Les phénomènes démographiques vont s'associer aux problèmes de qualification. Certaines entreprises auront du mal à recruter en 2005, explique Bernard Ramanantsoa, directeur du groupe HEC. Dans les deux ans à venir, la guerre des talents va commencer. »
Celle-ci n'est-elle pas déjà déclarée ? En cette période de récession économique, les entreprises investissent sur tout ce qui peut leur permettre d'améliorer le contrôle et le pilotage. Aussi recherchent-elles la perle rare pour les fonctions stratégiques et transversales. Il s'agit généralement de postes très pointus destinés à couvrir les besoins prioritaires.
Les achats pèsent un poids de plus en plus important dans les politiques entrepreneuriales. Or la fonction d'acheteur et celle de responsable des achats connaissent une pénurie depuis environ huit ans. « Les acheteurs négocient avec les fournisseurs, proposent des améliorations et des évolutions de produits, des évolutions de process, explique Pierre-Antoine Fayol, directeur de la division ingénieurs et techniciens chez Michael Page. On recherche donc des personnes à fort potentiel tant sur la communication que le management fonctionnel. »
Cette pénurie sur des postes stratégiques est plus difficile à gérer s'il s'agit souvent de fonctions récentes. Le concept de la supply chain (chaîne logistique) est relativement nouveau puisqu'il date de quatre ou cinq ans. « Le responsable supply chain occupe un poste éminemment complexe, transversal et très exposé, souligne Pierre-Antoine Fayol. Il nécessite des qualités d'analyse et de synthèse, une excellente capacité à gérer les priorités, ainsi qu'à communiquer avec un panel d'interlocuteurs très différents. De tels profils sont rares car ils exigent des compétences très variées. »
LE POSTE DE RESPONSABLE de la maintenance industrielle connaît une situation analogue en raison de son évolution récente. Auparavant réservé à des personnes disposant des compétences techniques, ce poste s'adresse aujourd'hui davantage à des managers capables de mettre en oeuvre des outils de management et d'optimisation de la maintenance très modernes, type TPM (total productive maintenance). La difficulté est de trouver des profils maîtrisant les outils, ayant des compétences managériales et parlant anglais.
Pour d'autres raisons, le BTP souffre cruellement de manque de main-d'oeuvre, y compris au niveau cadre sur des fonctions d'ingénieurs de travaux, d'ingénieurs d'études des prix et de chargés d'affaires. Peu d'ingénieurs souhaitent effectivement rentrer dans le BTP en raison de l'image qu'il véhicule et des bas salaires qu'il offre.
Problème : trouver «le» bon candidat
Selon Roger Sasportas, du cabinet RS Management, il manquerait annuellement 100 000 à 120 000 commerciaux en France. Mais les besoins varient selon les secteurs. Dans le high-tech, les candidats sont trop nombreux... Dans les services, ce sont les bons candidats qui font défaut. Dans la grande distribution alimentaire, se pose le problème du nombre de candidats et de bons éléments pour le poste de chef de secteur. Enfin, dans l'industrie, ce sont les carences techniques des commerciaux qui expliquent le manque.
Pour recruter des commerciaux, la principale difficulté tient à l'acceptation par les candidats de passer par la case terrain. « Les entreprises sont aujourd'hui assez frileuses dans leurs recrutements, observe Sébastien Hampartzoumian, responsable de division commerciale chez Michael Page. Leur niveau d'exigence est aujourd'hui plus élevé. Elles veulent être certaines de la qualité du candidat. Et dès qu'il y a un petit doute, elles n'embauchent pas... »
Frédérique Deriquehem, associée chez Progress en charge des fonctions transversales, note que, pour les deux grandes branches du contrôle de gestion que sont la gestion industrielle et la gestion commerciale, on peut parler de pénurie. « Peu de candidats sont susceptibles d'être de bons contrôleurs de gestion dans un environnement industriel complexe et capables d'être l'interlocuteur de cinq nationalités. »
En raison des départs à la retraite insuffisamment anticipés, la fonction publique territoriale est confrontée aux mêmes problèmes. « Cette pénurie existe depuis trois ou quatre ans, mais elle va crescendo », explique Anne Leca, consultante spécialiste des collectivités territoriales. Notre délai de recherche est beaucoup plus long. De façon générale, il est de quatre à huit semaines. Parfois nous avons besoin de deux semaines supplémentaires. Au lieu d'avoir les cinq ou six candidats traditionnels, nous sommes très contents d'en avoir trois bons. »
Les collectivités recherchent elles aussi des profils de plus en plus pointus et les bons éléments sont difficiles à dénicher. Pour la filière technique, les métiers les plus touchés sont les directeurs de service technique, les spécialistes de la voirie et de l'environnement. Pour la filière administrative, la pénurie concerne essentiellement les ressources humaines et la finance. Les difficultés de recrutement s'expliquent par ailleurs par la faible attractivité de certaines villes, notamment dans le centre et l'est de la France. Les collectivité de la côte atlantique et du littoral méditerranéen s'en tirent mieux.
IL EXISTE PAR AILLEURS une difficulté liée au régime indemnitaire. « Les communes se piquent des candidats », confie Patrick Guyonnet, responsable de la fonction publique territoriale chez Mercury Urval. Dans un tel contexte, les collectivités locales ne sont pas très regardantes sur les candidats et se rabattent sur des profils approchants. « C'est parfois une véritable catastrophe, souligne Patrick Guyonnet. Ce n'est pas pour rien qu'il existe dans la fonction publique territoriale beaucoup de problème de harcèlement moral car les gens sont indéboulonnables ! » En termes de salaire, la plus-value est limitée puisque les rémunérations des statutaires sont cadrées. Même constat du côté du privé. Malgré la pénurie de cadres dans certains métiers, les salaires ne sont pas pour autant à la hausse. Ces derniers connaissent même une baisse de 8 à 10 % par rapport à 2000. -
Le Choc de 2006, démographie, croissance, emploi, de Michel Godet, Odile Jacob, 2003.
LA NOUVELLE A DE QUOI ÉTONNER. Michelin recrute 1100 personnes cette année. Depuis 1999, le groupe clermontois a licencié mais la page de la restructuration est tournée. Cette année, Bibendum accuillera 600 cadres et 500 ouvriers. Les jeunes diplômés auront même la part belle : ils représenteront 66 % de ces embauches. Un cas isolé ? Pas si sûr. La France connaît une pénurie de cadres. C'est le constat de bien des entreprises, corroboré par l'Association pour l'emploi des cadres. La crise est là, mais pas pour tout le monde.
Les raisons invoquées sont d'ordre économique, géopolitique et démographique. « En 2006, la population active va cesser d'augmenter et vieillir, ce qui a déjà commencé, explique Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Entre 1975 et 2000, la structure d'âge de cette population avait fortement augmenté. En revanche, entre 2000 et 2025, il y aura 800 000 jeunes en moins âgés de 20 à 29 ans, 1,6 million en moins âgés de 30-49 ans et 4 millions en plus âgés de plus de 50 ans ! On observera donc un vieillissement en structure d'âge. » Résultat : les jeunes auront le choix et ils se dirigeront vers les métiers les plus rémunérateurs. Les entreprises s'arracheront les jeunes diplômés. Elles iront même les chercher à bac + 1 ou 2. Pour Michel Godet, cela se traduira par une désaffection pour l'enseignement supérieur long et à un raccourcissement des études.
«La guerre des talents va commencer»
« Les phénomènes démographiques vont s'associer aux problèmes de qualification. Certaines entreprises auront du mal à recruter en 2005, explique Bernard Ramanantsoa, directeur du groupe HEC. Dans les deux ans à venir, la guerre des talents va commencer. »
Celle-ci n'est-elle pas déjà déclarée ? En cette période de récession économique, les entreprises investissent sur tout ce qui peut leur permettre d'améliorer le contrôle et le pilotage. Aussi recherchent-elles la perle rare pour les fonctions stratégiques et transversales. Il s'agit généralement de postes très pointus destinés à couvrir les besoins prioritaires.
Les achats pèsent un poids de plus en plus important dans les politiques entrepreneuriales. Or la fonction d'acheteur et celle de responsable des achats connaissent une pénurie depuis environ huit ans. « Les acheteurs négocient avec les fournisseurs, proposent des améliorations et des évolutions de produits, des évolutions de process, explique Pierre-Antoine Fayol, directeur de la division ingénieurs et techniciens chez Michael Page. On recherche donc des personnes à fort potentiel tant sur la communication que le management fonctionnel. »
Cette pénurie sur des postes stratégiques est plus difficile à gérer s'il s'agit souvent de fonctions récentes. Le concept de la supply chain (chaîne logistique) est relativement nouveau puisqu'il date de quatre ou cinq ans. « Le responsable supply chain occupe un poste éminemment complexe, transversal et très exposé, souligne Pierre-Antoine Fayol. Il nécessite des qualités d'analyse et de synthèse, une excellente capacité à gérer les priorités, ainsi qu'à communiquer avec un panel d'interlocuteurs très différents. De tels profils sont rares car ils exigent des compétences très variées. »
LE POSTE DE RESPONSABLE de la maintenance industrielle connaît une situation analogue en raison de son évolution récente. Auparavant réservé à des personnes disposant des compétences techniques, ce poste s'adresse aujourd'hui davantage à des managers capables de mettre en oeuvre des outils de management et d'optimisation de la maintenance très modernes, type TPM (total productive maintenance). La difficulté est de trouver des profils maîtrisant les outils, ayant des compétences managériales et parlant anglais.
Pour d'autres raisons, le BTP souffre cruellement de manque de main-d'oeuvre, y compris au niveau cadre sur des fonctions d'ingénieurs de travaux, d'ingénieurs d'études des prix et de chargés d'affaires. Peu d'ingénieurs souhaitent effectivement rentrer dans le BTP en raison de l'image qu'il véhicule et des bas salaires qu'il offre.
Problème : trouver «le» bon candidat
Selon Roger Sasportas, du cabinet RS Management, il manquerait annuellement 100 000 à 120 000 commerciaux en France. Mais les besoins varient selon les secteurs. Dans le high-tech, les candidats sont trop nombreux... Dans les services, ce sont les bons candidats qui font défaut. Dans la grande distribution alimentaire, se pose le problème du nombre de candidats et de bons éléments pour le poste de chef de secteur. Enfin, dans l'industrie, ce sont les carences techniques des commerciaux qui expliquent le manque.
Pour recruter des commerciaux, la principale difficulté tient à l'acceptation par les candidats de passer par la case terrain. « Les entreprises sont aujourd'hui assez frileuses dans leurs recrutements, observe Sébastien Hampartzoumian, responsable de division commerciale chez Michael Page. Leur niveau d'exigence est aujourd'hui plus élevé. Elles veulent être certaines de la qualité du candidat. Et dès qu'il y a un petit doute, elles n'embauchent pas... »
Frédérique Deriquehem, associée chez Progress en charge des fonctions transversales, note que, pour les deux grandes branches du contrôle de gestion que sont la gestion industrielle et la gestion commerciale, on peut parler de pénurie. « Peu de candidats sont susceptibles d'être de bons contrôleurs de gestion dans un environnement industriel complexe et capables d'être l'interlocuteur de cinq nationalités. »
En raison des départs à la retraite insuffisamment anticipés, la fonction publique territoriale est confrontée aux mêmes problèmes. « Cette pénurie existe depuis trois ou quatre ans, mais elle va crescendo », explique Anne Leca, consultante spécialiste des collectivités territoriales. Notre délai de recherche est beaucoup plus long. De façon générale, il est de quatre à huit semaines. Parfois nous avons besoin de deux semaines supplémentaires. Au lieu d'avoir les cinq ou six candidats traditionnels, nous sommes très contents d'en avoir trois bons. »
Les collectivités recherchent elles aussi des profils de plus en plus pointus et les bons éléments sont difficiles à dénicher. Pour la filière technique, les métiers les plus touchés sont les directeurs de service technique, les spécialistes de la voirie et de l'environnement. Pour la filière administrative, la pénurie concerne essentiellement les ressources humaines et la finance. Les difficultés de recrutement s'expliquent par ailleurs par la faible attractivité de certaines villes, notamment dans le centre et l'est de la France. Les collectivité de la côte atlantique et du littoral méditerranéen s'en tirent mieux.
IL EXISTE PAR AILLEURS une difficulté liée au régime indemnitaire. « Les communes se piquent des candidats », confie Patrick Guyonnet, responsable de la fonction publique territoriale chez Mercury Urval. Dans un tel contexte, les collectivités locales ne sont pas très regardantes sur les candidats et se rabattent sur des profils approchants. « C'est parfois une véritable catastrophe, souligne Patrick Guyonnet. Ce n'est pas pour rien qu'il existe dans la fonction publique territoriale beaucoup de problème de harcèlement moral car les gens sont indéboulonnables ! » En termes de salaire, la plus-value est limitée puisque les rémunérations des statutaires sont cadrées. Même constat du côté du privé. Malgré la pénurie de cadres dans certains métiers, les salaires ne sont pas pour autant à la hausse. Ces derniers connaissent même une baisse de 8 à 10 % par rapport à 2000. -
Le Choc de 2006, démographie, croissance, emploi, de Michel Godet, Odile Jacob, 2003.
Illustration(s) :
Didier Lebrun a retrouvé son assurance.
(Photo M. Archambault/Le Figaro.)
Barbe
Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Enseignement supérieur Sujet(s) - Le Figaro : EMPLOI; GUIDE; RECRUTEMENT Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : MONACO Type(s) d'article : ARTICLE; PHOTO; DESSIN Taille : Long, 1838 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030526LF20030526_2FIG0158 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:15:32
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
TELEVISIONS LOCALES
|
 Le Figaro, n° 18287 Le Figaro Économie, lundi 26 mai 2003, p. 8
MEDIAS ET PUBLICITE
AUDIOVISUEL Un rapport public pose les jalons du projet de loi La nécessaire réforme des télévisions locales
Marie PERONNAU
Réformer en profondeur les télévisions locales. Tel est l'objectif du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et le propos d'un rapport préparé par la Direction du développement des médias (DDM) dont la nouvelle loi sur l'audiovisuel devrait s'inspirer. La France doit en effet transposer des directives européennes sur les télécommunications en vue d'organiser la convergence des médias : câble, satellite, numérique terrestre et télécommunications font l'objet d'une harmonisation du cadre réglementaire. Les télévisions locales constituent un dossier important de ce projet de loi pour lequel la DDM dresse un panorama du paysage français et les perspectives liées à ce secteur.
Le constat n'est pas brillant et pointe un paradoxe très français. Malgré l'existence d'un public ciblé avide d'une information de proximité, les télévisions locales sont encore peu nombreuses et en relative mauvaise santé. Le rapport indique pour l'année 2001 un chiffre d'affaires du secteur de 10 millions d'euros pour un résultat négatif de 7 millions. Une situation qui constitue, selon les auteurs du rapport, une exception française due au développement très centralisé du paysage audiovisuel autour des chaînes hertziennes.
Et le rapport d'analyser les facteurs qui ont participé à cet état de sous-développement. Hormis le manque de ressources publicitaires du fait, notamment, de l'interdiction pour la grande distribution de faire de la publicité à la télévision , c'est le dispositif anticoncentration que le rapport pointe du doigt comme étant le principal obstacle au développement de chaînes de proximité.
Aujourd'hui, la loi sur la liberté de communication interdit à une personne physique ou morale de détenir plus de 50 % du capital d'une chaîne locale, et ce en vue de limiter la concentration des entreprises de communication. La suppression de cette règle devrait raviver l'intérêt des investisseurs qui sont pour l'instant relativement bridés dans le management des chaînes qu'ils financent. Cette idée, le gouvernement et le CSA en sont depuis longtemps les fervents militants.
D'autres dispositions présentes dans l'avant-projet de loi sur les communications électroniques vont dans le même sens. Le CSA étudie ainsi l'assouplissement de la règle interdisant la détention simultanée d'une chaîne hertzienne locale et d'une chaîne locale analogiques. Seuls les services nationaux dont l'audience moyenne dépasse 2,5 % resteraient concernés par l'interdiction. Pour le numérique, cette règle serait abolie sans restriction.
Toujours dans l'objectif d'attirer des investisseurs solides, le rapport préconise le relèvement du plafond des six millions actuels à dix millions de téléspectateurs lors du cumul de plusieurs autorisations locales. Aujourd'hui, un opérateur de chaîne locale ne peut en acheter une autre si le total de la population desservie atteint plus de 6 millions de personnes.
Autre cheval de bataille du gouvernement : la possibilité donnée aux collectivités locales de créer et d'investir dans des chaînes hertziennes de proximité. Cette intervention est aujourd'hui acceptée pour les chaînes du câble, elle pourrait être étendue au hertzien.
Enfin, le rapport préconise un allégement des obligations des télévisions locales numériques. Celles, dont le bassin d'audience est inférieur à dix millions d'habitants, se verraient exonérer, par décret, des obligations de contribution à la production audiovisuelle et cinématographique. Il devrait également fixer la durée maximale des écrans publicitaires à douze minutes par heure en moyenne et à quinze minutes pour une heure donnée.
Toutes ces mesures visent à rattraper le retard français en matière d'information de proximité. Un domaine où les Etats-Unis et de nombreux pays européens ont pris quelques longueurs d'avance.
Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Lois et règlements Sujet(s) - Le Figaro : AUDIOVISUEL; RAPPORT; TELEVISION; REFORME; PROJET DE LOI Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : MONDE; UNION EUROPEENNE Type(s) d'article : ARTICLE Taille : Moyen, 423 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030526LF18287803ECO
| |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:13:38
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
LOGEMENT
|
 Le Figaro, n° 18287 Le Figaro Économie, lundi 26 mai 2003, p. 5
ENTREPRISES-FINANCE; REPERES
Les « loca pass » remboursés progressivement
Les avances « loca-pass », aides au logement qui permettent d'avancer la caution des locataires, vont être réaménagées en prêts à remboursement progressif. Aujourd'hui, ils sont remboursables en une fois en fin de bail. Depuis 1999, plus de 700 000 personnes ont bénéficié de cet avantage. Ces avances devront être remboursées sur 36 mois maximum avec un différé de 3 mois.
Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Automobiles; Conditions et politiques économiques Type(s) d'article : REPERE Taille : Court, 50 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030526LF18287502ECO
| | Conseil de Paris
| Logements vides : l'échec des incitations à louer |
|
|
|
LA SIEMP présentait hier au Conseil de Paris le bilan de son action pour convaincre les propriétaires de logements vides de les remettre sur le marché. Un bilan maigre, presque anorexique, puisque sur un objectif de 500 logements en 2002, il n'y aura eu fin mai que 33 propriétaires convaincus par les propositions de cette SEM parisienne de logement, qui apportait pourtant la garantie financière de la Ville. « L'échec de cette mission est patent et le bilan cruel », a critiqué Jean-François Blet (les Verts). « La Siemp dispose d'un budget de 12 millions d'euros pour ce résultat affligeant. Il n'y a que les girouettes rouillées qui ne tournent pas, alors tournez le dos à vos chimériques gisements de logements vacants ! » a attaqué l'UDF Eric Azières, suivi par l'UMP Alain Destrem qui a calculé qu'au vu des résultats « chaque contrat avec un propriétaire aura coûté 7 000 € de communications. Ça fait cher du contact ! » Début 2002, il est vrai que la promotion de cette idée était partie en flèche. A l'époque, on parlait du scandaleux fichier de 136 000 logements vacants dans Paris, généralement mis en regard des 100 000 demandeurs. Or, aujourd'hui, Jean-Yves Mano, maire adjoint au logement chargé de l'intérim à la tête de la Siemp, réajuste le phénomène à la baisse : « Le fichier d'EDF fait état de 96 000 logements vides, celui du ministère de 82 000. En fait, nous pensons que le chiffre le plus juste est celui de la base fiscale, soit 30 000 propriétaires assujettis à la taxe d'inhabitation d'un logement laissé vide depuis deux ans. » La Siemp admet aujourd'hui que son retour sur investissement est limité en dépit des petites annonces publiées dans la presse (y compris sur la Côte d'Azur), d'un numéro vert (le 08.00.20.02.75), d'annonces sur les panneaux lumineux et d'un porte-à-porte expérimental dans le III e arrondissement. Elle propose pourtant trois formules de remise en location dont les points communs sont de garantir les loyers et d'aider le propriétaire à remettre son bien en état. En contrepartie de quoi, le logement est loué sur une durée précise minimum à un loyer plafonné (à 8,30 € le mètre carré environ). « Après tout, nous proposons un nouveau produit sur le marché immobilier, il faut le temps de le faire connaître, plaide Jean-Yves Mano. Et maintenant, au moins, nous connaissons notre coeur de cible. » Ce coeur de cible, celui qui a répondu aux petites annonces, est généralement un petit propriétaire (il n'a qu'un seul logement ou deux au plus), son bien est en mauvais état et il n'a ni les moyens de faire les travaux ni le goût d'entreprendre les démarches. « Ce sont des propriétaires qu'il faut prendre par la main de A à Z. » Instruite de cette expérience, la Siemp va ajuster son offre, augmenter certains plafonds de loyers (jusqu'à 14,40 € le mètre carré) et modifier les contrats de location afin que le propriétaire bénéficie plus facilement des déductions fiscales attachées à la location sociale (de 40 à 60 %). Moyennant quoi, elle espère à la fin de l'année avoir remis sur le marché locatif une centaine de logements. « La clé, ce sera d'avoir le fichier de la vacance du logement à Paris. Il faut persévérer », note René Dutrey (Verts), le bientôt président de la Siemp (il sera nommé le 5 juin).
|
Le Parisien , mardi 27 mai 2003
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:11:28
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
ACTIONNAIRES
|
 Le Figaro, n° 18287 Le Figaro Économie, lundi 26 mai 2003, p. 5
ENTREPRISES-FINANCE
GOUVERNEMENT D'ENTREPRISE Un nouveau rapport Le Cercle des économistes veut rétablir le contrôle des actionnaires
Nicolas DANIELS
Comment rétablir la confiance des investisseurs, petits ou grands, après l'éclatement de la bulle financière et la révélation d'indélicatesses managériales de plus ou moins grande ampleur ? La question, qui a déjà reçu des débuts de réponse avec le vote aux Etats-Unis de la loi Sarbanes-Oxley et, en France, avec le projet de loi sur la sécurité financière, n'en finit pas d'inquiéter les économistes. « L'urgence est de taille : 6 000 milliards de dollars de valeur boursière sont partis en fumée en un an. La crise actuelle n'est pas un accident fortuit. C'est un problème systémique qui nécessite la définition d'un nouveau cadre », souligne le Cercle des économistes qui vient de publier un cahier sur le sujet.
Cette association d'économistes reprend le flambeau là où le comité présidé par Daniel Bouton l'avait laissé l'automne dernier. « Le gouvernement d'entreprise n'est pas du seul ressort du conseil d'administration », soutiennent en effet les auteurs qui avancent une vingtaine de propositions. Ils rappellent, en premier lieu, que le pouvoir appartient aux propriétaires de l'entreprise, c'est-à-dire les actionnaires.
Or, clairement aujourd'hui, les assemblées générales « ne fonctionnent pas » en raison du manque d'implication de beaucoup d'actionnaires. D'où les réflexions quant à l'instauration d'une obligation de vote pour les investisseurs institutionnels. Ou, du moins, d'une obligation de motiver la décision de voter ou de s'abstenir. Dans le même ordre d'idée, le Cercle préconise d'interdire la remise de pouvoirs en blanc aux mandataires sociaux lors des assemblées générales, l'idée étant là encore de rétablir les actionnaires dans leurs droits.
Les autres propositions sont d'une facture plus classique. Les auteurs insistent sur la nécessité de résoudre les conflits d'intérêts entre la banque d'affaires et les activités de recherche et de courtage. Ils s'interrogent aussi sur l'opportunité d'ouvrir le secteur de la notation financière à une concurrence accrue et d'imposer aux différents acteurs davantage de transparence. Enfin, ils estiment que l'Europe doit peser davantage dans l'élaboration des normes comptables internationales IAS que le Vieux Continent doit adopter en 2005. Un sujet toujours délicat dans la mesure où, justement, il s'agit de normes internationales qui s'appliqueront aussi à des pays aussi divers que l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Japon. N. D.
Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Bourse et marché des changes; Lois et règlements Sujet(s) - Le Figaro : ENTREPRISE; GOUVERNEMENT D'ENTREPRISE; RAPPORT; CERCLE DES ECONOMISTES Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : FRANCE Type(s) d'article : ARTICLE Taille : Court, 275 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030526LF20030526_2FIG0162
| |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:10:47
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
TRIBUNE DE FILLON
|
 Le Figaro Lundi 26 mai 2003
Fillon : «Il n'y a pas de plan alternatif»
Dans une tribune adressée «Aux Français qui doutent», François Fillon a réaffirmé hier que le projet de réforme des retraites est un «compromis équilibré» et qu'il n'existe pas de «véritable plan alternatif». «Notre projet repose sur le maintien de la solidarité et de la répartition. C'est un choix de société qui s'inscrit dans notre pacte républicain. Il est généreux mais exigeant», écrit-il dans ce texte publié par Le Journal du dimanche. «Ce choix, nous l'assumons, il dicte nos responsabilités politiques», a ajouté le ministre des Affaires sociales. «A ceux qui manifestent ce dimanche comme c'est leur droit et à ceux qui doutent, je veux dire qu'une révolution démographique est en marche. Aucune protestation ou recette miracle ne l'arrêtera, ni n'en réduira les conséquences.» «Il y a 12 millions de retraités, il y en aura 20 millions dans quelques années. Cette donnée s'impose à tous (...). L'augmentation de la durée de cotisations est incontournable», a-t-il observé. François Fillon a insisté sur le fait que les organisations qui proposent de multiplier les sources de financement pour les retraites «afin de ne rien changer» militent «pour une augmentation inconsidérée des prélèvements obligatoires qui nuiraient à notre économie et à l'emploi». «Je veux dire et répéter aux agents des régimes spéciaux (SNCF, RATP) qu'ils ne sont pas concernés par cette réforme et que le blocage du pays ne peut dès lors être raisonnablement justifié», a également souligné le ministre.
Catégorie : Actualités Taille : Court, 177 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030526LF20030526_2FIG0090 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:07:59
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
PUBLICITE
|
 Le Figaro ECONOMIE, mardi 27 mai 2003
Médias et Publicité
ENTRETIEN Bilan de l'Union des syndicats de la production audiovisuelle L'USPA favorable à l'ouverture des secteurs interdits à la pub
Propos recueillis par Paule Gonzales
Eric Stemelin, délégué général de l'Union des syndicats de la production audiovisuelle, dresse l'état des lieux du financement du secteur. Il défend l'ouverture progressive de la publicité aux secteurs interdits, distribution, cinéma, presse, édition. Il propose également la création d'un fonds de péréquation permettant de redistribuer, entre l'ensemble des parties, les recettes supplémentaires qu'une telle mesure engendrera.
LE FIGARO. - Trois ans après la promulgation de la loi audiovisuelle, estimez-vous que la production audiovisuelle bénéficie d'un financement suffisant ? Eric STEMELIN. - De manière générale, la production et la télévision françaises restent sous-financées en France. Entre les ressources publiques et publicitaires, ce sont 5 milliards d'euros qui manquent par rapport à l'audiovisuel allemand ou anglais. Et il ne semble pas que la situation se débloquera très rapidement. Le gouvernement n'a pas la volonté politique d'augmenter la redevance et les avis divergent sur la possibilité d'une rémunération des fréquences hertziennes. Pour être plus précis, quand la France produit 600 heures de fiction, l'Allemagne en compte 1 800. Pire encore, nous sommes le seul pays à produire aujourd'hui moins d'heures de fiction qu'il y a cinq ans. Une situation unique en Europe qui dans l'ensemble progresse de 10 à 15% par an. Les décrets production n'ont-ils pas permis une amélioration substantielle du financement ? Bien entendu, les derniers décrets productions ont permis d'améliorer la situation de la production en augmentant le financement unitaire des oeuvres. Les télévisions ont ainsi amélioré leur participation au coup par coup. Par ailleurs, la réduction de la durée des droits permettra à terme une meilleure circulation de l'audiovisuel français. Mais cela ne veut pas dire que l'enveloppe globale de financement soit plus importante. Si le cadre réglementaire ne permet pas d'augmenter substantiellement le financement, qu'en est-il de la publicité ? Les recettes publicitaires de la télévision française sont nettement moins importantes que celles des autres grands pays européens puisque globalement elles s'élèvent à 3,5 milliards d'euros. En Allemagne, on parle de 5 milliards d'euros et en Angleterre de 6,5 milliards d'euros. Ce qui signifie qu'il existe un immense gisement de ressources inexploitées. Dans cette perspective, il est certain que l'assouplissement du cadre réglementaire serait une bonne chose. Je pense notamment à l'évolution des secteurs interdits de publicité qui permettrait d'apporter de nouvelles ressources. A terme, on estime que l'ouverture totale des secteurs devrait au moins rapporter 300 millions d'euros. Autant de profits nouveaux qui tomberont dans l'escarcelle des grandes chaînes privées. Ne craignez-vous pas que ces nouvelles recettes aillent à des produits d'appel fort comme le sport plutôt qu'à la production audiovisuelle ? Ce serait regrettable d'autant que cela conduirait immanquablement à une inflation de ces droits. Les chaînes n'ayant pas le besoin absolu d'augmenter leurs marges bénéficiaires, nous pensons donc qu'il serait bon de partager les nouveaux gains. Entre les producteurs et, pourquoi pas, les secteurs qui seraient pénalisés par cette ouverture. Je pense notamment à la presse et à la radio. Quelles pourraient être les modalités d'un tel partage ? I l faudrait imaginer une péréquation vertueuse qui laisserait aux diffuseurs télévisuels la moitié de ces nouvelles recettes et permettrait de redistribuer le reste. En ce qui concerne la production, il me semble que la forme la plus pertinente et la plus simple serait l'amélioration de l'alimentation du Cosip par l'augmentation de la taxe sur les télévisions.
Propos recueillis par Paule Gonzales
Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Bourse et marché des changes Taille : Moyen, 429 mots
© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.
Doc. : 20030527LF20030527_2FIG0101 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 12:04:59
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
HANDICAPES
 La Croix SOCIETE, mardi 27 mai 2003, p. 7
L'emploi des personnes handicapées doit être « la règle ». INSERTION. Un rapport propose un dispositif novateur pour permettre aux personnes handicapées d'accéder au marché du travail.
GOMEZ Marianne
Le rapport de Marie-Claude Lasnier est on ne peut plus clair, notre politique doit changer, non pas à la marge, mais de façon radicale. Elle proposera ce matin à ses collègues du Conseil économique et social une refonte globale de la législation, afin que l'emploi des personnes handicapées soit désormais « la règle et non plus l'exception ».
Le portrait type de la personne handicapée est « un homme, âgé de 40 ans et plus, peu qualifié et rencontrant (.) des difficultés spécifiques dans l'accès à la formation et à l'emploi, d'un niveau de qualification inférieur ou égal au CAP/BEP ». Le tableau n'est pas brillant. Alors que le risque d'être à la recherche d'un emploi est de 9 % pour la population française, il grimpe à 26 % pour les travailleurs handicapés. Cette population active compte 840 000 personnes. 622 000 exercent un emploi, dont 100 000 dans le milieu protégé, c'est-à-dire dans des ateliers protégés ou des centres d'aide par le travail (CAT), et 219 000 sont inscrits à l'ANPE, « un nombre en progression constante ». Alors que la loi de 1987 fait obligation aux entreprises de plus de 20 salariés et aux administrations d'embaucher 6 % de travailleurs handicapés, « on dépasse difficilement les 4 % », un taux « stable depuis maintenant dix ans ». Les plus mauvais élèves sont les structures de taille moyenne et l'État. Il faut donc passer à la vitesse supérieure avec « des mesures spécifiques de discrimination positive ».
Pour y parvenir, le rapport propose une loi de programmation pluriannuelle et une refonte globale du dispositif actuel. Il demande notamment à l'État de se « réinvestir » dans la politique d'insertion et de s'acquitter des mêmes obligations que le privé vis-à-vis de l'emploi de personnes handicapées. Actuellement, par exemple, le secteur public n'est pas sanctionné s'il déroge aux 6 % d'emplois fixés par la loi.
Ne pas cantonner les salariés handicapés à certains métiers
Le Conseil économique et social fait ensuite des propositions pour lever les nombreux obstacles qui empêchent les handicapés d'accéder à un emploi. Celles-ci passent notamment par la revalorisation de la formation, suggérant même « la réservation de places dans les organismes de formation ou l'enseignement professionnel », afin de s'assurer que la formation couvre bien tous les besoins des entreprises et que les salariés handicapés « ne restent pas enfermés dans certains types de fonctions ».
Enfin, et c'est la partie la plus novatrice, le rapport suggère plusieurs pistes pour ouvrir le marché du travail ordinaire aux handicapés. Actuellement, explique-t-il, non seulement les CAT et ateliers protégés veulent garder leurs meilleurs éléments, mais un handicapé partant travailler en entreprise ne peut pas réintégrer le milieu protégé s'il échoue. Il faut, au contraire, instaurer un « droit au retour », tout en développant les possibilités de travail protégé (à mi-temps, par exemple) en milieu ordinaire. Et pourquoi pas, désigner un tuteur qui aidera le handicapé à se faire une place au sein de l'entreprise. Enfin, l'auteur propose une mise à plat de la liste des professions exclues de l'obligation d'emploi : en fonction de quoi, se demande-t-elle, le handicap est-il encore considéré comme incompatible avec un poste de vendeur dans un grand magasin ?
Toutes ces propositions vont dans le sens de ce que souhaitent les associations. Reste à voir l'usage qu'en fera le gouvernement, dont le projet devrait être présenté en conseil des ministres en juin.
Marianne GOMEZ
Pour en savoir plus
Le rapport et le projet d'avis présentés sur « l'insertion professionnelle en milieu ordinaire des personnes en situation de handicap » peuvent être consultés dès aujourd'hui sur notre site Internet (www.la-Croix.com). La Croix propose également un forum sur les personnes handicapées.
Catégorie : Anecdotes/Société Sujet(s) uniforme(s) : Droits et libertés; Personnes handicapées Sujet(s) - La Croix : HANDICAPE; INSERTION SOCIALE; EMPLOI; RAPPORT Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE Nom(s) propres(s) : LASNIER Marie-Claude Taille : Moyen, 455 mots
© 2003 la Croix. Tous droits réservés.
Doc. : 20030527LC0030527LC_inx036
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 11:41:03
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
COMMERCE EQUITABLE
|
 La Croix ECONOMIE-FINANCES, mardi 27 mai 2003, p. 7
Le commerce équitable à la conquête des Français. CONSOMMATION. Les opérations de sensibilisation se multiplient pour convaincre les Français, encore très à la traîne. Versailles, de notre correspondante.
TESSIER Pascale
Les associations organisatrices de la troisième Quinzaine du commerce équitable se disent confiantes. Elles ressentent une prise de conscience durable et une reconnaissance. Il est vrai que, durant une semaine, le centre commercial Parly II du Chesnay (Yvelines) leur a offert l'un de ses meilleurs emplacements. Les organisateurs voient là un signe : « Impensable auparavant », pour eux, d'imaginer qu'on leur permette « de mêler au luxe une certaine misère ». En revanche, ils ont amèrement constaté que dans ce département qu'ils croyaient « privilégié et sensibilisé », la méconnaissance du commerce équitable était manifeste : « 60 % des personnes que nous interrogeons n'en ont jamais entendu parler. »
Celles-ci assimilent fréquemment le commerce équitable à l'agriculture biologique, plus connue, à l'égard de laquelle ils ont moins de préjugés. Sans doute parce qu'elle s'est fait une place dans la grande distribution et a dans les esprits un lien avec la santé, plus facile à identifier. Comme lui, le commerce équitable a bénéficié de l'inquiétude des consommateurs sur l'origine des aliments, liée aux affaires de la vache folle ou d'organismes génétiquement modifiés. Mais ces acheteurs-là veulent aussi être des acteurs : si l'aspect qualitatif est le plus souvent évoqué pour justifier l'achat, plus de 5 % d'entre eux avouent que leur motivation première est « de faire un geste en direction de petits producteurs pauvres ».
« Acheter éthique » répond d'abord à une démarche humanitaire
Car cette démarche humanitaire a un prix : les produits du commerce équitable sont souvent plus chers que ceux du commerce traditionnel, à qualité équivalente. L'aspect gustatif ne peut donc suffire à justifier l'achat. D'ailleurs, ceux qui connaissent le commerce équitable sans y adhérer, justifient leur refus pour des raisons de budget. Ils s'opposent alors à de récentes études qui ont démontré que les Européens faisaient « des choix de plus en plus éclairés » et qu'ils étaient « disposés à payer plus cher si le produit respecte des critères importants à leurs yeux ». Avec 40 centimes annuels dépensés par habitant, les Français sont encore de piètres « consomm'acteurs », face aux Néerlandais (2,15 Euro) ou aux Suisses (6,75 Euro).
Pourtant, toutes les enseignes de la grande distribution proposent au moins l'un des produits du commerce équitable (le café) et certaines, une offre complète. C'est là - en invoquant la proximité et des prix modérés - que s'effectue la plus grande part des achats éthiques, même si celle des boutiques spécialisées n'est pas négligeable. Le consommateur est le plus souvent une consommatrice, âgée de moins de 60 ans et encore plus sensibilisée à la qualité nutritionnelle du produit, si elle a entre 25 et 59 ans. Au-delà, des études ont prouvé que c'était le concept humanitaire qui suscitait l'achat.
L'aspect qualitatif des produits n'est jamais critiqué. Juste, parfois un problème personnel de goût. Cependant, pour fidéliser ses consommateurs ponctuels, le commerce équitable devra accroître sa notoriété, notamment sur la richesse de sa gamme. Car les acheteurs de café savent rarement que le commerce équitable propose aussi du chocolat, du riz, de la confiture, des épices, des bananes, du vin, et même de l'habillement et des objets de décoration.
Pascale TESSIER
Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Agriculture et services connexes; Santé publique et condition physique Sujet(s) - La Croix : COMMERCE; ECONOMIE SOCIALE; FRANCAIS Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE Taille : Moyen, 405 mots
© 2003 la Croix. Tous droits réservés.
Doc. : 20030527LC0030527LC_inx035 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 11:40:01
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
GREVES
Greve Bien Suivie Dans L'education Nationale
 |
La grève à l'Education nationale a été marquée par une forte mobilisation mardi. Selon le ministère, en moyenne nationale, la grève a été suivie par 23% à 46% des personnels, selon les catégories, des taux nettement plus élevés que lors de la grève précédente, le 22 mai (de 14,5% à 39,9%). /Photo prise le 22 mai 2003 /REUTERS/Christine Grunnet • (Reuters - mardi 27 mai 2003, 13h42)
Lire l'article associé
| |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 10:54:55
Permalien
|
Mardi 27 mai 2003
RMI-RMA
DOSSIER RMI-RMA
RMI: François Fillon veut "donner un nouveau souffle" à
l'insertion
PARIS (AP) - Dans RMI, le gouvernement veut mettre l'accent sur le "i" de l'insertion. Devant les sénateurs, le ministre des Affaires sociales François Fillon a défendu lundi le projet de loi créant le "revenu minimum d'activité" (RMA), destiné à "donner un nouveau souffle" à l'insertion.
Le texte de 41 articles examiné en première lecture au Sénat repose sur une idée simple, résumée pendant la campagne présidentielle par Jacques Chirac: pour encourager le retour au travail, "toute reprise d'activité doit s'accompagner d'une hausse des revenus" pour le RMiste.
Avec le RMA, un allocataire pourra donc cumuler une allocation forfaitaire du RMI de 411,7 euros et un complément à la charge de l'employeur. Ce complément doit représenter 20 heures hebdomadaires de travail payées au SMIC, soit 136,6 euros brut. Le tout devrait "améliorer les gains de l'allocataire d'environ 50%", a estimé lundi François Fillon.
Reste que, comme le soulignent les associations, le texte interdit tout cumul du RMA avec un autre revenu, contrairement au RMI actuel. Contrat à durée déterminée à mi-temps d'un maximum de 18 mois, ce contrat n'encouragera pas vraiment à la reprise d'activité, selon elles.
Critiquant un "CES au rabais", le sénateur socialiste Gilbert Chabroux a ainsi souligné lundi que la rémunération du Contrat-emploi-solidarité est "bien supérieure à celle du RMA". C'est "un contrat à peu près aussi coûteux que le CES mais offrant moins de garanties et de revenu", a-t-il résumé.
Il s'agit de mettre en oeuvre une "transition entre un revenu d'assistance et l'emploi ordinaire", s'est défendu le ministre des Affaires sociales.
Le RMA "ne se substitue pas aux contrats aidés en vigueur", a-t-il affirmé. Sorte de "réentraînement indispensable après plusieurs années d'inactivité", il "crée simplement un nouveau chemin vers l'activité en élargissant la gamme des étapes vers l'emploi aidé ou de droit commun".
Le Revenu minimum d'activité s'adresse en effet aux personnes qui touchent depuis plus de deux ans le RMI, soit plus de la moitié des plus d'un million d'allocataires actuels du RMI. Un critère que la majorité sénatoriale souhaiterait ramener à un an pour toucher le maximum d'allocataires.
Côté UMP, on s'inquiétait surtout lundi du transfert de la gestion du RMI et du RMA aux départements, également prévu par le projet de loi. Les conseils généraux se verront ainsi confier, 15 ans après la création du Revenu minimum d'insertion par le gouvernement Rocard, la responsabilité et le financement du RMI. Les conditions d'accès au RMI ainsi que son barème resteront cependant fixés au plan national.
François Fillon, qui estime à "4,5 millions d'euros" le coût de ce transfert de compétence, prévoit de compenser cette charge nouvelle par une quote-part de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui reste encore à préciser.
Les départements, eux, craignent déjà que ces charges nouvelles ne s'accompagnent pas du transfert de ressources correspondant. Une inquiétude largement relayée lundi par les sénateurs.
Valéry Letard (Union centriste) a ainsi déploré "le manque actuel de certitudes sur le financement exact" de la réforme, alors qu'Aymeri de Montesquiou (Rassemblement démocratique et social européen) avertissait François Fillon que son groupe n'approuverait le texte "qu'une fois que vous nous aurez apporté les garanties nécessaires quant aux transferts financiers vers les départements".
Dans un communiqué publié lundi, Agir contre le chômage, l'Association pour l'emploi, l'information et la solidarité, ainsi que le Mouvement national des chômeurs et précaires se sont par ailleurs inquiétés que la gestion du RMI/RMA soit désormais placée dans les seules mains des présidents de conseils généraux, sans réels contre-pouvoirs. AP
co/mw
|
 l'Humanité Société, mardi 27 mai 2003, p. 10
RMI-RMA. Quarante associations, engagées dans la lutte contre l'exclusion, dénoncent le projet de loi gouvernemental. Un projet bouclé sans aucune concertation
Dos Santos, Armanda
Quinze ans après la création du revenu minimum d'insertion (RMI), un projet de loi "portant décentralisation du RMI et créant un revenu minimum d'activité (RMA)" est en débat au Parlement. Son élaboration n'ayant fait l'objet d'aucune concertation avec les associations engagées sur le terrain, celles-ci, réunies dans le collectif Alerte - entre autres : Emmaüs France, le Secours catholique, Médecins du monde, FNARS, ou encore Solidarités nouvelles face au chômage -, se sont mobilisées contre ce texte, déjà examiné en Conseil d'État et avant adoption par le Conseil des ministres. Le procédé autoritaire du gouvernement est d'autant plus intolérable que ce projet concerne un sujet sensible, complexe, dont dépendent les moyens d'existence de nombre de personnes défavorisées. Les associations demandent aujourd'hui le report de la loi qui, selon elles, "ne répond pas à une ambition sociale", n'est pas "à la hauteur des enjeux" et n'est en rien l'"articulation nécessaire entre l'exclusion, l'activité, l'insertion et l'emploi" qu'elle est censée être.
Crainte des associations
D'une durée hebdomadaire de vingt heures (minimum), renouvelables deux fois (18 mois maximum), ce nouveau contrat de travail (RMA) s'adresse à des personnes allocataires du RMI depuis deux ans et associe deux outils financiers : l'allocation du RMI, à laquelle s'ajoute un complément versé par l'employeur. Le total devant, au minimum, atteindre le SMIC. Ce projet confie aux départements la responsabilité et le financement du RMI.
Pour les associations, les questions importantes comme l'harmonisation des minima sociaux, la simplification des dispositifs d'emplois aidés ont tout simplement été mises de côté. Elles insistent pour que soit mis en place "un système sérieux et novateur" de contrôle de l'évaluation, dans "des conditions de transparence qui ne sont pas toujours la règle s'agissant des relations entre l'État et les conseils généraux". Si le collectif salue le fait que la gestion de l'allocation reste confiée aux CAF, il souligne en revanche que le RMI décentralisé apparaît déconnecté des autres politiques locales : la politique de l'emploi qui relève de l'État, le soutien à l'activité économique qui dépend de la région et les politiques infra-départementales telles que les PLIE, etc. Les associations craignent, par ailleurs, que le RMI ne soit plus un véritable droit garanti car il deviendrait trop conditionnel et excessivement contraignant.
Une occasion manquée
Les bénéficiaires risquent de se trouver pris entre deux contraintes : la fin du bénéfice du RMI s'ils ne signent pas le contrat que leur propose le référent, mais aussi la suspension du RMI s'ils ne parviennent pas à honorer le contrat signé.
Décevant, ce projet reste, dans son état actuel, une occasion manquée "car il ne vient pas réformer les véritables défauts actuels du RMI (problème des moins de vingt-cinq ans, des demandeurs d'asile, et absence de cohérence des minima sociaux)", souligne le collectif Alerte. Celui-ci demande, en outre, que soit maintenue l'obligation financière des 17 %, et que la loi prévoie l'élaboration d'un cahier des charges national sur l'utilisation de ces 17 % par les départements. Concernant les demandeurs d'asile, victimes aujourd'hui d'une extrême pauvreté, les associations souhaitent qu'ils se voient reconnaître, enfin, le droit à l'allocation du RMI et le droit au travail.
Illustration(s) :
AFP
De nombreuses associations viennent en aide aux démunis, comme ici à Falaise.
Catégorie : Anecdotes/Société Sujet(s) uniforme(s) : Lois et règlements Taille : Moyen, 416 mots
© 2003 l'Humanité. Tous droits réservés.
Doc. : 20030527HU0028 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-27 10:45:46
Permalien
RMI-RMA
|
|