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Publié le lundi 26 mai 2003

Lundi 26 mai 2003

INTERVIEW DE COPE
Le porte-parole du gouvernement estime que «notre pays a perdu l'habitude de vivre avec bonheur les réformes structurelles»
Copé : «Les objectifs sont clairs et le cap tenu»


Propos recueillis par Rémi Godeau, Béatrice Taupin et Philippe Reclus
[26 mai 2003]

LE FIGARO ÉCONOMIE. – Le gouvernement fait des retraites un test de sa capacité à réformer. Face à la multiplication des mouvements sociaux, pouvez-vous lâcher du lest ?
Jean-François COPÉ. – L'objectif n'est ni d'accélérer ni de ralentir le rythme des réformes. Pour chacune d'entre elles, le gouvernement a fixé un calendrier spécifique. Sur les retraites, nous en sommes à la décision. Le temps de l'écoute et du dialogue social a donné lieu à des améliorations très significatives. Sur la décentralisation, après la phase constitutionnelle et les lois organiques, nous sommes au milieu de la phase d'élaboration du texte. Il n'a pas vocation à être adopté avant l'automne, et son application, notamment sur les transferts de personnel, sera progressive, comme l'a été la réforme de 1982 qui s'est échelonnée jusqu'en 1986. Vous voyez, les objectifs sont clairs et le cap tenu. Reste à élaborer les modalités, c'est tout l'objet du dialogue.

Après neuf mois de ce qu'on pourrait qualifier d'attentisme, ne regrettez-vous pas un télescopage de réformes structurelles ?
Je refuse cette analyse ! Pendant neuf mois, le gouvernement n'est pas resté l'arme au pied : assouplissement des 35 heures, aménagement de la loi de modernisation sociale, baisse des impôts, création d'un contrat sans charge, loi Dutreil, simplification administrative... Ce sont des chantiers importants, indispensables pour préparer le rebond de la croissance ! Et puis que n'aurait-on pas entendu si le gouvernement avait fait le choix d'une réforme des retraites à la hussarde ? Nous avons fait campagne sur la société de confiance et sur le retour du dialogue social.

La quasi-stagnation économique ne rend-elle pas votre tâche plus difficile ?
Bien sûr, nous aurions aimé trouver une conjoncture plus dynamique et, après les années de croissance exceptionnelle dont les socialistes ont bénéficié, une situation budgétaire plus saine... C'est la loi du genre quand la droite revient au pouvoir. J'ajoute qu'ajourner des réformes au prétexte d'une mauvaise conjoncture ne serait pas raisonnable. Contrairement à d'autres pays, la France conserve une croissance positive. Et le gouvernement n'y est pas pour rien : sans baisse des prélèvements obligatoires, notre économie serait aujourd'hui en récession. Les choix de notre politique économique ont porté. Au premier trimestre, le PIB a progressé de 0,3%. Regardez la consommation et l'investissement ! Les signes de frémissement sont là.

Pourtant, les recettes fiscales seront moindres qu'escompté. L'idée d'un collectif budgétaire est-elle écartée ?
Oui. En mettant en réserve dès janvier 4 milliards d'euros de crédits, le gouvernement a appliqué un principe de précaution jamais connu jusqu'à présent. Finies les coupes faites en catastrophe en octobre. Cette innovation démontre notre capacité à exercer un pilotage fin, en toute transparence.

Avez-vous les moyens budgétaires de poursuivre la baisse des impôts ?
Il faut le faire pour la bonne raison que stopper l'allégement des prélèvements perturberait les anticipations des agents économiques en matière de consommation et d'investissement.

Quand vous parlez de baisses des prélèvements, cela vaut-il aussi pour l'assurance-maladie ? Une éventuelle prolongation de la CRDS (dette sociale) pour apurer les 16 milliards de déficit 2002-2003 ne serait-elle pas une hausse des prélèvements ?
Je le répète, il y a nécessité d'engager les réformes dans un contexte de baisse des prélèvements.

Réduire les impôts sans diminuer le déficit budgétaire incite les agents à penser que le mouvement sera éphémère...
C'est pourquoi nous nous sommes engagés à poursuivre les deux objectifs. Certes, 2003 aura été une année de transition. Mais il fallait bien payer les factures laissées par nos prédécesseurs, 35 heures, APA, CMU... tout en finançant nos priorités. La Commission de Bruxelles a compris notre message. Nous souhaitons rester fidèles à l'esprit du pacte de stabilité tout en respectant les engagements pris devant les Français. Mais pas question d'assainir nos comptes par une cure d'austérité à base de hausses fiscales ! Notre but n'est pas de mourir guéri... En clair, nous avons décidé de maîtriser nos finances publiques à un rythme compatible avec nos engagements politiques. Les réformes de structure engagées prouvent notre volonté d'agir.

Y compris sur les effectifs de la fonction publique ?
Sur ce sujet, le premier ministre a toujours refusé une approche quantitative. Il faut raisonner par mission et se demander à chaque fois quels doivent être les effectifs adéquats pour la bonne application du service public. C'est cela la réforme de l'Etat ! Elle s'accompagnera d'une vraie politique de ressources humaines et d'une amélioration de la gestion des carrières. Les fonctionnaires sont demandeurs de plus de mobilité, de plus de considération...

Le gouvernement annonce des économies drastiques pour le prochain budget. Concrètement, cela signifie quoi ?
Le projet de budget pour 2004 est en préparation, il est donc trop tôt pour être précis. Mais le cadrage a été clairement fixé : l'Etat ne dépensera pas un euro de plus l'an prochain. Nous sommes sans ambiguïté dans une logique de maîtrise des dépenses publiques.

Mais, plus concrètement, en quoi consistera l'amélioration des performances de l'Etat ?
Prenons donc un exemple concret : la mission de sécurité publique. La loi de programmation sur la sécurité n'est pas qu'une loi de moyens. Des crédits supplémentaires ont certes été débloqués car il fallait pallier un sous-investissement chronique. Dans les commissariats, des véhicules étaient immobilisés faute d'entretien, les gilets pare-balles manquaient... Le gouvernement a décidé d'embaucher et d'investir. Mais, parallèlement avec l'objectif de faire reculer la délinquance, il a engagé une redistribution territoriale entre policiers et gendarmes. C'est une révolution ! Enfin, un décret vient de définir une nouvelle doctrine d'emploi des forces : présence sur le terrain, horaires...

Soit, mais votre exemple concerne un ministère prioritaire dont les moyens ont augmenté...
Mais je peux aussi vous parler du ministère de l'Economie qui s'est lancé dans un processus de modernisation sans précédent. Ou de l'Education nationale. Cet exemple prouve que les crédits supplémentaires ne font pas tout. En dix ans, les moyens financiers et humains de l'éducation ont considérablement augmenté. Et, pourtant, les manifestations le montrent, nous assistons à une crise matérielle et morale profonde. Notre projet de décentralisation des postes techniques doit y apporter un début de réponse. Permettez-moi de rappeler que la décentralisation des Toss dans les écoles primaires, qui remonte à un siècle, fonctionne remarquablement et n'a jamais été remise en cause.

Alors d'où vient l'actuel malaise des enseignants ?
Voilà des années que notre pays a perdu l'habitude de vivre avec bonheur les réformes structurelles. D'où le réflexe de peur, voire de conservatisme, exprimé ici ou là. Il ne faut pas non plus négliger le fantastique travail de désinformation de certains syndicats qui ne sont pas exempts d'arrière-pensées.

La restauration de l'attractivité du site France est-elle toujours une priorité gouvernementale ?
Absolument. Je dirais même qu'elle en constitue le fil rouge. Tout en menant les grands chantiers sur les retraites, l'éducation, la décentralisation et le système de santé, Jean-Pierre Raffarin lancera à l'automne un mouvement important de modernisation des dispositifs d'innovation et de recherche. Le texte pourrait prendre effet dès 2004.

La Banque centrale européenne ne semble pas s'alerter du niveau de l'euro face au dollar. Et vous ?
Le gouvernement n'a pas l'habitude de faire de commentaire sur la politique monétaire menée par la BCE. Cela dit, je trouve les débats sur le niveau de l'euro un peu décalés. Il faut rappeler que l'euro fort a aussi des effets positifs. Et en particulier sur les prix des importations. Cette appréciation nous a, par exemple, épargné une flambée des cours du pétrole avant le conflit en Irak. J'ajoute que, lorsqu'un Etat engage des réformes de structures, avoir une monnaie forte constitue plutôt un élément de stimulation.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 12:05:24
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Lundi 26 mai 2003

INDUSTRIE
350 millions d'euros pour relancer les régions grâce à des contrats de sites


Avec AFP
[26 mai 2003]

Le gouvernement Raffarin a approuvé douze contrats de sites, pour un total de 350 millions d'euros, visant à revitaliser des régions touchées par des restructurations industrielles, lors d'un comité interministériel aujourd'hui à Matignon.

Il espère, par cet ensemble de mesures, créer 7.000 à 8.000 emplois d'ici 2006 dans les zones concernées, a précisé Matignon à l'issue d'un Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) consacré à l'accompagnement des plans sociaux.

Ces contrats de sites, initiés le 28 janvier après la faillite de l'usine Metaleurop dans le Nord, visent à associer moyens de l'Etat et des collectivités territoriales afin d'aider à la reconversion de bassins d'emplois touchés.

Le CIADT, le deuxième du gouvernement Raffarin depuis le 13 décembre 2002, a confirmé quatre contrats de sites engagés ces dernière semaines à Lens (Metaleurop), Longwy (Daewoo), Romorantin (Matra automobile) et Angers (ACT, TRW et habillement) pour un total de 113 millions d'euros.

Il s'est aussi engagé à revitaliser sept territoires touchés par la restructuration du groupe d'armement terrestre Giat Industries, à savoir les bassins de Bourges, Tulle, Vichy-Cusset, Roanne, Saint-Etienne/Saint-Chamond, Tarbes et Toulouse.

Ce programme de mobilisation s'élève à 127 millions d'euros, y compris un engagement de Giat Industries à hauteur de 45 millions d'euros, et vise à créer 5.000 emplois.

Le CIADT a par ailleurs approuvé un programme d'appui aux bassins textiles des Vosges et de l'Aube, à hauteur de respectivement 70 millions et 32 millions d'euros.

Il a également confirmé son souhait qu'un tiers au moins des activités de la nouvelle Agence française pour le développement international des entreprises (CFCE-UBIFRANCE) soit implanté à Marseille qui doit devenir le centre d'expertise et de conseil à l'exportation des PME du sud de la France.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 11:57:28
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Lundi 26 mai 2003

AGRICULTURE

POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE.

 

Les agriculteurs se mobilisent contre Bruxelles
Les paysans descendent aujourd'hui dans les rues de plusieurs villes de province pour s'opposer au projet de réforme de la PAC étudié par l'Union européenne. Ils craignent une forte baisse de leurs revenus.

ALORS que le Conseil des ministres européens de l'Agriculture se réunit aujourd'hui pour examiner le projet de réforme de la Politique agricole commune, les syndicats d'agriculteurs et 55 associations de consommateurs, de protection de l'environnement, appellent à de fortes manifestations en France et à Bruxelles. « Ce n'est pas une opposition de principe à la réforme proposée par le commissaire Fischler. C'est une opposition de survie », précise Jean-Michel Lemetayer, patron de la FNSEA, qui compte mobiliser ses troupes aujourd'hui dans quatre villes : à Laval (Mayenne), Montauban (Tarn-et-Garonne), Saint-Etienne (Loire) et Sierck-les-Bains (Moselle), à la frontière belgo-luxembourgeoise où des agriculteurs européens devraient se joindre aux Français. Cette réforme de la PAC, soutenue par la Grande-Bretagne, comprend deux dispositions majeures. D'une part l'abandon des aides directes aux agriculteurs en fonction de leur production ou du nombre de bêtes, au profit de subventions en proportion de la surface d'exploitation. Objectif : privilégier une agriculture soucieuse de l'environnement aux dépens d'une agriculture productiviste. D'autre part, diminuer les prix d'intervention sur le lait et les céréales et réduire ainsi le prix des produits européens sur les marchés mondiaux. Après dix mois de discussions, le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard, a indiqué aux Jeunes Agriculteurs réunis en congrès la semaine dernière que, puisque « dix pays européens plus l'Allemagne » étaient contre cette réforme, « la balle était maintenant dans le camp de la Commission ».
C rise de surproduction Les agriculteurs redoutent que l'ouverture totale des marchés prônée par la Commission européenne et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'aggrave encore les crises de surproduction pour le porc, la volaille, les fruits et légumes. « Nous nous opposons à cette casse de l'agriculture européenne dont on veut aligner les prix sur le niveau mondial, sans tenir compte des exigences de qualité, de sécurité alimentaire et environnementales que réclament aujourd'hui les consommateurs », clame encore Jean-Michel Lemetayer. Le patron de la FNSEA n'hésite plus à prôner un protectionnisme européen pour l'agriculture : « Contre la mondialisation sauvage, il faut régionaliser les marchés. C'est d'ailleurs la seule façon de protéger les paysans des pays du Sud. » Première bénéficiaire de la PAC, la France est soupçonnée par ses collègues européens de vouloir conserver ses privilèges. Un sommet européen doit se tenir les 11 et 12 juin prochain à Luxembourg. D'ici là, les chances d'aboutir à un compromis paraissent réduites.

Jean Darriulat
Le Parisien , lundi 26 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 11:46:01
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Lundi 26 mai 2003

SUISSE

La Suisse veut faire passer l'âge de la retraite de 65 à

67 ans

A l'instar de nombreux autres pays européens, la Suisse n'est pas épargnée par le vieillissement de sa population et de ses conséquences sur le financement des retraites. Après avoir étudié les résultats d'une série de rapports commandés par le gouvernement sur le sujet, le président suisse et ministre de l'Intérieur du pays, Pascal Couchepin, vient d'émettre plusieurs propositions, qui, déjà suscitent de vives critiques dans l'opinion publique.
La mesure phare du projet suisse : faire passer l'âge de la retraite de 65 ans à 66 ans en 2015 à 67 ans en 2025. La Suisse résoudrait ainsi un tiers du problème de financement des retraites. Pour Pascal Couchetin, l'augmentation de l'espérance de vie rend «légitime» cette mesure. Deuxième proposition annoncée par le président : la réduction des pensions. Enfin, troisième mesure préconisée : une hausse de 2,1 points de la TVA jusqu'en 2025 et 3,6 points en 2040.


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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 10:45:40
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