ECONOMIE par ERIC JL BRETON
+ accueil

+ Derniers messages

+ Faites connaître ce blogue

+ archives



+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
ericjeanloicbreton


+ lectures

Sommaire



+ catégories

ALAIN LAMBERT
APA
BANANE
BRUXELLES
BUDGET
COMMERCE
DOSSIER APA ET EUTHANASIE
ECONOMIE
FILLON
FISCALITE
GIRARDIN
LE RACKET PERMANENT PAR ERIC JL BRETON
LES FONCTIONNAIRES N\'ONT PAS ETE SAGES
LES RETRAITES PAR ERIC JL BRETON
OUTRE-MER
POUVOIR ET VOULOIR SE LOGER
PUBLICITE
RETRAITES
RMI-RMA
SEDECOLASSE
SERVICES PUBLICS
TRAVAIL
TRAVAILLONS EN FRANCE
UN MONDE INACCEPTABLE
VIDEOS
VIVRE MIEUX ET PLUS LONGTEMPS




Un blogue Divers par Mon Blogue.com


Publié le vendredi 23 mai 2003

Vendredi 23 mai 2003

OGM

L'UE se prépare à lever le moratoire sur les semences et produits OGM
LE MONDE | 23.05.03 | 13h25
La traçabilité des transgéniques étant, en principe, garantie par les nouvelles règles d'étiquetage, les Quinze pourraient autoriser les OGM dès octobre. Persiste cependant le problème de la coexistence de différents types de culture et d'une possible "contamination" involontaire.

Bruxelles de notre bureau européen

Le moratoire sur les organismes génétiquement modifiés, adopté en juin 1999 par le Conseil des ministres européens, devrait être bientôt levé, puisque la législation sur leur étiquetage et leur traçabilité est en voie d'adoption définitive. Le Parlement européen statuera sur ces textes en juillet. Les lobbies favorables aux OGM essaient de convaincre les eurodéputés de voter les règlements dans les mêmes termes que le Conseil, co-législateur, pour éviter toute nouvelle navette. S'ils obtiennent gain de cause, ce qui est vraisemblable compte tenu des forces politiques en présence, la législation pourra entrer en vigueur en octobre.

Or l'entrée en vigueur des dispositions permettant aux consommateurs de choisir de manger, ou non, des produits génétiquement modifiés constituait la condition posée par les pays ayant poussé au moratoire à la reprise des autorisations des semences OGM et des produits OGM destinés à l'alimentation.

Aussitôt que le moratoire aura été levé, de nouveaux OGM entreront dans l'Union européenne, en vue d'être semés dans les champs, ou transformés par l'industrie alimentaire : plusieurs demandes d'autorisation ont déjà été instruites par la Commission, qui a demandé à son réseau de laboratoires OGM de mettre au point, par anticipation, des méthodes de détection.

L'industrie agroalimentaire devra signaler la présence d'ingrédients génétiquement modifiés dans l'alimentation humaine, mais aussi dans l'alimentation animale. Elle devra étiqueter les produits obtenus à partir d'OGM, quand bien même ils ne présentent plus de traces d'ADN, telle l'huile raffinée. La Confédération des industries agroalimentaires (CIAA), qui représente 26 000 entreprises et 2,6 millions d'employés, s'est beaucoup battue contre cette mesure, qui avait été réclamée par les associations de consommateurs, pour des raisons d'"éthique".

SEUIL DE 0,9 %

Elle regrette de ne pas avoir été entendue. "Vu que les scientifiques ne peuvent pas détecter d'ADN dans ces produits, la législation nous impose un système de traçabilité qui va produire des tonnes de paperasse et générer des risques de fraude", proteste Jean Martin, président de la CIAA. A titre d'exemple, les bonbons, les chewing-gums, les produits chocolatés, les bières ou les vins qui contiennent du sirop de glucose produit à partir de maïs génétiquement modifié, mais n'en présentant plus de traces, devront faire l'objet d'une traçabilité sur papier, ce que l'industrie juge "impraticable".

Le seuil à partir duquel il faudra signaler la présence de matériel génétiquement modifié a suscité de vifs débats. Certains écologistes proposaient de le fixer à 0,01 %, puisque c'est la limite à partir de laquelle on commence à détecter la présence d'OGM. Les scientifiques du réseau de laboratoires OGM expliquent toutefois qu'un seuil aussi bas ne permet pas de quantifier précisément les OGM : il donne lieu à une marge d'erreur de 50 %. En revanche, le seuil de 0,9 %, réclamé par le Conseil, suscite une marge d'erreur de seulement 20 %. Les entreprises demandaient un seuil d'au moins 2 % ou 3 %. Quant à la Commission, elle proposait 1 %.

Ni les écologistes, ni les industriels n'estiment que les consommateurs seront correctement informés. Certains Verts regrettent que les produits tels que la viande, le lait ou les œufs, obtenus à partir d'animaux nourris aux OGM, ne soient pas étiquetés. La Confédération des industries agroalimentaires, de son côté, trouve "paradoxal" qu'un produit ne présentant plus de traces d'OGM doive être étiqueté, alors qu'un produit contenant 0,8 % d'OGM (soit un peu moins que le seuil obligatoire de 0,9 %) ne doive pas l'être. Certaines organisations comme Greenpeace estiment toutefois que le dispositif en voie d'être retenu sera "le plus rigoureux et le plus complet au monde".

La Commission pensait que le problème des OGM dans l'Union européenne serait réglé une fois que la législation sur l'étiquetage et la traçabilité serait adoptée. Mais une autre question, celle de la coexistence des différents types d'agriculture, a été récemment soulevée par les ministres de l'agriculture des Quinze : quelles dispositions prendre pour s'assurer que les semences génétiquement modifiées ne vont pas contaminer les autres, ont-ils demandé à la Commission, qui n'a pas encore répondu. Le commissaire Franz Fischler, chargé de l'agriculture, a seulement souligné que cette question ne pouvait remettre en cause la levée du moratoire, puisque les semences OGM qui seront cultivées auront été autorisées, donc jugées inoffensives pour la santé. La Commission a organisé une table ronde sur cette question, le 24 avril. Plusieurs organisations de défense de l'environnement - Greenpeace, les Amis de la Terre... - l'ont boycottée, pour protester contre le fait qu'elles n'aient pas été invitées à s'exprimer, et que la réunion n'ait pas traité la principale question que pose cette coexistence : "Qui paiera pour éviter la contamination ?"

Rafaële Rivais

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.05.03
Le débat sur les risques est toujours aussi vif
LE MONDE | 23.05.03 | 13h28
La polémique porte sur les effets des OGM en matière de santé, mais aussi d'écologie et d'agriculture

La controverse sur les cultures transgéniques, sept ans après leur apparition sur les plaines américaines, est plus ouverte que jamais. Le gouvernement des Etats-Unis répète que l'opposition aux OGM n'est pas fondée scientifiquement, tandis que les rapports s'accumulent, émettant des opinions largement contradictoires. L'Académie française des sciences a rendu, en décembre 2002, un rapport concluant à l'absence de risque des produits transgéniques, mais sa crédibilité était affaiblie par le fait que le groupe de travail ne comportait que des partisans des OGM, dont plusieurs liés avec des entreprises du secteur.

A l'inverse, des études comme celles produites par la Soil Association (grande organisation britannique d'agriculture biologique) en 2002 ont une approche très négative du dossier. Il est donc très difficile de trancher. Cependant, si elles n'ont toujours pas de réponse, les questions posées par les OGM se sont clarifiées. Elles ne se réduisent pas à la santé – est-il dangereux de manger des OGM ? –, mais portent aussi sur l'environnement – la dissémination massive des plantes transgéniques peut-elle affecter les écosystèmes ? –, et sur les structures agricoles – les OGM renforcent-ils une agriculture déjà en crise ou l'affaiblissent-elles encore ?

 Santé.

Un des premiers débats portait sur le point de savoir si le gène de résistance aux antibiotiques qu'ils contiennent souvent peuvent se répandre. Cela risquerait d'accroître une résistance déjà importante, c'est-à-dire une perte d'efficacité des antibiotiques, qui est devenu un problème majeur de santé publique. C'est un des rares points où le souci s'estompe dans la mesure où les nouvelles "constructions génétiques" n'intègrent plus de tels gènes.

En revanche, la question de la capacité des OGM à déclencher des allergies reste pendante. "Si on sait d'où vient le gène,dit Sophie Gallotti, de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), il n'y a pas de raison qu'il déclenche plus de phénomène allergique que le croisement d'autres plantes. Mais on ne dispose pas de méthode pour savoir si une protéine quelconque – transgénique ou pas, d'ailleurs – est allergénique."Des experts, comme Denise-Anne Moneret-Vautrin, de l'université de Nancy, recommandent "la mise en place d'une structure d'allergo-vigilance" relative aux OGM.

Par ailleurs, selon Gilles-Eric Seralini, de l'université de Caen, "le point principal et le plus mal connu est que presque tous les OGM commercialisés produisent ou absorbent des pesticides qui pourraient avoir des effets sur la santé de ceux qui ingèrent les aliments. Or on connaît mal l'effet à long terme de ces métabolites".

La question du risque sanitaire reste ainsi ouverte. Les zélateurs des OGM soulignent que les consommateurs américains mangent massivement des aliments transgéniques sans que des maladies aient été constatées. Mais leurs opposants font remarquer qu'en l'absence de suivi épidémiologique spécifique, on ne peut pas tirer de conclusion de cette "exposition massive" aux OGM qui, affirment-ils, pourraient avoir des effets sur le long terme.

Environnement.

Les écologistes craignent que les gènes insérés dans les OGM se transmettent à d'autres plantes, rendant celles-ci résistantes aux herbicides. Cela pourrait favoriser les "bio-invasions", c'est-à-dire la domination par une plante d'un écosystème, entraînant l'appauvrissement de celui-ci. Jusqu'à présent, un tel scénario ne s'est pas produit, même s'il semble qu'au Canada apparaissent des colzas résistants à plusieurs herbicides. "Pour le colza et la betterave, dit Denis Couvet, du Museum d'histoire naturelle, on sait qu'il y a des flux réguliers de gènes entre plantes cultivées et sauvages, et que la diffusion des transgènes pose un vrai problème."

Une solution est d'adopter une distance de sécurité entre un champ transgénique et ses voisins, mais l'ampleur de cette distance reste objet de débat.

L'hybridation entre OGM et plantes sauvages pourrait aussi diminuer la diversité des plantes cultivées. Ce souci est particulièrement grand dans les pays du Sud.

Enjeux socio-économiques

. La diffusion des OGM peut aussi affecter les structures agricoles. En Europe comme aux Etats-Unis, les agriculteurs "biologiques" – un des rares secteurs agricoles prospères et dynamiques – s'opposent fermement aux cultures transgéniques. Ils craignent que les semences OGM contaminent leurs champs, leur faisant ainsi perdre leur appellation de qualité "agriculture biologique".

Plus largement, explique José Bové, "le problème central est qu'il n'y a pas d'OGM sans brevet, et qu'à travers les brevets va se produire la privatisation des plantes, la possibilité pour les firmes de contrôler les semences et toute l'agriculture". "Les OGM ne présentent des avantages que dans le cadre d'une agriculture industrielle et sans paysans", ajoute le porte-parole de la Confédération paysanne. "Il est clair que les brevets et la propriété intellectuelle constituent la question essentielle, confirme Philippe Gracien, du Groupement national interprofessionnel des semences. Mais nous pensons que la coexistence entre plusieurs types d'agriculture est possible – même si c'est plus difficile en Europe où les surfaces sont moins grandes." Mais est-il possible de coexister sans se gêner ? Les OGM soulèvent en fait la question des politiques agricoles nécessaires au XXIe siècle. Un débat, là aussi, loin d'être clos.

H. K.


L'aide au sida liée à l'acceptation des OGM

Le Congrès des Etats-Unis vient d'adopter un texte liant l'aide destinée aux victimes du sida à l'acceptation, par les pays concernés, des aliments transgéniques. Dans la loi sur l'action des Etats-Unis contre le sida, la tuberculose et le paludisme, votée le 21 mai, un chapitre porte sur l'aide nutritionnelle. "Quelques pays expriment des objections à l'assistance alimentaire des Etats-Unis à cause de peurs sur les modifications génétiques et bénignes de ces aliments. (...) Le Congrès estime que l'aide alimentaire des Etats-Unis devrait être acceptée par ces pays."

Cette disposition est interprétée par les Amis de la Terre, qui l'ont mise au jour, comme permettant aux Etats-Unis de faire pression sur les Etats africains pour qu'ils acceptent l'aide alimentaire transgénique.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.05.03
Les scientifiques s'exercent à repérer les transgéniques dans l'alimentation
LE MONDE | 23.05.03 | 13h28

Bruxelles de notre bureau européen

Lorsque les organismes génétiquement modifiés seront couramment utilisés dans l'alimentation, les consommateurs auront-ils l'assurance que les paquets de biscuits ou cannettes de bière qui ne porteront pas la mention "avec OGM", n'en contiendront vraiment pas ? "Nous sommes là pour la leur donner", répond Guy Van den Eede, chef d'unité au centre commun de recherche de la Commission européenne, basé à Ispra, en Italie. Le CCR constitue la tête de pont d'un réseau européen de 46 laboratoires travaillant sur les organismes génétiquement modifiés (RELO), inauguré en décembre 2002 par le commissaire chargé de la recherche, Philippe Busquin. Ce réseau, prévu par la législation communautaire sur l'étiquetage, a pour mission de développer des méthodes homologuées de détection d'OGM.

La mise au point d'une méthode homologuée à l'échelon européen est une condition préalable à la délivrance d'une autorisation de mise sur le marché d'un produit OGM. La législation en cours d'adoption prévoit que ce sont les compagnies qui devront la financer. En attendant, toutefois, c'est le réseau qui a payé la mise au point de cinq méthodes de détection d'OGM dont les dossiers ont été instruits favorablement par la Commission, et pour lesquels l'industrie souhaite obtenir un feu vert, dès la levée du moratoire.

La compagnie qui veut commercialiser un OGM (maïs, colza...) dans l'Union européenne devra envoyer au réseau la "carte d'identité" de cet OGM : morceau de la séquence génétique ajoutée, échantillons, et méthode de détection. Le réseau devra s'assurer que la méthode préconisée par la compagnie est fiable, c'est-à-dire qu'elle s'applique dans les 46 laboratoires, pour toutes les catégories d'aliments. "Nous devrons vérifier que nous pouvons détecter partout la présence de l'OGM à hauteur de 0,9 %, puisque c'est le seuil politique qui semble devoir être retenu", indique M. Van den Eede.

RÉSEAU DE PETITES AMPOULES

Pour ce faire, l'Institut des matériaux et des mesures de référence de Geel, situé en Flandre (Belgique), envoie à tous les correspondants du réseau de petites ampoules contenant des échantillons de la poudre génétiquement modifiée mise au point par la compagnie. Les destinataires doivent en trouver le dosage, en utilisant plusieurs méthodes. "La bonne méthode est celle qui donne le résultat le plus proche de la vérité", indique Hendrik Emons, chef d'unité à l'institut de Geel : "Pour un dosage de 1 %, par exemple, c'est celle qui permet de trouver des résultats variant de 0,8 à 1,2 %."

Les scientifiques continueront d'avoir des difficultés avec les OGM non autorisés dans l'Union européenne, dont la présence ne devrait être tolérée qu'à hauteur de 0,5 %. Ils pourront certes détecter cette présence, mais pas identifier l'OGM, faute de disposer de sa "carte d'identité". "Le consommateur ne doit pas s'inquiéter pour autant", affirme M. Emons : "Nous pourrons assurer qu'il s'agit d'un OGM non autorisé, précisément parce que nous ne le connaîtrons pas."

R. Rs

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.05.03
Querelle euro-américaine sur les vices et vertus des produits transgéniques face aux crises alimentaires en Afrique
LE MONDE | 23.05.03 | 13h28

Une semaine après le dépôt d'une plainte américaine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la politique européenne sur les produits transgéniques, George Bush a haussé le ton en accusant l'Europe de favoriser la faim en Afrique. "Nous pouvons grandement réduire le problème à long terme de la faim en Afrique en appliquant les derniers développements de la science. J'ai lancé une initiative pour mettre un terme à la faim en Afrique, a déclaré M. Bush, mercredi 21 mai à New London (Connecticut). Mais nos partenaires européens entravent cet effort. Ils ont bloqué toutes les nouvelles cultures biotechnologiques au nom de peurs infondées et non scientifiques. Cela a entraîné que de nombreuses nations africaines évitent d'investir dans les biotechnologies, par peur de voir leurs produits refusés sur le marché européen. Les gouvernements européens devraient se joindre – et non l'empêcher – à la grande cause de la disparition de la faim en Afrique."

Le président amplifie ainsi les attaques de son représentant au commerce, Robert Zoellick, qui qualifiait, en janvier dans le Wall Street Journal, d'"immorale" l'attitude des Européens qui "poussent l'Afrique à refuser d'accepter l'aide alimentaire américaine alors même que des millions d'habitants y sont mal nourris ou meurent de faim". Quelques jours plus tard, dans le même journal, Pascal Lamy, commissaire européen au commerce, et cinq autres commissaires répondaient sur le même ton en accusant les autorités américaines d'utiliser la crise alimentaire africaine "pour faire avancer le dossier transgénique ou pour cultiver des plantes transgéniques pour l'exportation", – " ce qui est, là, immoral".

Ce faisant, la Commission européenne reprend l'argument des associations opposées aux OGM, tels les Amis de la Terre, pour qui "les Etats-Unis ont essayé d'utiliser le programme d'aide alimentaire pour se débarrasser de maïs transgéniques refusés ailleurs". Le débat renvoie aussi à l'utilisation de l'aide alimentaire pour subventionner les exportations agricoles américaines.

GRAINES MOULUES

La question s'est posée avec acuité pendant l'été 2002, lorsque plusieurs pays d'Afrique australe ont été frappés par une disette provoquée par des sécheresses répétées et, au Zimbabwe, par de mauvaises politiques agricoles. En juin, le Zimbabwe, suivi par ses voisins, refusait l'aide alimentaire américaine, au motif que du maïs transgénique s'y trouvait. Après un vif débat, la solution a été trouvée dans l'acceptation des céréales, à condition qu'elles soient moulues. Seule la Zambie restait ferme dans son opposition totale aux OGM.

Les pays africains redoutaient notamment que les graines de maïs importé soient replantées par les cultivateurs locaux, ce qui aurait pu conduire à une contamination des variétés locales par les OGM, comme cela s'est produit en 2001 au Mexique. Les Etats-Unis demandaient à l'Europe d'assurer aux pays africains que les aliments transgéniques étaient sûrs. L'Union répondait qu'"il n'y avait pas de raison de croire que la nourriture OGM était intrinsèquement nocive pour la santé. Cependant, les pays en développement ont le droit légitime de choisir leur niveau de protection".

En fait, la question de savoir si l'aide alimentaire et la biotechnologie sont les meilleurs moyens d'aider les pays africains à l'agriculture rudimentaire et fragile est tout sauf simple à résoudre. "Les OGM sont à l'opposé de la façon dont on pratique l'agriculture chez nous, explique Mwananyanda Lewanika, directeur de l'Institut national zambien de la recherche (NISIR). Le futur de notre agriculture réside dans l'amélioration des circuits de commercialisation, dans l'assistance aux petits paysans, notamment sous forme de garantie de prix, dans la possibilité de bénéficier d'engrais."

Par ailleurs, le don d'aliments, censé soulager les crises alimentaires, est largement critiqué, du fait qu'il déstabilise les marchés locaux en abaissant brutalement les prix, fragilisant de ce fait les paysans. Pour cette raison, depuis 1996, l'Union européenne a modifié sa politique, apportant l'aide alimentaire essentiellement sous forme d'argent, qui sert à acheter les aliments nécessaires sur les marchés des régions concernées. Les Quinze reprochent aux Etats-Unis d'utiliser les dons alimentaires – de l'ordre de 2 milliards de dollars par an – pour aider ses exportations agricoles. La mise en cause de cette subvention cachée a d'ailleurs été intégrée par l'Union dans le cycle des négociations sur l'agriculture à l'OMC comme "un instrument commercial pour se débarrasser d'excédents". La question fait partie des sujets de discussion et, sur ce dossier, les Etats-Unis se retrouvent sur le banc des accusés.

Hervé Kempf

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.05.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 12:31:22
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

CALIFORNIE


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 94

Déficit
La californie dans le rouge

Hélène Vissière

Pour faire face à la terrible crise qui touche l'Etat de la côte ouest, son gouverneur envisage d'augmenter toutes les taxes. Victimes : le social et les automobilistes.

Dans les rues de San Francisco, les agents de la circulation sont sur les dents. Ils ont reçu l'ordre, en un mois et demi, d'augmenter de 40 000 le nombre de contraventions, soit 800 PV supplémentaires par jour. Une trouvaille pour renflouer les caisses vides de la Californie. Cet Etat, avec une économie d'une taille équivalente à celle de la France, affiche un déficit budgétaire record, de l'ordre de 38 milliards de dollars pour l'année fiscale qui s'achève en juillet. La Californie, si elle est la plus mal en point, n'est pas la seule à être dans le rouge. Sur les 50 Etats, 47 souffrent d'une crise fiscale quasi sans précédent.

Prisons épargnées

Cela s'explique par le ralentissement économique qui a réduit les recettes fiscales. En Californie, depuis l'explosion de la bulle technologique, l'activité stagne, et les revenus des impôts sur le capital et les sociétés se sont effondrés. Dans le même temps, le nombre de chômeurs a augmenté, gonflant les dépenses d'aide sociale. A cela s'est ajouté depuis le 11 septembre 2001 l'énorme coût des plans antiterrorisme. Le gouverneur démocrate Gray Davis a donc concocté un budget de crise qui doit être approuvé en juin. Outre une émission d'obligations de 10,7 milliards de dollars, il prévoit un arsenal d'impôts : hausse de la taxe à la consommation, du prix des contraventions, augmentation de la vignette auto de 70 %, soit la bagatelle de 100 dollars supplémentaires en moyenne par conducteur ! Il comprend surtout 19 milliards de dollars de coupes claires. Une catastrophe sur le plan social, s'alarment ses adversaires, puisque, aux Etats-Unis, les Etats financent tout, des orphelinats aux institutions psychiatriques en passant par les écoles, qui risquent de devoir licencier des milliers d'enseignants. L'université de Californie a annoncé une augmentation de 25 % des frais d'inscription. Autre secteur menacé, la santé. Quelque 200 000 personnes parmi les plus défavorisées risquent de perdre leur couverture sociale. Seul le budget des prisons a été épargné, sans doute parce que l'administration pénitentiaire est l'un des bailleurs de fonds de Davis

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Bourse et marché des changes; Taxes et impôts
Taille : Court, 273 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160109401


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 12:20:44
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

PUBLICITE


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 92

Pub comparative
L'électrochoc

Matthieu Riberry

Banale aux Etats-Unis, jugée audacieuse en France, la publicité comparative est une nouvelle arme aux mains des publicitaires. L'objectif : casser les habitudes d'achat des consommateurs et bousculer le leader du secteur. « C'est typiquement l'arme du challenger », estime Jacques Bille, délégué général de l'Association des agences conseils en communication (AACC). L'opérateur téléphonique Télé2 et plus récemment Vico (agroalimentaire) ont utilisé cet outil face aux leaders de leur marché, respectivement France Télécom et Mousline (Nestlé). Et ça marche. « Les ventes ont doublé depuis le 1er février », a déclaré Wolfgang Pschenny, directeur général de Vico, au magazine Stratégies. De son côté, Télé2 affirme que les incidences sont positives, mais ne souhaite pas communiquer de chiffres.

La publicité comparative est autorisée en France depuis août 2001. Cet outil marketing risque-t-il de s'imposer dans les années à venir ? Certainement dans des secteurs tels que l'alimentation et les services. L'achat est en effet conditionné par des éléments rationnels comme le prix, le temps (pour les transports) ou la composition des produits. Pourtant, une marque ne peut se cantonner à la seule publicité comparative. Passé le stade de l'électrochoc, il faut savoir fidéliser sa clientèle. « Ça commence à la télé, mais ça peut finir devant les tribunaux », prévient Gilles Masson, vice-président de Publicis Conseil. La loi le rappelle : comparer, mais pas dénigrer

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Bourse et marché des changes; Commerce électronique
Taille : Court, 171 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160109202


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 12:18:59
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

DEPENSES PUBLIQUES


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 80

Dépenses publiques
Comment arrêter le grand gaspillage

Serge Florentin; Anne-Sophie Jarrige

Depuis des décennies, les dépenses ne cessent d'augmenter. Aucun gouvernement n'a osé s'attaquer au problème. Pourtant, il y a mille et une façons de faire la chasse au gaspi. Jean-Pierre Raffarin s'y attaque dès à présent pour 2004. Après les retraites, le chantier n'est-il pas trop sensible ?

«La France a choisi de mener une politique budgétaire responsable » (Jacques Chirac, le 21 mars).

« Il ne sera pas dépensé 1 euro de plus que ce qui a été autorisé par le Parlement » (Alain Lambert, le 8 avril).

« Je souhaite que chaque ministre prépare un plan d'économies qui nous permettra de financer nos priorités et de continuer le mouvement de baisse des impôts et des charges au service de la croissance de l'emploi » (Jean-Pierre Raffarin, le 5 mai).

On se pince pour y croire. Jamais, dans l'histoire récente, un gouvernement n'avait proposé aussi nettement de casser enfin la vague toujours montante des dépenses publiques. Rien, bien sûr, ne dit que ces belles intentions seront suivies d'effet. Mais, dans un pays qui idolâtre l'Etat, ces intentions-là comptent. Et pour 2004 le ton est donné : les dépenses publiques seront gelées. Le taux zéro ? Une première pour la France !

La France, lanterne rouge

Il faut dire qu'il y a urgence. « Nos dépenses publiques représentent aujourd'hui 6 points de PIB de plus que chez nos voisins européens. Et 12 points de plus que la moyenne de l'OCDE », reconnaît Alain Lambert, le ministre du Budget. Soit l'équivalent de la CSG et de la taxe d'habitation réunies. Une fois et demie l'impôt sur le revenu acquitté par les Français !

Or la France n'a plus d'excuses. Même les pays scandinaves, qui, pendant longtemps, ont été les plus dépensiers, ont réussi à inverser la tendance. La Suède et le Danemark sont encore un peu plus cigales que la France (55,5 et 54,9 % du PIB, contre 53,4 %), mais, s'ils ne relâchent pas leurs efforts de rigueur, cela ne va pas durer (voir tableau). Sans que l'on puisse dire pour autant que leur Etat providence a été démantelé. De l'autre côté de l'Atlantique, le Canada a effectué un rétablissement spectaculaire. Pourquoi la France ne pourrait-elle pas en faire autant ?

« Les socialistes nous ont laissé 30 milliards d'euros d'arriérés », plaide Gilles Carrez, le rapporteur UMP du budget à l'Assemblée nationale. Selon lui, la prime de Noël versée aux chômeurs n'aurait jamais été inscrite au budget depuis 2000. Et les crédits pour le RMI, la CMU ou la nouvelle aide personnalisée d'autonomie (Apa) ont été largement sous-évalués.

Alors, Jean-Pierre Raffarin fera-t-il ce qu'il a dit ? Jusqu'ici, en tout cas, sauf en paroles, il n'a guère fait preuve d'une rigueur démonstrative. Politique oblige, il a augmenté les crédits de la Défense, de la Justice et de l'Intérieur. Soit. Mais il a tout donné sans contrepartie. A la Justice, on n'a pas touché à la carte des tribunaux définie avant même la Révolution et totalement dépassée. A l'Intérieur et à la Défense, il n'a même pas relevé que, tout confondu (police, CRS, gendarmerie), la France est déjà le pays le plus « fliqué » d'Europe. Plus généralement, 2002, pour la politique Raffarin, a été une année catastrophique : selon la Cour des comptes, la dépense publique a augmenté de 4,3 %, contre 2,4 % en moyenne annuelle sur la période 1988-2002. En 2003, les budgets civils ont dérivé de 2,1 % et celui de la Défense de 6,1 % ! Sans compter que les dérapages les plus préoccupants concernent les dépenses de santé (7 % l'an). Le docteur Mattei semble impuissant devant la maladie de la Sécu, qui est partie pour enregistrer un déficit record (9,5 milliards d'euros !). « Dans ce domaine, plus personne n'est responsable de rien, s'emporte Yves Cannac, président de l'Observatoire de la dépense publique. A prestations égales, l'hôpital est aujourd'hui 25 % plus cher qu'une clinique privée. » Mais comment revoir la carte hospitalière, supprimer les établissements inutiles quand le président de l'hôpital est aussi le maire de la commune concernée ?

L'Etat au régime minceur

Question de culture, dira-t-on... « Tant qu'un ministre tirera plus facilement gloire d'avoir arraché une forte augmentation de crédits que d'avoir réduit un budget et réalisé des économies, rien ne changera », se désole Yves Cannac. Or les choses sont difficiles à faire bouger. Dans le budget de la nation, le service de la dette, les traitements et les retraites des fonctionnaires (on parle des services votés) atteignent 90 % des crédits. La marge de manoeuvre est donc réduite. Sans compter que les décideurs ne sont pas responsabilisés et que les puissants syndicats du public (on les a vus à l'oeuvre le 13 mai !) résistent aux réformes, faisant notamment obstacle à une informatisation plus poussée des administrations. Personne n'a oublié les mésaventures de Christian Sautter, présomptueux ministre des Finances qui voulait réinventer Bercy et a dû se retirer. « On ne peut même pas chiffrer les économies que nous pourrions faire, confie Patrick Devedjian, ministre délégué aux Libertés locales. Le seul fait de demander des renseignements est perçu comme une menace par l'administration. Quand ce n'est pas le point de départ d'une grève préventive ! »

La chasse au gaspi n'est pas un sport facile, car elle heurte trop de monde et trop d'habitudes. Le gouvernement Raffarin déclare pourtant ne pas renoncer : la saison 2004 est ouverte. Le Premier ministre s'est d'ailleurs mis lui-même dans une seringue. En affirmant régulièrement contre vents et marées qu'il continuera à baisser l'impôt sur le revenu et qu'il n'augmentera pas la CSG, il s'oblige à contenir les dépenses. A moins de laisser filer complètement des déficits déjà trop lourds (3,1 % du PIB en 2002, de 3,4 à 3,6 % en 2003), alors que Paris est placé sous haute surveillance par Bruxelles.

Touche par touche, subrepticement, l'Etat se met donc au régime minceur. Le ministère de l'Intérieur a ainsi annoncé son intention de confier à l'extérieur la maintenance de ses voitures de service. La Défense cherche à concéder la gestion des 40 000 logements de gendarmes à une structure privée ou parapublique. A l'Agriculture, Hervé Gaymard propose de refondre la douzaine d'offices agricoles en trois grands pôles (animal, végétal, cultures spécialisées). Les Finances vont confier au privé l'immatriculation des poids lourds, gèlent les crédits des directions des Impôts et de la Comptabilité nationale jusqu'à 2005, s'attaquent à un service de communication pléthorique (200 personnes). La Banque de France - institution conservatrice s'il en est ! - détricote le maillage de ses succursales hérité du XIXe siècle et totalement dépassé (elles passent de 211 à 96). Enfin, Jean-Pierre Raffarin a annoncé, le 3 avril, vouloir gérer plus professionnellement les 14 millions de mètres carrés de bureaux de l'Etat, dont 1 million, selon lui, génère des « dépenses inutiles » et devrait être cédé. Au total, 4 milliards d'euros pourraient ainsi être économisés d'ici à 2005.

Maigre butin, dira-t-on, par rapport aux 814,4 milliards d'euros de dépenses des administrations publiques... Mais c'est oublier que les gisements d'économies dans le public sont innombrables, comme le montre notre dossier. Et puis Raffarin possède une arme qui n'est plus secrète : il compte bien ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (économie pour 2004 : 740 millions d'euros). Mais pour que ce mouvement se poursuive, il faut que les fonctionnaires, à défaut d'adhérer aux réformes, ne se rebellent pas. On mesure ainsi l'importance que peut avoir l'issue de la bataille actuelle sur les retraites. D'une certaine manière, en effet, elle conditionne aussi la réussite si longtemps rêvée de la modernisation de l'Etat

Encadré(s) :

« On vous rappellera »

Avez-vous déjà essayé d'obtenir des informations sur l'administration française ? Si vous n'êtes pas journaliste, ce n'est même pas la peine d'essayer ; mais, si vous l'êtes, vous ne serez pas plus avancé ! Muni du « Bottin administratif » 2003, nous avons tenté de contacter une quarantaine de bureaux, instituts et commissions en tout genre chargés aussi bien de métrologie, de villes et villages fleuris que de phares et balises... Seuls sept d'entre eux ont accepté de nous répondre. Des réponses, cela dit, des plus évasives. Surtout quand on aborde les questions de budget et de salaires. Comme par hasard, le responsable est en vacances, parti déjeuner ou en réunion. « On vous rappellera... » Un bon point tout de même à la Commission pour la transparence financière de la vie politique, qui seule dans notre petit panel a joué le jeu Anthony Quindroit Anthony Quindroit

Illustration(s) :

[Image,tableau]

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Administration et finances publiques
Taille : Long, 1012 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108001


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 83

Interview Michel Bouvier*
« La solution est d'abandonner la logique de moyens pour lui substituer une logique de résultats. »

Anne-Sophie Jarrige

LE POINT : Pourquoi la France n'arrive-t-elle pas à réduire ses dépenses publiques ?

MICHEL BOUVIER : Ce n'est pas un problème économique ou financier ni une question de droite ou de gauche. C'est un problème institutionnel. L'Etat est prisonnier de sa grosseur et de ses corporatismes. Prenez l'Education nationale : la Cour des comptes vient de montrer que 96 % de son budget correspond à des dépenses de personnel. Chaque année, ces dépenses croissent sous le seul effet de l'ancienneté. La dérive est donc sans fin.

LE POINT : L'exemple de la Suède ou de la Grande-Bretagne montre pourtant qu'il y a une solution...

MICHEL BOUVIER : Tous les pays qui ont réussi à maîtriser leurs dépenses publiques, que ce soit le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni ou l'Espagne, se sont inspirés des méthodes de gestion en vigueur dans l'entreprise. Elle est là, la solution : abandonner la logique de moyens qui se borne à l'attribution de crédits, comme c'est la tradition en France, et lui substituer une logique de résultats. Les collectivités locales se sont déjà engagées dans cette voie.

LE POINT : L'Etat pourrait donc en faire autant ?

MICHEL BOUVIER : C'est l'objectif que s'est fixé la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances, la LOLF. D'ici à 2006, cette loi supprimera les services votés, ces fameuses dépenses qui, chaque année, sont reconduites systématiquement. C'est une première. Aucun Premier ministre n'avait jusqu'ici osé s'y attaquer. Elle va également introduire un management par la performance. Les administrations devront désormais rendre des comptes. Elles seront responsables de leur gestion financière et humaine.

LE POINT : Cela ne va pas aller sans poser quelques problèmes...

MICHEL BOUVIER : Certes. Cela implique un changement complet de mentalité dans la fonction publique, et ça, ce n'est pas gagné ! Les gens ne vont pas vouloir être jugés sur des résultats sans être gratifiés. Il va donc falloir trouver un moyen de les motiver. En bout de course, c'est le statut de la fonction publique qui est en ligne de mire. Or il ne s'agit pas de détruire la machine. Globalement, elle marche plutôt bien. Il faut simplement en changer les rouages. Cela implique de communiquer et d'associer les fonctionnaires à la réforme. Car l'enjeu est de taille : si on ne réussit pas la LOLF, on ne réformera pas l'Etat.

LE POINT : Les politiques sont-ils prêts à jouer le jeu ?

MICHEL BOUVIER : C'est aux parlementaires, normalement, qu'il appartient de contrôler le bon emploi des deniers publics. Or il faut bien reconnaître que les finances publiques n'ont jamais été leur tasse de thé. C'est par clientélisme qu'ils sont tous dans l'hémicycle au moment de la discussion du budget. Leur intérêt est nettement moins grand au moment du contrôle de l'exécution du budget ! Là encore, il va falloir que les mentalités changent

Note(s) :

* Directeur du Groupement européen de recherches en finances publiques (le Gerfip) et de la Revue française de finances publiques, professeur à l'université Paris-I

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Administration et finances publiques; Lois et règlements; Parlement, commissions et comités
Taille : Moyen, 362 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108301


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 84

Dépenses publiques : Bercy
L'exemple à ne pas suivre

Serge Florentin

Le ministère de l'Economie et des Finances demande aux autres administrations de se serrer la ceinture pour réduire leurs dépenses et juguler les déficits publics. On attendrait qu'il fasse de même ! Pourtant, le maître mérite presque un zéro pointé... Un exemple anodin parmi des dizaines ? Un ancien directeur du ministère déplore l'abandon de « toutes ces voitures de fonction, d'antiques R21 ou R25 qui dorment sur des parkings, entretenues à l'année aux frais du contribuable, pour rien. Pendant que les hauts fonctionnaires préfèrent utiliser leurs propres véhicules, plus rutilants »... Par souci d'économies ? Pas du tout ! L'objectif est de recevoir une lucrative indemnité kilométrique de déplacement. Nicolas Lecaussin, qui enquête sur les gaspillages de l'Etat pour l'Ifrap (Institut français de recherche sur les administrations publiques), n'est pas étonné par cette gabegie. A propos des traitements, il relève qu'il est impossible de connaître le montant précis des primes (30 % de la rémunération en moyenne à Bercy, contre 17 % dans les autres administrations). Et pour cause : « Elles ne figurent pas dans le budget ! » Voilà longtemps que la Cour des comptes dénonce le maquis invraisemblable des salaires au ministère des Finances. Et de s'étonner, dans son rapport 2002, des « surindiciations occultes » dont auraient bénéficié des chefs de service dans le but de grossir leur pension de retraite. Ou du système des « allocations de maintien de rémunération » qui permet de maintenir à l'identique le niveau de traitement des hauts fonctionnaires que Bercy a mis sur la touche.

Une belle pagaille qui n'a de comparable que la gestion des carrières, source de blocages et de sureffectifs. « Au ministère, on ne sait plus quoi faire de toute une masse de sous-directeurs qui ont vite gravi les échelons, confie un ancien directeur passé au privé. On arrive à une hiérarchie délirante, car il faut créer des postes de fin de carrière pour tous ces gens. Du coup, on maintient de nombreux postes très bien payés de conservateurs des hypothèques ou de receveurs. » De vrais « fromages ».

A la base, dans les trésoreries et les centres des impôts, l'opacité est aussi la règle. Priorité : la défense de l'emploi. « Les agents savent que, s'ils acceptent une réduction de leur nombre, ils risquent de subir des pressions pour être plus productifs », analyse l'ancien directeur de Bercy. Leur souhait : déménager. « La plupart des agents de la région parisienne, poursuit-il, sont des provinciaux qui rêvent de rentrer dans leur région d'origine. Supprimez des postes dans le sud, où il existe d'importants sureffectifs, et la grève n'est pas loin ! » Résultat, il y a sur notre territoire 3 800 trésoreries, presque autant que de bureaux de poste ! S'y ajoutent 850 centres des impôts et le même nombre de recettes des impôts. « Rien que dans les trésoreries, estime un autre ancien haut fonctionnaire, il serait possible de supprimer immédiatement 10 000 emplois sur les 40 000 existants. »

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Administration et finances publiques
Taille : Moyen, 363 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108401


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 84

Dépenses publiques : Éducation
Les profs ne savent pas compter

Marie-Sandrine Sgherri

Les crédits du ministère de l'Education nationale (60 milliards d'euros en 2002) n'ont cessé d'augmenter durant ces vingt dernières années, alors même que durant cette période 550 000 élèves ont disparu. Ces efforts financiers ont donc essentiellement servi à revaloriser les salaires des enseignants et à abaisser le nombre d'élèves par classe (de 4 ou 5 élèves dans le primaire et de 2 élèves dans le secondaire). Les résultats sont-ils meilleurs pour autant ? Rien n'est moins sûr, d'après la Cour des comptes, qui, dans un récent rapport, passe au crible la gestion du système éducatif. Selon ce rapport, aucune étude ne démontre que des classes moins nombreuses améliorent les performances des élèves. La cour émet aussi de sérieux doutes sur la politique des zones d'éducation prioritaire (ZEP), qui a progressivement été vidée de son sens. Pour attirer puis fixer les enseignants dans ces zones difficiles, une prime mensuelle d'une centaine d'euros leur est versée. Très bien, sauf qu'il devient impossible de « déclasser » un établissement. Résultat : le nombre de ZEP ne cesse de croître et l'on épuise les ressources budgétaires sans efforts vraiment marqués. Le nombre d'élèves par classe dans les ZEP n'est, au total, inférieur que de 1,7 à la moyenne nationale.

Et ce n'est pas tout. Calculette en main, un haut fonctionnaire chargé du personnel enseignant montre que la diminution d'une heure de service, principale revendication des 400 000 profs du second degré, coûterait 400 millions d'euros. Mieux vaut donc des mesures ciblées, autrement dit dérivées des expériences du « terrain ». A condition de former les directeurs d'établissement à de telles responsabilités. La Cour des comptes relève ainsi que les crédits alloués aux lycées et collèges pour financer leurs dépenses pédagogiques, soit 220 millions d'euros, ne sont utilisés que pour moitié. De même, les proviseurs n'ont pas le pouvoir d'imposer aux enseignants de remplacer un collègue absent ou de faire un complément de service dans une discipline voisine. Du coup, la Cour constate que les enseignants qui n'accomplissent pas l'intégralité de leur temps de service, mais touchent la totalité de leur salaire, sont de plus en plus nombreux...

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Ministères et ministres
Taille : Court, 281 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108402


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 84

Dépenses publiques : Hôpitaux
L'exode des Corses

Philippe Houdart

Victime d'un accident vasculaire cérébral sur l'île de Beauté en août 2001, l'acteur Jean-Paul Belmondo n'a transité que quelques heures dans une chambre de l'hôpital de Bastia. Ses proches ont préféré le faire admettre au plus vite dans un service parisien. Comme lui, chaque année, de 15 000 à 16 000 résidents corses choisissent une hospitalisation sur le continent. La Corse détient là le record de « fuite de patients ». Pourtant, l'île possède de grands centres hospitaliers, à Bastia et à Ajaccio, qui sont bien équipés (scanner et IRM) et très largement fournis en personnel. Ainsi, les dernières statistiques officielles font apparaître un total de 149 personnels de direction et administratifs à l'hôpital d'Ajaccio, quand la moyenne nationale par établissement s'établit à 63 fonctionnaires. Lucide, la Commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation des fonds publics en Corse concluait que, « fondamentalement, dans tous les services hospitaliers inspectés, l'hôpital est largement considéré comme étant au service de l'emploi et de l'économie de l'île ». Un rapport diligenté en 1998 par l'Igas constatait déjà que « le secteur public de la santé est malade en Corse ». Et de noter « un taux d'absentéisme du personnel de 10,84 % à l'hôpital de Bastia, soit l'équivalent de 107 agents absents en permanence ». Pas étonnant, dans ces conditions, que l'activité chirurgicale soit particulièrement faible. En 2002, 2 524 personnes ont été hospitalisées en chirurgie à Bastia, quand la moyenne nationale était près du double, avec 3 926 malades. Une situation délétère largement connue des autorités et préjudiciable aux malades, qui ne semblent pas être la priorité du dispositif sanitaire corse. Un dispositif qui se cherche toujours une tête. Le directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation corse, Pierre Cardona, muté en 1998 en Guyane, n'a toujours pas été remplacé. C'est son collègue de la région Paca qui assure l'intérim... depuis cinq ans

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Maladies, traitement et prévention
Taille : Court, 228 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108403


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 85

Dépenses publiques : Achats
Le Moyen Age

Anne-Sophie Jarrige

L'Union des groupements d'achats publics (Ugap) a les moyens : 842 salariés, dont 400 commerciaux, 31 implantations locales, 20 000 mètres carrés d'entrepôts, 61 millions d'euros de budget. Créée en 1968, cette centrale d'achats est censée fournir à l'Etat et aux collectivités locales qui le désirent l'équipement et les services dont ils ont besoin : camions de pompiers, tables, chaises, lits médicalisés pour les hôpitaux, voitures de fonction...

Problème : depuis que l'Inspection générale des finances l'a épinglée pour favoritisme et passation irrégulière de marchés, l'Ugap, déconsidérée, ne représente plus que 3 à 5 % de la commande publique. Son chiffre d'affaires, de 1,2 milliard d'euros en 1997, avoisine désormais les 507 millions d'euros. Et, avec 747 commandes passées depuis l'automne 2001, la centrale peine à couvrir ses frais de fonctionnement. « Nous offrons pourtant bien des avantages, assure Loïc Hislaire, directeur de la communication. En faisant appel à nous, les collectivités se dispensent des procédures d'appels d'offres et nous leur proposons des tarifs avantageux. »

Avantageux ? Voire. « Les prix des voitures de service sont nettement moins intéressants que ceux que l'on peut négocier auprès de certains fournisseurs locaux ! » confient plusieurs responsables de services déconcentrés. Un coup d'oeil au catalogue montre effectivement que nombre de produits vendus par l'Ugap sont plus chers que chez Darty ou à la Fnac. « C'est un mauvais procès qui nous est fait, se défend Loïc Hislaire. Si davantage de collectivités nous confiaient leurs commandes, nous aurions des prix plus compétitifs. »

Alain Lambert, le ministre du Budget, lorgne sur l'Italie. Rome a en effet entrepris de rationaliser ses achats publics. Une seule société, la Consip, centralise les commandes. Gommes et crayons, mais aussi services (restauration, offre de carburant...) sont soumis à des enchères inversées privilégiant le moins-disant.

Résultat : le prix des achats a baissé, en moyenne, de 28,5 % (avec des pointes jusqu'à 75 % sur les mobiles) et 7,5 milliards d'euros d'économies sont prévus pour la période 2003-2006. De quoi donner des idées à Bercy

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Commerce électronique; Concurrence
Taille : Court, 258 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108501


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 85

Dépenses publiques : Télévision
Des ambitions déchaînées

Emmanuel Berretta

Al'heure où l'on s'apprête à lancer une « CNN française », les deniers publics consacrés à ce qu'il est convenu d'appeler l'audiovisuel extérieur connaissent une croissance sans précédent. L'effort actuel peut sembler déjà important : au total, 223 millions d'euros (en 2001), selon la Cour des comptes, répartis entre plusieurs stations de radios (RFI, RMC Moyen-Orient, Medi 1) et diverses télévisions, dont TV5, CFI, Euronews, etc. L'essentiel des fonds provient de dotations du Quai d'Orsay.

Difficile d'y voir clair tant cet audiovisuel extérieur est éparpillé entre diverses chaînes et stations dont la stratégie a connu, au fil de la décennie 90, bien des à-coups. Devant cet imbroglio, l'Etat a démissionné. La Cour relève notamment que, depuis 1995, « le Conseil de l'action audiovisuelle extérieure de la France, instance normale de coordination et d'arbitrage dans ce domaine, ne s'est plus réuni ».

Les sages de la rue Cambon concentrent leurs critiques sur l'envolée des coûts d'exploitation qui « n'ont pas été maîtrisés » (multipliés par deux en euros constants depuis 1990) et déplorent que les résultats d'audience restent faibles au regard des moyens consentis. Faibles... pour autant qu'on puisse les mesurer.

Malgré tout, l'effort - trop tardif - de restructuration porte quelques fruits : TV5, grâce à son sous-titrage en huit langues (anglais, arabe, espagnol, allemand, portugais, danois, suédois, français), a réussi une percée : 12 millions de téléspectateurs en Europe regardent la chaîne chaque jour. En Argentine, ils sont 450 000, à égalité avec CNN, mais deux fois plus que la BBC. Au Liban, ils sont 220 000, deux fois plus que CNN et trois fois plus que la BBC. Aux Etats-Unis, 164 000 foyers abonnés au câble paient désormais 4 à 10 dollars pour recevoir la chaîne. Ce redressement se poursuivra-t-il ? Pas sûr, car la CNN à la française, prévue pour 2004, va sans doute obliger à revoir toutes les cartes

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Internet, technologies de l'information et multimédia
Taille : Court, 245 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108502


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 86

Dépenses publiques : Quai d'Orsay
Des diplomates en or

Etienne Gernelle

La France, combien de divisions ? Paris compte 268 représentations diplomatiques (ambassades, consulats et représentations auprès d'organisations multilatérales). Il s'agit du deuxième réseau diplomatique au monde après les Etats-Unis (294), mais devant le Royaume-Uni (224) et l'Allemagne (211).

Dispendieuse, la diplomatie ? On lui reproche surtout le niveau de rémunération des agents en poste à l'étranger. Un policier qui garde l'ambassade en Ouzbékistan, par exemple, peut parfaitement tripler son revenu, toutes primes comprises. La Cour des comptes a récemment critiqué le Quai d'Orsay pour sa gestion des indemnités de résidence, jugée opaque et parfois irrégulière. Le ministère, qui a commandé un audit des rémunérations de ses agents, répond en affirmant que les diplomates des autres pays européens sont mieux traités...

Xavier Driencourt, directeur des affaires financières et budgétaires du Quai d'Orsay, défend la vertu de son ministère : « A périmètre égal, c'est- à-dire avec le ministère de la Coopération, qui a été incorporé, notre budget n'a augmenté que de 0,6 % depuis 1992, contre une hausse de 25,6 % pour le budget de l'Etat. Et dans cette période notre effectif a baissé de 1 200 emplois ! » Mais le Quai d'Orsay ne représente que 46 % de l'action internationale de la France. En effet, les ministères de la Défense, des Finances (missions économiques), de la Culture et même de l'Equipement et des Affaires sociales ont des antennes à l'étranger. En 1993, Alain Juppé avait créé un Comité interministériel des moyens de l'Etat à l'étranger censé rationaliser cette cohorte. Touchant, sans doute, à trop de prés carrés, cette commission a été délaissée à partir de 1997...

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Politique extérieure et relations internationales
Taille : Court, 195 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108602


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 86

Dépenses publiques : ANPE
Des clients mécontents

Anne-Sophie Jarrige

1,4 milliard de francs de budget en 1986, 6 milliards en 1994, 11,7 milliards aujourd'hui, soit exactement 1,78 milliard d'euros : en dix-sept ans, l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) a multiplié son budget par huit, doublé ses effectifs, tandis que, durant cette période, le chômage a diminué.

Est-on sûr, au moins, que cette manne est bien utilisée ? Pas vraiment, disait déjà en substance la Cour des comptes dans son rapport publié en janvier 2001. A l'époque, les magistrats s'offusquaient d'une mobilisation des moyens « peu optimale », de la « rigidité grandissante » de la gestion du personnel (qui représente 49 % du budget) et, d'une manière générale, de résultats « pas toujours à la mesure des espoirs entretenus ».

Deux ans plus tard, rien n'a changé. Avec ses 22 665 agents et ses 1 100 implantations sur le territoire national, l'ANPE reste à bien des égards un poids lourd difficile à manoeuvrer. En dépit de sa position de monopole, elle ne respecte qu'in extremis l'objectif du contrat de progrès 1999-2003, prévoyant une part de marché de 40 % pour la collecte des offres d'emplois. En 2000, période de créations massives d'emploi, elle n'en obtenait que 36,7 %. Pis, selon l'Insee, seules 7,4 % des personnes embauchées en France le seraient grâce à l'ANPE. « Et encore, si l'on enlève tous les contrats de courte durée, on est plus proche des 2 % », accuse l'Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (Ifrap).

« Nous ne nous débrouillons pas si mal, plaide malgré tout l'Agence. D'autant que nous n'avons en France qu'un agent pour 95 chômeurs, contre 69 en Allemagne et 50 au Royaume-Uni. » Et de citer les 3,1 millions d'offres d'emploi recueillies en 2002, le 1,8 million de prestations offertes aux demandeurs d'emploi (atelier de recherche d'emploi, formation, etc.) et les 3 500 prestataires mobilisés pour les bilans et les évaluations de compétences. Tant pis si, parallèlement, le taux de radiation des chômeurs ne se présentant plus aux convocations a explosé (+ 60 % en 2002 par rapport à 2001), si le taux d'absentéisme des agents de l'ANPE reste trois fois supérieur à ce qu'il est dans le privé (18,68 %) et si, malgré les 4 650 embauches supplémentaires réalisées depuis 2001, on constate un recours croissant aux sociétés sous-traitantes...

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Chômage
Taille : Court, 270 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108601


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 87

Dépenses publiques :
Tout ça pour ça...

Anne-Sophie Jarrige

Les chaînes parlementaires LCP-AN et Public Sénat disposent de 14,63 millions d'euros de budget pour une audience de... 678 personnes.

La Réunion des musées nationaux perd de l'argent en vendant statues, revues, cartes postales... censées pourtant rentabiliser les expositions. Un comble !

La SNCF, qui bénéficie de 10,5 milliards d'euros de subventions ( !), emploie 175 700 agents qui effectuent presque autant de journées de grève (160 000 en 2002).

La collecte de la redevance télévisuelle mobilise 1 471 emplois budgétaires qui coûtent plus cher que le produit de la taxe elle-même (2,1 milliards d'euros).

La vente des timbres fiscaux rapporte 1 milliard d'euros par an, mais ils coûtent très cher en impression, stockage, comptabilité et surtout en distribution dans les bureaux de tabac. Or seules une centaine de formalités exigent un timbre fiscal.

Le service de gestion de la vignette automobile n'existe plus (sauf pour les véhicules de société), mais 2 000 fonctionnaires sont toujours employés à la collecter !

Le char Leclerc - et le contrat abracadabrantesque avec les Emirats - est le principal responsable des pertes gigantesques de Giat Industries (4 milliards d'euros depuis 1990 !).

Le Conseil national des arts culinaires, association loi 1901 censée promouvoir les arts culinaires et les produits du terroir en France, dispose d'un budget de 1,5 million d'euros dont la moitié passe en frais de fonctionnement.

Les services administratifs de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris emploient 11 200 administratifs pour gérer les 40 hôpitaux et les 90 000 salariés de l'AP-HP. Cela fait 56 administratifs pour 100 lits. Deux fois plus que de médecins à plein temps !

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Subventions et aide gouvernementale
Taille : Court, 197 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108702


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 87

Dépenses publiques : Culture française
La débauche

Héloïse Lhérété

La Grande-Bretagne possède le British Council, l'Allemagne, le Goethe Institut, et les Etats-Unis, l'United States Information Agency. La France sait faire compliqué quand les autres font simple. Le réseau culturel de la France à l'étranger, source d'éternelle fierté, comprend une multitude d'instituts et de centres (SCAC, CCCL, CCC...). Autant de différentes appellations qui correspondent à des différences de statut. Ajoutons à cela le vaste réseau des Alliances françaises, associations de droit local financées pour 25 % par le ministère des Affaires étrangères, les Maisons de France (ministère de l'Equipement), ainsi que les multiples associations subventionnées : l'Association française d'action artistique (Afaa), l'Association pour la diffusion de la pensée française (ADPF), l'Office international de promotion (du livre français), l'Association pour l'enseignement du français à l'étranger (AEFE), Unifrance (pour le cinéma), sans oublier la Francophonie et ses cinq opérateurs.

Tout cela coûte évidemment cher. 1,350 milliard d'euros a été consacré à l'action culturelle extérieure de la France en 2002. Pour quels résultats ? Là encore, la diversité est de mise et « le problème, souligne le sénateur socialiste Yves Dauge, auteur d'un rapport remarqué sur le sujet, vient de ce que cette diversité ne correspond plus aujourd'hui à aucune logique ». Le ministère des Affaires étrangères (82 %), mais aussi les ministères de la Culture, de l'Education nationale et de l'Equipement redistribuent leurs crédits sans réelle cohérence... La dernière tentative, infructueuse, de rationalisation remonte à 1984 ! Résultat : aujourd'hui, les directeurs d'établissement culturel se plaignent de graves difficultés budgétaires. L'explication, selon Yves Dauge : « L'importance des rémunérations des personnels expatriés, et le coût du parc immobilier à l'étranger [10 millions d'euros d'investissements immobiliers en 2002 pour les seuls instituts français]. » Contraintes qui touchent directement l'activité des Alliances françaises : les 11,9 millions d'euros que leur a versés le ministère des Affaires étrangères en 2002 étaient uniquement destinés aux salaires des 270 fonctionnaires qui assurent l'encadrement ! Rien, donc, pour le « rayonnement culturel » de ces structures, dont une centaine, selon la sénatrice socialiste Monique Cerisier-ben Guiga, « fonctionnent en réalité comme des clubs, des cercles d'amitié, sans donner de cours de langue ni faire d'animation culturelle ».

Pour mettre fin à un système lourd et peu cohérent, Jacques Chirac s'est engagé, lors de sa dernière campagne, à créer « un établissement public - une nouvelle agence - pour animer la politique d'échanges culturels et fédérer, à l'image du British Council ou du Goethe Institut, l'ensemble des implantations culturelles françaises à l'étranger ». Patience, donc...

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Politique extérieure et relations internationales; Subventions et aide gouvernementale
Taille : Moyen, 310 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108701


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 88

Dépenses publiques : Dieppe
La croisière s'amuse

Serge Florentin

Quatre heures du matin, le port de Dieppe s'anime : un ferry s'apprête à appareiller en direction de Newhaven, en Grande-Bretagne. A son bord, quelques rares passagers engourdis par le sommeil et surtout des camions qui franchissent la Manche pour emprunter « le plus court chemin » vers l'Angleterre, comme le vante la publicité du Transmanche, l'exploitant du navire. Depuis que la ligne Dieppe-Newhaven a été rouverte, en mai 2001, après plusieurs années d'interruption - l'anglais P&O ayant cessé l'exploitation en janvier 1999 -, le port de la petite sous-préfecture de Seine-Maritime revit, car il n'y avait plus guère que les navires fruitiers pour venir accoster. Les contribuables normands, en revanche, se demandent combien leur coûtera le Transmanche. C'est en effet le département de Seine-Maritime qui, décideur du projet, le finance à 96 % ! Non seulement le conseil général exploite la ligne par l'intermédiaire d'une société d'économie mixte, mais il a aussi acheté le port de Newhaven, en Angleterre, et fait l'acquisition d'un deuxième ferry... le « Dieppe ». Coût total de l'opération : 65 millions d'euros.

Découvrant l'ampleur de ces dépenses, la chambre régionale des comptes s'est étonnée, le département n'ayant pas reçu l'autorisation de l'Etat pour les engager, même si les ministères parisiens étaient parfaitement au courant du projet Transmanche. Pour équilibrer les comptes du Transmanche, il faudrait transporter plus de 8 600 camions par an. On est encore loin du compte. Charles Revet, président du conseil général de Seine-Maritime, se retranche derrière la défense de l'emploi pour justifier l'opération. « Cette ligne est vitale pour Dieppe et l'ensemble du département. De 1 000 à 1 500 emplois directs et indirects en dépendent. » Reste à savoir si le département ne paie pas un peu trop cher... Au vu des investissements déjà réalisés, chacun de ceux générés par le projet ou sauvés coûterait au moins 65 000 euros à la collectivité... Réponse de Charles Revet : « Les contribuables sont aussi des électeurs. S'ils ne sont pas satisfaits de nos choix, les urnes le diront ! »

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Partis politiques
Taille : Court, 236 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108801


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 89

Dépenses publiques : Immobilier
Un « proprio » inconséquent

Serge Florentin

En plein coeur du 6e arrondissement de Paris, le plus cher de la capitale, au détour de la rue de Seine ou du boulevard Saint-Germain, d'insolites administrations occupent parfois de splendides immeubles que des milliardaires seraient prêts à acheter à prix d'or.... Ainsi, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), à deux pas de Sciences po, rue Saint- Guillaume, est installée depuis sa création dans un magnifique hôtel particulier. Un écrin beaucoup trop exigu pour accueillir tous les agents de cette administration chargée de vérifier que le traitement automatisé des fichiers de données personnelles respecte bien la loi. Aussi la CNIL s'est-elle agrandie... Elle a loué deux nouveaux bureaux boulevard Saint-Germain. Au prix des loyers dans le secteur, on peut se demander si les fonctionnaires de la CNIL ne seraient pas tout aussi efficaces dans des locaux moins coûteux d'autres arrondissements de la capitale. Mais la proximité du domicile de certains dirigeants dans le 6e ou le 7e semble freiner l'exode vers les plateaux des tours de la Défense ou les nouveaux immeubles de bureaux du Sud-Est parisien, toujours en attente d'occupants.

Plus provocante encore, l'implantation de la Fédération nationale des offices d'HLM dans un magnifique hôtel particulier du 8e arrondissement, rue Lord-Byron, près de l'Etoile, tranche avec le discours habituel sur le délabrement des cages d'escalier... Une bonne partie du parc immobilier parisien de standing appartient en fait à l'Etat. S'il se décidait à faire déménager les administrations qui l'occupent vers des bureaux plus fonctionnels, d'importantes économies budgétaires pourraient être réalisées. Encore faudrait-il que le service des domaines (plus connu sous le nom de bureau S3 à Bercy), qui a la haute main sur les biens immobiliers de l'Etat, s'intéresse à la question. Dépendant de la tentaculaire DGI (Direction générale des impôts), il n'accomplit pas un réel rôle de gestion. « L'Etat ne tient aucune comptabilité analytique de ses coûts, le service public n'a pas vocation à être rentable », explique un ancien de Bercy. Plus grave, l'Etat se comporte en propriétaire négligent, il ne tient même pas un inventaire précis de ses immeubles. Les parlementaires français qui ont travaillé sur l'amélioration de la gestion de l'Etat placent au premier rang des accusés Réseau ferré de France (RFF), qui « dispose d'un patrimoine immobilier pour une large part non utilisé ». RFF, organisme public qui a récupéré les voies de chemin de fer, les entrepôts et les gares appartenant autrefois à la SNCF, ignore la valeur de son patrimoine foncier. Au fond des campagnes, dans les banlieues, dorment des gisements de recettes publiques qui ne demandent qu'à être exploités...

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Administration et finances publiques; Lois et règlements
Taille : Moyen, 320 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108901


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 89

Dépenses publiques : Météo France
La bureaucratie du ciel

Marc Nexon

«Nous figurons parmi les pays dotés du meilleur service météo au monde. » La France est fière de ses climatologues. Jean-Pierre Beysson, 60 ans, PDG de Météo France, loue volontiers ses équipes, leur « exigence », leur « culture du client », leur « souci de proximité », leur « présence en terre Adélie »... Un service de la République bien huilé. Mais à quel prix ! L'Etat y met les moyens. Un seul exemple : les effectifs. Météo France aligne 3 700 personnes, dont plus d'un millier à Toulouse et 600 dans les départements et territoires d'outre-mer. « On établit des prévisions toutes les heures et sur 500 zones différentes, on a besoin de monde », plaide Jean-Pierre Beysson. Certes ! Au point d'afficher l'organigramme le plus étoffé d'Europe. Car nos voisins, pourtant peu suspects de bâcler leurs bulletins climatiques, travaillent en équipes plus légères : 250 personnes en Suisse, 550 en Suède, 2 700 en Allemagne et même 2 100 en Grande-Bretagne, un pays dont les prévisions font partie des meilleures au monde, de l'aveu même des spécialistes français. La raison d'un tel écart tient en un mot : la productivité. « Depuis les années 50, nous avons divisé par trois nos effectifs », souligne un porte-parole du Met Office britannique. Quant au Wetterdienst allemand, il allège ses troupes de 2 à 3 % par an. Préjudiciable ? Nullement. L'office, situé à Offenbach, parvient comme ses homologues à établir une carte complète des précipitations du pays toutes les quinze minutes.

A l'inverse, Météo France refuse de maigrir. Son corps de fonctionnaires se cramponne à son périmètre inchangé depuis une dizaine d'années. La RTT lui a même permis d'obtenir 75 postes supplémentaires. Et d'établir ainsi la charge hebdomadaire de ses techniciens exploitants entre 30 et 32 heures.

Il y aurait bien des sources d'économies. La plus évidente consiste à élaguer les centres départementaux dont les missions recoupent celles des structures régionales. Des cadres de Météo France plaident pour une telle simplification. Mais ils ont du mal à être entendus. « Des polytechniciens qui ne jurent que par les modèles numériques », grince Pascal Boureau, de la CFDT. « En cas de catastrophe naturelle, il faut bien que la cellule de crise dispose d'un expert météo auprès du préfet », renchérit Jean-Pierre Beysson. Et naturellement, seul l'expert départemental (et non régional !) a la qualification requise...

Une autre piste vise à privilégier les recettes. A ce jour, seulement 15 % du budget (300 millions d'euros) proviennent de prestations commerciales (Minitel, informations auprès des autoroutes, du secteur du BTP...). Un seuil jugé « élevé » par l'opérateur français, mais qui ne progresse plus depuis l'apparition de la concurrence privée (sites Internet, sociétés de conseil...). Et puis aller au-delà supposerait remettre en question le statut public de Météo France. « Voilà pourquoi notre activité commerciale reste assez peu transparente, admet un délégué de Force ouvrière. On vend des produits financés par l'Etat sur un marché concurrentiel, Bruxelles pourrait mettre son nez là-dedans. » C'est le moins qu'on puisse dire

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Informatique; Internet, technologies de l'information et multimédia
Taille : Moyen, 371 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160108902


Le Point, n° 1601
Économie, vendredi 23 mai 2003, p. 90

Dépenses publiques : Tourisme
Clochemerle avant la France

Matthieu Riberry

Rien n'est trop beau pour la promotion du tourisme. Premier exemple : en Seine-Saint-Denis, département qui n'est pas réputé pour son attrait touristique, il existe sept offices de tourisme pour seulement cinq sites d'importance à visiter. Parmi ceux-là, on trouve le Stade de France et la basilique Saint-Denis.

Autre exemple, autre région : la Bretagne. Pour attirer, renseigner et accueillir les visiteurs, la région Bretagne compte sur un comité régional, quatre comités départementaux et pas moins de 128 offices de tourisme. A cela s'ajoute enfin une Maison de la Bretagne (276 000 euros de budget, hors campagne promotionnelle), située dans le 8e arrondissement de Paris, qui emploie huit salariés permanents. Le tout largement financé sur fonds publics.

La campagne d'affichage dans le métro parisien (entre le 15 mars et le 19 avril 2003) qui vantait les paysages bretons a coûté 100 000 euros. Cette action est directement pilotée par le Comité régional du tourisme de Bretagne, dont le budget s'élève à 8,22 millions d'euros. Selon les différentes instances chargées d'attirer les visiteurs en Bretagne, il n'y aurait pas de doublons mais « synergie entre les différents niveaux de promotion ».

L'exemple breton n'est pas un cas isolé puisque toutes les régions françaises traitent les questions touristiques au travers de trois échelons administratifs. On peut se demander si toutes ces instances qui interviennent autour du même sujet sont réellement nécessaires dans un pays traditionnellement très attractif. En 2002, la France a accueilli 76,7 millions de touristes, ce qui la place au premier rang mondial

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Hébergement, restauration et industrie touristique; Voyages, aventures et tourisme
Taille : Court, 193 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523PO160109001


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 12:16:01
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

TIPP
TIPP
Vers une nouvelle taxe sur le gazole ?

POUR RENFLOUER les caisses de l'Etat, Gilles de Robien envisage de taxer plus fortement les véhicules légers roulant au diesel, lesquels représentent 60 % du marché de l'automobile en France. Le ministre des Transports propose une hausse de 4 centimes par litre de la taxe intérieure sur les produits pétroliers appliquée sur le gazole. Selon le ministre, cette nouvelle taxe sur le gazole des véhicules légers est « imaginable » et « non choquante » pour financer des grands travaux. Cette augmentation de la TIPP sur le carburant diesel destiné aux véhicules légers rapporterait 200 millions d'euros par an à l'Etat et fait donc partie de la « palette de moyens de financement » envisagée par l'Etat pour financer les grands projets d'infrastructures du pays.

Le Parisien , vendredi 23 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 11:49:53
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

BOIS
Bois
Certaines forêts sont hors de prix

LE MARCHE FORESTIER se remet lentement des tempêtes de 1999. Une catastrophe qui a provoqué une baisse du prix du bois, et donc un tassement de la valeur des grandes forêts, s'il faut en croire le bilan 2002 du marché des forêts en France, dressé avant-hier par la Société forestière de la Caisse des dépôts et la Fédération nationale des Safer. Mais ce phénomène se trouve aujourd'hui largement contrebalancé par l'émergence de nouveaux acquéreurs de biens immobiliers forestiers : collectivités locales ou particuliers, ils achètent de la forêt pour l'espace, le cadre de vie, la détente ou les loisirs. Résidences secondaires, chasses, ou même pour le bois de chauffage, c'est l'équivalent boisé d'une tendance déjà amorcée dans l'acquisition des terres agricoles périurbaines. « Dans un marché forestier globalement atone pour les massifs de production, ce sont eux qui font flamber les prix des petites parcelles dans certaines régions, notamment sur le pourtour méditerranéen où l'hectare, à 7 300 €, s'échange à plus du double du prix moyen brut de la forêt française », explique Max Penneroux, directeur général adjoint de la Société forestière.
Un mouvement de récupération de l'espace boisé par des non-forestiers On assiste ainsi, comme pour les terres agricoles, à la formation de prix complètement déconnectés de la rentabilité et de l'évolution du prix du bois : en cinq ans, de 1998 à 2002, le prix des lots de moins de 10 hectares a augmenté de 80 %, alors que dans le même temps les surfaces boisées supérieures à 25 hectares ne gagnaient que 12 %. Résultat : alors que le marché forestier bâti (c'est-à-dire comprenant au moins un bâtiment, voire une ruine, qui peut se transformer en résidence) ne représentait que le cinquième des surfaces vendues en 2002, il a drainé près de 50 % de la valeur des échanges, soit 273 millions d'euros. Un mouvement de récupération de l'espace boisé par des non-forestiers qui ne fait que commencer, selon les auteurs de ce bilan. Parmi ces nouveaux investisseurs figurent les départements ou les régions qui veulent mettre ces espaces à disposition du public, les groupements cynégétiques, les fonds de réserves environnementaux, ou encore les particuliers qui, joignant l'utile à l'agréable, peuvent ainsi bénéficier des réductions d'impôts (25 % de l'investissement) mises en place à la suite de la tempête de 1999. Aujourd'hui, le terme « investir en forêt » recouvre donc de multiples objectifs qu'il n'avait pas il y a encore dix ans, faisait observer Laurent Piermont, PDG de la Société forestière.

Jean Darriulat

Le Parisien , vendredi 23 mai 2003


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 11:49:15
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

ARCHEOLOGUES


l'Humanité
Société, vendredi 23 mai 2003, p. 11

Patrimoine
Archéologues préventifs en sursis
Baisse des ressources, baisse des effectifs, les chercheurs de l'INRAP poursuivent un mouvement de grève contre un projet de loi qui menace de démanteler leur profession.

Puchot, Pierre

"L'archéologie vendue et sacrifiée". Du haut de la basilique de Saint-Denis, où ils ont apposé une banderole noire, les archéologue préventifs tirent la sonnette d'alarme. En grève depuis plusieurs semaines, ils multiplient les actions ces derniers jours pour protester contre le projet de loi du gouvernement qui menace de "démanteler le service public que constitue la fouille archéologique". Enchaînés lundi aux grilles de l'Assemblée nationale, ils ont déployé hier des banderoles sur les principaux monuments religieux (cathédrale de Notre-Dame de Chartres ). Ils considèrent le projet du gouvernement comme une régression. La loi de février 2001 avant permis de pérenniser leur statut en créant l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), "après vingt ans de rude bataille".

François Gentili, ingénieur et archéologue à Pantin, craint maintenant le pire. "Le gouvernement veut privatiser l'archéologie. La mise en concurrence de l'INRAP prévue dans le projet de loi conduit clairement à la fin de ce service public." Ce projet de loi s'inscrit en effet dans une offensive générale du gouvernement. Le ministère de la Culture n'a pas reconduit le budget de l'INRAP pour l'année 2003, et fournit des enveloppes au coup par coup. Ce qui se traduit par une baisse des ressources de 25 % par rapport à l'an passé. Parallèlement, 600 jeunes archéologues en CDD (sur un effectif total de deux mille chercheurs) n'ont pas été reconduits. Cette baisse d'effectif met en danger l'ensemble d'une profession, la relève n'étant plus assurée. Le doute plane aujourd'hui au sein des universités. François fulmine. "L'archéologie est un bien commun, public. Le gouvernement la considère comme une simple activité commerciale, ce qui est inacceptable. Avec cette loi, l'aménageur pourra choisir l'opérateur privé comme bon lui semble, au mépris de l'intérêt potentiel historique du site. La qualité de la fouille préventive ne sera plus garantie."

Les archéologues redoutent la mise en péril du patrimoine historique. Déterminés à poursuivre leur mouvement de grève (suivi à plus de 80 %) jusqu'à l'abandon du projet de loi, les archéologues devaient se joindre à la manifestation des enseignants prévue hier après-midi, accompagnés comme toujours de leur mascotte, le célèbre "Gaulois".

Catégorie : Actualités
Taille : Court, 282 mots

© 2003 l'Humanité. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523HU0031


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 11:40:41
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

RETRAITES


l'Humanité
Social, vendredi 23 mai 2003, p. 10

Ce que dit le gouvernement et ce qu'il nous cache
Mis sur la défensive par les mobilisations, le gouvernement tente de défendre son projet dans un argumentaire détaillé communiqué par voie de publicité. Quinze affirmations officielles passées au crible.

1. La réforme, c'est l'égalité avec 40 ans de cotisations pour tous en 2008.

- Le projet Fillon aligne les fonctionnaires sur la situation du privé dégradée par la réforme Balladur. La durée de vie professionnelle réelle étant en moyenne de 37,5 années, l'exigence de 40 annuités en 2008, puis 42 en 2020, entraînera souvent une amputation de la pension. Les femmes seront très touchées : une sur deux n'a pas une carrière complète à l'heure de liquider sa pension.

2. Les 40 ans comprendront les années travaillées à plein temps ou à mi-temps mais aussi les années bonifiées et les années de chômage.

- C'est déjà le cas actuellement. En revanche, la revendication de la CGT visant à la validation des périodes de temps partiel (cas de nombreuses femmes) ou de formation et de recherche d'un premier emploi pour les jeunes reste ignorée.

3. Pour le privé, la réforme ne change rien. Les projets de ceux qui sont proches de la retraite ne sont pas bouleversés.

- Faux. Le gouvernement "oublie" en effet de préciser qu'il a choisi de poursuivre l'application de la réforme Balladur qui durcit considérablement les règles de calcul de la pension (25 années de référence et indexation sur les prix). Et même de l'aggraver : la retraite sera établie au prorata de 160 trimestres de cotisation, au lieu de 150 jusqu'alors, chaque trimestre manquant entraînant une pénalité proportionnelle. Le Conseil d'orientation des retraites a chiffré à 13 % la baisse prévisible, en moyenne, du taux de remplacement du salaire par la retraite d'ici 2020.

4. La réforme assure aux fonctionnaires le maintien du niveau de pension en travaillant six mois de plus chaque année à partir de 2004.

- Les fonctionnaires devront bien travailler 2,5 ans de plus d'ici 2008 s'ils le veulent, ou plus exactement, s'ils le peuvent. Aujourd'hui, en raison des conditions de travail, dans un grand nombre de métiers, les agents n'imaginent pas aller au-delà de l'âge ouvrant droit au départ. Les statistiques indiquent que la durée moyenne de cotisation validée est de 34 ans. À la différence de la situation actuelle, s'ils ne prolongent pas leur carrière comme exigé, ils subiront une amputation de leur pension.

5. Les limites d'âge prévues par le statut des fonctionnaires resteront garanties. Aucun enseignant sauf s'il le désire ne travaillera au-delà de 65 ans.

- Cette assertion cache le fait que tout fonctionnaire qui arrêtera de travailler avant soixante-cinq ans sans avoir atteint les quarante annuités de cotisation verra sa retraite calculée en fonction du nombre d'années de cotisation, et qu'il sera pénalisé par la décote de 5 % par année manquante. La retraite à soixante ans est bel et bien remise en cause.

6. Même sans avoir 40 ans de cotisation un salarié pourra partir en retraite à l'âge légal, dans le public comme le privé.

- Un salarié pourra effectivement prendre sa retraite à soixante ans mais le montant de sa pension sera calculé en fonction du nombre d'années de cotisation. S'il veut toucher une retraite à taux plein, il devra continuer à travailler - s'il le peut - jusqu'à avoir atteint les quarante annuités de cotisation dans la limite des soixante-cinq ans.

7. Un salarié ne travaillera pas plus longtemps pour avoir une retraite plus basse.

- Faux. Même en allongeant sa durée de cotisation, les salariés du privé verront le niveau de leur pension baisser relativement, sous l'effet, d'abord, de la désindexation des salaires portés au compte, puis de la désindexation des retraites.

8. Sans réforme, le niveau des retraites serait à terme divisé par deux.

- Cette affirmation est présentée comme une déduction logique de l'évolution démographique : entre 2000 et 2040, le rapport actifs-retraités sera divisé par deux, donc les retraites le seront avec lui. On passera de deux actifs pour un retraité à un pour un. Or ce rapport a déjà été divisé par deux entre 1960 et 2000 : on est passé de quatre actifs pour un retraité à deux pour un. Non seulement les retraites n'ont pas reculé mais elles ont progressé. Pourquoi ? Parce que le choix a été fait de consacrer une part plus grande de la richesse nationale à leur financement. D'ici 2040, il faut tout simplement amplifier cet investissement social, ce que refuse le patronat.

9. Les primes seront prises en compte pour les fonctionnaires.

- Les primes seront prises en compte dans la limite de 20 % du traitement, alors que, pour nombre d'agents, elles en représentent une part plus importante (jusqu'à 30 % et plus pour les aides-soignantes). Le type de régime envisagé, dit "additionnel", s'apparente à un régime par capitalisation comme il en existe dans le privé. Son rendement est très lent (on parle de 6 % du traitement au bout de 40 ans), alors que les fonctionnaires subiront sans attendre les conséquences de l'allongement de la durée de cotisation et de l'instauration de la décote.

10. Ceux qui travaillent depuis l'âge de quinze ans pourront partir en retraite avant soixante ans.

- Le droit au départ à la retraite avant soixante ans pour les salariés ayant cotisé quarante ans, déjà mis en place pour les carrières commencées à quatorze et quinze ans, est étendu à celles commencées à seize ans : cela bénéficiera à 250 000 hommes et femmes, sur un total de plus d'un million concernés. Le calendrier de cette extension n'est pas précisé. L'ensemble sera conditionné à un accord entre partenaires sociaux, syndicats et patronats, qui gèrent les régimes complémentaires.

11. Un smicard aura la garantie de toucher 85 % du SMIC net. Sans réforme, ce serait à terme moins de 60 %.

- La "garantie" de retraite actuelle pour les salariés au SMIC s'élève actuellement à 83 %. La très légère augmentation annoncée, qui n'interviendrait pas avant 2008, n'est qu'hypothétique : en effet, le minimum contributif, versé par le régime général de la Sécu, et qui est à la base de cette garantie, est attribué en fonction de la durée de cotisation. Autrement dit, il fallait 150 trimestres pour prétendre à 83 % du SMIC, mais l'an prochain, il faudra 160 trimestres pour avoir 85 %. Or, à l'heure de la liquidation de leur retraite, quatre salariés sur dix ont une carrière incomplète.

12. Les deux annuités de bonification accordées aux femmes ayant eu deux enfants sont maintenues.

- Cet avantage, en réalité, n'est maintenu que pour les femmes dont les enfants seront nés avant le 1er janvier 2004. Pour ceux qui viendront après, il disparaît, remplacé par des validations prorata temporis : une femme qui s'arrête six mois pour élever son enfant verra cette période validée pour la retraite, dans des conditions qui restent toutefois à définir. Si elle ne s'arrête pas, elle n'aura rien.

13. La retraite sera augmentée de 3 % par an pour tous ceux qui choisiront de continuer à travailler après avoir acquis tous leurs droits.

- Comme indiqué, cette mesure ne concerne que ceux qui auront acquis tous leurs droits. C'est une prime explicite à l'allongement de la durée de travail au-delà des quarante années requises par la réforme. Le projet prévoit que ce prolongement d'activité peut atteindre cinq années, soit 45 années de travail au total ! D'autre part, le gouvernement feint d'ignorer que ce ne sont pas les salariés qui décident de rester ou non dans l'emploi : deux sur trois sont actuellement évincés avant d'arriver à l'âge de la retraite.

14. Un salarié pourra continuer à travailler tout en touchant sa retraite.

- C'est une mesure à contre-emploi. La réforme encourage tout à la fois l'allongement de la durée de travail pour obtenir sa retraite, et le cumul emploi-retraite pour les salariés les plus âgés. Pendant ce temps-là, le chômage galope, des jeunes en particulier, et rien n'est fait pour relancer l'emploi. Or, là réside l'une des principales plaies dans le système de financement des retraites. Un million d'emplois en plus, c'est vingt milliards d'euros de recettes supplémentaires.

15. Un salarié entré tardivement dans la vie active pourra racheter jusqu'à trois années de cotisation.

- Derrière l'effet d'annonce, se cache une mesure difficilement accessible, tant le rachat d'années coûte cher : jusqu'à 30 000 euros pour trois annuités. Un salarié va-t-il devoir s'endetter pour se payer un tel rachat ? L'entrée tardive dans la vie active, notamment pour cause d'études, devrait être traitée avec une autre ambition : pourquoi pas, par exemple, un fonds de financement permettant pour tous les salariés la validation des années de formation après dix-huit ans ?

Réalisé par le service social

Illustration(s) :

Nussbaum, Patrick

Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Finances et placements personnels; Programmes sociaux
Taille : Long, 1033 mots

© 2003 l'Humanité. Tous droits réservés.

Doc. : 20030523HU0027


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 11:35:56
Permalien RETRAITES


Vendredi 23 mai 2003

LES INTER MI-TEMPS DU SPECTACLES

Intermittents du spectacle
jeudi 22 mai 2003


Avant l'ouverture des négociations entre partenaires sociaux, au sein de l'UNEDIC, sur les aménagements à apporter au régime des annexes VIII et X relatives à l'assurance chômage des intermittents du spectacle, le Ministre de la culture et de la communication - Monsieur Jean-Jacques AILLAGON - a rencontré le jeudi 22 mai, de façon bilatérale, les organisations syndicales représentatives des salariés et des employeurs (CGT, FO, CFTC, CGC, CFDT, MEDEF, FESAC).

Le Ministre a rappelé tout d'abord les propositions issues des groupes de travail qu'il avait institué au mois de février pour définir les mesures d'accompagnement de la réforme qui sont de la responsabilité de l'Etat. Ces mesures font l'objet d'un communiqué commun avec le Ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité, Monsieur François FILLON.

Le Ministre a indiqué ensuite qu'il avait transmis le jour même aux présidents des entreprises de l'audiovisuel public, une lettre appelant leur attention sur le recours injustifié à l'intermittence.

Le Ministre a également indiqué son attachement au maintien d'un régime spécifique pour les intermittents dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle, et au maintien du seuil actuel des 507 heures.

Il a indiqué que le Gouvernement ne donnerait pas son agrément à un accord entre partenaires sociaux qui conduirait au basculement du régime des intermittents dans l'annexe IV (travail temporaire).

Le Ministre a précisé enfin que les aménagements qui seraient apportés au régime de l'intermittence devraient prendre en compte les contraintes spécifiques aux professions concernées et ne pas compromettre la possibilité effective des professionnels du secteur d'y accéder.

Enfin, le Ministre a réitéré son soutien à tous les efforts des partenaires sociaux destinés à améliorer l'équilibre du régime.

> le communiqué de presse conjoint des ministères de la culture et des affaires sociales.


MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES, DU TRAVAIL ET DE LA SOLIDARITE
MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

Communiqué de presse du ministère de la culture
et celui conjoint des ministères de la culture et des affaires sociales

jeudi 22 mai 2003


Le ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité et le ministère de la culture et de la communication sont déterminés à faire aboutir dans les meilleurs délais des mesures destinées à accompagner la réforme du régime d'assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel afin de contribuer à améliorer le fonctionnement de ce régime, sa connaissance et son contrôle.

Ces mesures ont été étudiées et discutées au sein des groupes de travail, mis en place par les pouvoirs publics à la suite du Conseil national des professions du spectacle du 18 février dernier, réunissant les représentants des organisations syndicales de salariés et d'employeurs et les organismes sociaux du secteur.

Elles visent à renforcer la viabilité du régime spécifique d'assurance chômage par une meilleure connaissance de son fonctionnement, une amélioration du recouvrement des cotisations des employeurs et des salariés et le renforcement de la lutte contre le travail illégal dans les secteurs de l'audiovisuel, du cinéma et du spectacle vivant.

C'est ainsi que sera engagé le croisement des fichiers des différents organismes sociaux et que sera rendue obligatoire l'affiliation à un guichet unique des employeurs dont l'activité principale n'est pas le spectacle vivant. Ces deux réformes feront l'objet dès l'automne d'ordonnances prises dans le cadre de la loi d'habilitation actuellement en cours d'examen au parlement.

Par ailleurs, un plan de lutte contre le travail illégal dans l'audiovisuel, le cinéma et le spectacle vivant sera engagé dans les prochaines semaines sous l'égide de la Délégation interministérielle de lutte contre le travail illégal.

Enfin, des mesures destinées à favoriser le recours à l'emploi permanent dans ces secteurs d'activité seront mises à l'étude.

> communiqué de presse du ministère de la culture


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 10:46:02
Permalien


Vendredi 23 mai 2003

RMI-RMA

23   mai  2003
Projet de loi RMI-RMA : les propositions de la Commission des affaires sociales

La Commission des affaires sociales du Sénat a examiné mercredi le rapport de Bernard Seillier (Aveyron) sur le projet de loi portant décentralisation en matière de revenu minimum d’insertion (RMI) et créant un revenu minimum d’activité (RMA).
Selon ce rapport, quinze ans après sa création et cinq ans après la loi d’orientation de lutte contre les exclusions, le bilan du RMI apparaît contrasté : «Il répondait sans aucun doute à un véritable besoin et son rôle est aujourd’hui incontournable dans notre dispositif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Mais les craintes concernant les fragilités intrinsèques du dispositif, liées tant à l’articulation entre allocation et insertion qu’à la répartition des compétences entre l’Etat et le département, se sont révélées fondées.»
La commission souscrit donc à l’économie générale du projet de loi qui propose une "modification significative" de l’architecture du dispositif pour en renforcer l’efficacité.
Elle a adopté une cinquantaine d’amendements qui, selon elle, visent avant tout, et sans modifier fondamentalement l’économie globale du texte, à "améliorer les perspectives d’insertion sociale et professionnelle des bénéficiaires du RMI".
Sur le volet «décentralisation du RMI», la commission suggère :
- d'inscrire les contrats d’insertion passés avec les bénéficiaires dans une logique de parcours d’insertion, en diversifiant les mesures qui peuvent leur être proposées et en ouvrant la possibilité au référent chargé de suivre l’allocataire d’adapter, au fil du temps, le contrat aux objectifs et aux capacités de la personne ;
- d'aménager les conditions du pilotage par le département du dispositif local d’insertion, en précisant la portée des programmes départementaux et locaux d’insertion et en réaffirmant le rôle des associations et des structures d’insertion par l’activité économique pour la mise en œuvre des actions d’insertion ;
- de renforcer le dispositif d’évaluation, afin de disposer des outils de comparaison nécessaires à la diffusion des «bonnes pratiques». A ce titre, la commission prévoit la transmission au Parlement, avant le 1er juillet 2006, d’un rapport détaillé d’évaluation de la loi.
Sur le volet «création du RMA», elle propose :
- de mieux inscrire le RMA dans le parcours d’insertion du bénéficiaire en replaçant le contrat RMA dans le cadre plus général du contrat d’insertion conclu entre le département et l’allocataire lors de son entrée dans le RMI et en précisant le contenu de la convention signée entre le département et l’employeur ;
- de mieux adapter le contrat RMA à la situation des bénéficiaires en permettant de moduler la durée du travail en fonction des capacités de la personne et de son projet professionnel et en ramenant de deux ans à un an la condition d’ancienneté au RMI ouvrant droit à la conclusion du contrat ;
- de clarifier le financement du dispositif en supprimant le mécanisme complexe d’exonération de cotisations sociales sur le complément de rémunération versé par l’employeur et en amplifiant l’effort en faveur des mesures d’insertion.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 09:53:58
Permalien RMI-RMA


ECONOMIE par ERIC JL BRETON