ECONOMIE par ERIC JL BRETON
+ accueil

+ Derniers messages

+ Faites connaître ce blogue

+ archives



+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
ericjeanloicbreton


+ lectures

Sommaire



+ catégories

ALAIN LAMBERT
APA
BANANE
BRUXELLES
BUDGET
COMMERCE
DOSSIER APA ET EUTHANASIE
ECONOMIE
FILLON
FISCALITE
GIRARDIN
LE RACKET PERMANENT PAR ERIC JL BRETON
LES FONCTIONNAIRES N\'ONT PAS ETE SAGES
LES RETRAITES PAR ERIC JL BRETON
OUTRE-MER
POUVOIR ET VOULOIR SE LOGER
PUBLICITE
RETRAITES
RMI-RMA
SEDECOLASSE
SERVICES PUBLICS
TRAVAIL
TRAVAILLONS EN FRANCE
UN MONDE INACCEPTABLE
VIDEOS
VIVRE MIEUX ET PLUS LONGTEMPS




Un blogue Divers par Mon Blogue.com


Publié le mardi 6 mai 2003

Mardi 6 mai 2003

RATP
Social
La RATP lâche ses emplois jeunes

«LA RATP M'A TUER. » Plusieurs dizaines d'emplois jeunes avaient bravé la pluie hier pour manifester sous la Grande Arche de la Défense (Hauts-de-Seine). Salariés par la CGEP (Compagnie de gestion des emplois partagés) - une association spécialisée dans la médiation et l'accueil dans les transports en commun qui emploie 355 emplois jeunes - ils redoutent de pointer au chômage d'ici à la fin de l'année. Une crainte née en février dernier, lorsque les deux principaux clients de la CGEP, la SNCF et la RATP, ont annoncé qu'ils ne reconduisaient pas le contrat qui les lie à l'association. Aucune mesure de reclassement n'est prévue pour les salariés, même si près de 140 postes sont amenés à disparaître en quelques mois. Les emplois jeunes estiment que la RATP ne prend pas ses responsabilités et attendent une aide de la part de la Régie.
Des cours de formation Pour la direction de la CGEP, pas besoin en effet de passer par la case plan social : « Nous n'allons pas mettre la clef sous la porte, nous continuerons à fonctionner avec une voilure réduite », assure le directeur général Bruno Bongapenka. Et de préciser qu'au fur et à mesure des fermetures de sites (le premier concerné, celui de la Défense disparaîtra le 15 mai), les salariés seront recasés dans les autres centres. Problème : d'ici à novembre, 19 sites vont être rayés de la carte. « On va jouer aux chaises musicales et puis après ? De facto, ils vont être obligés de licencier », constate Inaho Youssef, de FO. Quant aux autres clients de la CGEP, ils sont quasiment inexistants : une collaboration avec l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), et quelques autres missions avec des organismes et entreprises. Une absence de diversification qui n'étonne pas les syndicats : « La CGEP a été créée par la RATP. La plupart des membres du conseil d'administration sont des cadres dirigeants de la Régie. Le numéro deux de la RATP, Jacques Marsaud, l'a présidée et y siège encore », souligne Assan Hamri de la CFTC. Les organisations demandent donc à la Régie d'embaucher les emplois jeunes menacés par les licenciements. Des revendications qui laissent la RATP de marbre : « La CGEP est une entreprise à part entière, nous sommes seulement des clients, elle ne dépend pas de nous », se borne-t-on à répéter au siège de la Régie. C'est à peine si la RATP propose 120 contrats de qualifications (réservés aux moins de 26 ans non bacheliers) aux emplois jeunes. Ces derniers ne seront pas non plus prioritaires pour les concours en interne au sein de la SNCF ou de la RATP. La CGEP a seulement prévu des cours de formation pour mieux préparer ces tests. « Il n'y a aucune reconnaissance de l'expérience que nous avons acquise », se désole Jean-Luc, un emploi jeune de 26 ans entré il y a trois ans au sein de la CGEP.

Valérie Hacot

Le Parisien , mardi 06 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-06 12:59:27
Permalien


Mardi 6 mai 2003

INTERVENTION DE FILLON
Retour
Intervention de François FILLON,
Ministre des affaires sociales,
du travail et de la solidarité

Réunion de l’UMP
Lundi 5 mai 2003

 

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les Députés,
Chers Amis,

Nous sommes aujourd’hui à la veille d’entamer l’étape finale de concertation sur la réforme des retraites. Elle durera tout le long du mois de mai. En effet, dès mercredi, les Caisses de sécurité sociale et les conseils supérieurs des fonctions publiques disposeront du texte de l’avant projet de loi tendant à sauvegarder les régimes de retraite.

Je crois utile de revenir un instant sur la méthode.

Cette méthode, les engagements du Président de la République -plaçant le dialogue social au cœur de l’action gouvernementale- nous l’avaient dictée. Cette méthode, l’UMP a joué un rôle important dans son application. Cette méthode, c’est celle qu’il faudra adopter pour toutes les réformes difficiles.

Dès le début, le Gouvernement avait indiqué qu’il entendait donner une place importante à la discussion avec les partenaires sociaux, ce qui a conduit Jean-Paul DELEVOYE et moi-même, depuis la fin du mois de février, à mener un double processus de concertation, tant au niveau des confédérations qu’avec les fédérations syndicales de fonctionnaires. Cette concertation, dont la durée et la richesse ont été sans précédent, a conduit à la définition des grands principes de la réforme.

Mais, dès le début, nous avions clairement signifié notre volonté d’une « vraie réforme », tendant à équilibrer nos régimes de retraite, et non à accroître encore davantage la charge pesant sur les générations futures. Dès le début, nous avions précisé que le juge final serait le Parlement.

Jean-Paul DELEVOYE et moi-même avons fait connaître aux partenaires sociaux nos propositions, les 18 et 22 avril derniers.

La réforme des retraites, qui est un enjeu de société, ne peut cependant se résumer à un dialogue entre le Gouvernement et les syndicats de salariés. C’est pour cette raison que j’ai choisi de m’adresser directement aux Français, à travers l’émission du 24 avril.

Le Gouvernement a jugé particulièrement fructueux le processus novateur qu’a mené l’UMP, à travers la consultation organisée dans le pays, qui a été un grand succès, puis sa contribution. L’UMP a présenté, à cette occasion, l’image d’une formation politique ouverte au dialogue, pédagogique et constructive. Je veux ici vous féliciter et vous remercier pour le travail réalisé, sous la houlette dynamique et intelligente de Xavier BERTRAND.

La réforme proposée par le Gouvernement répond de manière positive aux principes dégagés par l’UMP.
En effet, quatre orientations la résument :

- Assurer un haut niveau de retraite, par l’allongement de la durée d’activité et de la durée d’assurance ;
- Préserver l’équité et l’esprit de justice sociale de nos régimes de retraite ;
- Permettre à chacun de construire sa retraite, en donnant davantage de souplesse et de liberté de choix ;
- Éclairer l’avenir du financement de la branche vieillesse à moyen terme.

La première orientation : assurer un haut niveau de retraite, par l’allongement de la durée d’activité et de la durée d’assurance

La France souhaite préserver son modèle social et continuer à assurer un haut niveau de retraite. Mais personne ne peut croire sérieusement que la réponse passe par une simple augmentation de cotisations ou la recherche d’un nouveau mode de financement. Le « trésor caché », qui rendrait indolore une augmentation des prélèvements obligatoires, n’existe pas.
Telles sont les raisons pour lesquelles le Gouvernement a indiqué que la meilleure garantie, et la plus juste, d’assurer un haut niveau de retraite, sans reporter sur les actifs de demain une charge excessive, était l’allongement de la durée d’activité et de la durée de cotisation.

C’est une nécessité pour la croissance et l’emploi.

C’est ainsi une double nécessité pour l’équilibre de nos régimes de retraite.

C’est enfin une nécessité au regard de l’équité : la durée d’assurance doit être égale pour tous. Une fois l’étape des quarante ans atteinte dans les régimes de la fonction publique, en 2008, il faudra que la durée de cotisation augmente de manière très progressive, afin de stabiliser le rapport entre temps de travail et temps de retraite. Aujourd’hui, toute l’augmentation de l’espérance de vie après 60 ans bénéficie à la retraite. Le temps de retraite des Français ne diminuera pas ; bien au contraire, il continuera à bénéficier des gains d’espérance de vie. Mais le partage est devenu nécessaire.

La stabilisation du temps de travail par rapport au temps de retraite conduit à une durée de cotisation de 41 ans en 2012, et une durée proche de 42 ans en 2020. Mais les évolutions ne seront pas automatiques. Tous les cinq ans, une commission indépendante, spécialement constituée pour l’occasion, se réunira pour constater les évolutions de la démographie et du marché du travail. L’augmentation de la durée d’assurance serait en effet difficile si aucun progrès n’était constaté quant à l’âge réel de cessation d’activité.

Sur ce dernier point, il est inadmissible de se contenter d’assister, impuissants, à l’exclusion du marché du travail des salariés de plus de 55 ans. Dans le même temps, tout le monde est conscient de l’impossibilité de supprimer, du jour au lendemain, tous les dispositifs de préretraites.

C’est pour cette raison que le Gouvernement propose de recentrer ces dispositifs sur deux outils :

- les préretraites « pénibilité » : les partenaires sociaux sont les mieux à même, au niveau interprofessionnel, puis au niveau des branches, de définir les métiers et les secteurs justifiant un départ anticipé ;
- les préretraites « restructuration », qui s’avèrent nécessaires, dans le cadre de plans sociaux, pour assurer la survie de l’entreprise.

Le travail au-delà de 60 ans, pour ceux qui le souhaitent, doit être favorisé. Nous proposons à cet effet plusieurs mesures, comme l’assouplissement des règles sur le cumul emploi retraite ou le report à 65 ans de la possibilité de mise à la retraite d’office à l’initiative de l’employeur. Mais l’essentiel est dans la formation continue qui doit permettre aux salariés de plus de cinquante ans de valoriser leur expérience, une expérience qui va devenir d’autant plus précieuse que la démographie va peser fortement sur le marché du travail. Les partenaires sociaux ont engagé une négociation sur ce sujet. En tout état de cause, je vous présenterai un projet de loi sur ce sujet à l’automne.

La deuxième orientation, c’est préserver l’équité et l’esprit de justice sociale de nos régimes de retraite.

Apporter des garanties aux salariés les plus modestes constitue un « message » fort de la contribution de l’UMP.
Pour répondre à cette demande, nous avons décidé de définir un objectif de nature socio-politique, associant le régime de base et les régimes complémentaires, en faveur des salariés ayant toujours travaillé au SMIC : leur retraite s’élèverait, pour une carrière complète, au minimum à 75 % du SMIC net. J’ai entendu les réactions sur cette proposition, et j’y suis sensible.

Je voudrais rappeler toutefois que, compte tenu d’un certain nombre d’avantages fiscaux ou sociaux dont bénéficient les personnes âgées de plus de 65 ans, le niveau de vie d’un retraité -par rapport à son revenu d’activité- est plus élevé que ne le laisse apparaître un simple taux de remplacement.
Mais surtout, cette proposition engage les futurs actifs pour l’avenir, et même au-delà de 2020. Si un objectif plus élevé était fixé, nous serions très probablement capables de le respecter dans les dix prochaines années. Mais au-delà ? Doit-on fixer une telle contrainte pour les générations futures ?

La réforme met fin aux inégalités de traitement entre mono-pensionnés et pluri-pensionnés, et entre salariés et non salariés. C’était un point sensible de votre contribution. Les commerçants bénéficieront de la mise en place d’un régime de retraite complémentaire obligatoire, qui permettra à terme d’améliorer leurs pensions, tandis que les professions libérales, à leur demande, connaîtront une réforme profonde de leur régime de base, dans un sens d’une plus grande équité. La mensualisation des retraites des exploitants agricoles ne sera plus une éternelle promesse, mais une réalité..

Le Gouvernement a examiné avec beaucoup d’attention la demande de ceux qui ont travaillé très tôt, et qui doivent attendre l’âge de soixante ans pour partir à la retraite, malgré une très longue durée d’assurance. Cette demande, vous l’avez relayée avec force. L’importance des effectifs, et le coût financier potentiel de la mesure, nous conduisent à cibler ceux et celles ayant travaillé avant l’âge de 16 ans, pour leur permettre de partir à l’âge de 58 et de 59 ans.

Je l’ai dit le 24 avril. Je le répète aujourd’hui : la France a difficilement les moyens de faire davantage.

La garantie du pouvoir d’achat de tous les retraités, à travers l’indexation sur les prix, sera également une importante mesure d’équité.

Vous avez souhaité une amélioration du sort des conjoints survivants. Le projet de loi comprendra une importante réforme de la réversion dans le régime général et les régimes alignés : la pension de réversion sera attribuée désormais sans condition d’âge. C’est un progrès considérable. Le système par ailleurs sera rendu davantage lisible et équitable, en remplaçant la double condition de ressources et de cumul par un plafond de ressources. Il s’agit d’une très importante simplification administrative.

Vous avez été nombreux à le demander : les avantages familiaux de retraite seront maintenus, et notamment la majoration de pension pour trois enfants élevés. La prise en compte de la jurisprudence européenne s’avère néanmoins nécessaire, pour les enfants nés après le 1er janvier 2004. Les bonifications de durée d’assurance seront ainsi ouvertes aux hommes et aux femmes, sous conditions d’une cessation effective, totale ou partielle, d’activité. Mais elles ne seront plus limitées à un an : elles pourront prendre en compte jusqu’à trois ans par enfant.

La troisième orientation, c’est permettre à chacun de construire sa retraite, en donnant davantage de souplesse et de liberté de choix.

Le droit de liquider sa retraite à 60 ans est confirmé. Certaines organisations syndicales nous accusent de la remettre en cause. Elles oublient de préciser que le système de retraite, dans le régime général et les régimes alignés, repose à la fois sur l’âge et sur la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein. Il n’y a jamais eu un droit de liquider sa retraite à 60 ans à taux plein, quelle que soit la durée d’assurance. Ce droit est aujourd’hui donné à 65 ans. Ce sera le cas demain : rien ne change.

Aujourd’hui, si un salarié souhaite partir à 60 ans alors qu’il ne dispose pas de la durée d’assurance nécessaire, il est soumis à une « décote », d’un taux de 10 % par année manquante. Pour donner davantage de choix, et lorsque la durée d’assurance augmentera à partir de 2009, nous proposons d’alléger considérablement ce taux, pour atteindre 6 % par année manquante.

Parallèlement, nous allons créer une condition de durée d’assurance tous régimes dans la fonction publique, ce qui signifie l’introduction d’une « décote ». Elle montera progressivement en charge et respectera les spécificités de la fonction publique, qui comprend des limites d’âge différenciées : Jean-Paul DELEVOYE y reviendra.

Les salariés du secteur privé et les fonctionnaires seront ainsi placés dans les mêmes conditions, afin d’être encouragés à poursuivre leur activité, s’ils ne disposent pas -à l’âge d’ouverture des droits- du nombre nécessaire de trimestres. En ouvrant la possibilité de la retraite progressive aux personnes n’ayant pas à 60 ans la durée d’assurance nécessaire, nous donnons une marge supplémentaire de souplesse.
La « décote » est logiquement complétée par un mécanisme de « surcote », dont le taux sera de 3 % par an. Ceux qui souhaitent continuer à travailler au-delà de 60 ans et de la durée d’assurance requise, seront ainsi incités à le faire.

La souplesse consiste également à ouvrir le droit au rachat de trimestres, dans des conditions financièrement neutres pour les régimes. Pour ne pas être dissuasive, cette faculté sera ainsi ouverte aux personnes âgées de moins de quarante ans.

Ces éléments de liberté et de souplesse rendent nécessaire une meilleure information des cotisants.
Cette information est double.

Premièrement, une information collective sur la situation financière des régimes de retraite et sur l’évolution des niveaux de vie entre actifs et retraités : cette mission sera confiée au Conseil d’orientation des retraites. C’est la meilleure réponse à tous ceux qui agitent le spectre d’une « paupérisation » des retraités.

Deuxièmement, une information individuelle sur le calcul des droits, complexe aujourd’hui à mettre en œuvre compte tenu de la multiplicité des régimes et des parcours professionnels. Nous devons fixer un cap. D’ici la fin de la législature, un cotisant pourra disposer d’une estimation globale de sa retraite.

Enfin, la liberté et la souplesse signifient l’élargissement de l’accès à des outils d’épargne retraite. Le projet de loi créera une garantie forte : quelle que soit la politique sociale menée par son employeur, un salarié du secteur privé bénéficiera d’une incitation fiscale, lui permettant de disposer d’une rente à l’âge de la retraite. Par ailleurs, le projet de loi simplifiera considérablement la galaxie existante des différents dispositifs existants. Il les sécurisera. Il allongera la durée du « plan partenarial d’épargne salariale volontaire », créé par la loi Fabius de 2001, afin de permettre aux salariés en bénéficiant de disposer d’une véritable épargne en vue de la retraite, en rente ou en capital.

La quatrième et dernière orientation, c’est éclairer l’avenir du financement de la branche vieillesse à court et à moyen terme.

Nous avons décidé d’éviter de remettre en cause la réforme de 1993 et les réformes des régimes complémentaires obligatoires. Pour ces derniers, gérés par les seuls partenaires sociaux, j’observe que nous n’en avons d’ailleurs pas le pouvoir !

Compte tenu du passage aux vingt-cinq meilleures années, entre 1994 et 2008, et de l’indexation des salaires portés au compte, mesure effective depuis 1988, le taux de remplacement va baisser de manière incontestable.

Cette baisse est limitée et n’atteint en aucun cas les taux annoncés par les organisations syndicales.
Les Français conserveront un haut niveau de retraite. J’ai estimé nécessaire de donner une référence collective, fondée sur le rapport entre la pension de retraite moyenne et le revenu d’activité moyenne. J’ai chiffré cette référence à 66 %. En termes de taux de remplacement, le taux de 66 % sera dépassé pour les salariés non cadres du secteur privé.

Je voudrais vous communiquer deux chiffres : si nous voulions « stopper » le passage aux 25 meilleures années, en restant au niveau atteint aujourd’hui, soit 20, cela coûterait 2,6 milliards d’euros à l’horizon 2020. Si nous souhaitions revaloriser les salaires portés au compte sur une indexation différente de celle des prix, cela coûterait 9 milliards d’euros à terme. Autant dire que nous doublons quasiment le besoin de financement du régime général prévu pour 2020.

En revanche, nous avons décidé de ne pas dégrader de manière supplémentaire le taux de remplacement.
Quelle est alors la clef de l’équilibre ?

Les mesures d’allongement, pour le régime général, représentent un peu plus du tiers du besoin de financement en 2020, chiffré à 15 milliards d’euros.
Le rendement de ces mesures peut paraître faible. Je rappelle qu’elles s’appliqueront par définition au seul flux des retraités, à partir de 2004. Elles n’auront pas fini de monter en charge d’ici 2020.
Comme nous souhaitons conserver un haut niveau de retraite, c’est bien une augmentation des cotisations vieillesse qui sera nécessaire. Dire que nous faisons de la durée d’assurance et de la durée d’activité le seul paramètre d’équilibre est ainsi un contre sens.

Mais nous sommes cohérents avec notre volonté de réduire, ou tout au moins de stabiliser, le niveau des prélèvements obligatoires. C’est pour cette raison que nous estimons que l’augmentation des cotisations vieillesse pourra être « gagée », en quelque sorte, par la diminution des cotisations chômage. Dans cette période où malheureusement le chômage augmente, une telle perspective apparaît difficile à réaliser. Mais notre objectif est 2020. Quelle serait d’ailleurs la réaction des partenaires sociaux, et au-delà des Français, si nous partions du principe que le taux de chômage de 2020 reste identique à celui d’aujourd’hui ?

Cette perspective n’est pas complètement liée à la croissance, elle découle aussi des évolutions démographiques. A partir de 2006, 300 000 français supplémentaires prendront leur retraite chaque année. Si nous sommes capables d’améliorer significativement notre système de formation, initiale et continue, le niveau du chômage doit tendre 5 à 6%. Il sera alors possible de réduire les cotisations chômage et d’augmenter les cotisations vieillesse.

En évoquant cette perspective nous ne tirons pas des plans sur la comète, nous suivons la même voie que nos partenaires européens dont les réformes des retraites ont été conçues sur des hypothèses de chômage sensiblement en baisse.

* *
*

Au terme de cette intervention, je souhaiterais vous sensibiliser sur trois points.

Oui, il existe encore une « marge » de discussion avec les partenaires sociaux. Nous devrons gérer des moments de conflictualité avec les organisations syndicales, la mobilisation du 13 mai en étant l’un des temps forts. Le texte devra certainement être adapté, l’avant projet de loi du 7 mai n’étant que sa première version. Mais le Gouvernement –ceci doit être clair !- ne reculera pas.

Il ne reculera pas parce que le temps, pour sauver le système de retraite par répartition, se compte désormais en mois. Dès 2007 le régime général sera déficitaire.

Les tergiversations et les retards accumulés ne laissent désormais plus de choix. Il n’y a pas d’alternative à la réforme que nous proposons. Capitalisation, système par point, sont des voies impraticables faute de temps. L’élargissement de l’assiette des cotisations est une impasse dans le contexte économique mondial.

Il ne reculera pas parce que cette réforme constitue la dernière chance de démontrer que la droite est apte à réaliser avec courage de grandes réformes sociales, à la fois justes et courageuses.

Oui, le pouvoir d’amendement des parlementaires sera naturellement respecté. Le texte que nous allons présenter à l’Assemblée nationale méritera d’être enrichi et complété par le travail du législateur. Nous serons ouverts aux propositions. Mais il sera difficile de remettre en cause le cadre général de l’équilibre financier que nous avons fixé. Toute proposition d’amélioration du système devra être ainsi soigneusement pesée.

Oui, la réforme que nous allons mener ensemble est une grande réforme, la plus importante dans le domaine des retraites depuis 1945. Elle concerne tous les Français : salariés du secteur privé, fonctionnaires, artisans, commerçants, professions libérales. Elle définit des principes s’appliquant à tous les régimes, ce qui conduira nécessairement à des évolutions, même dans les régimes spéciaux d’entreprise.

Cette réforme est nécessaire. Elle est équilibrée. Elle est juste.

Mais ne nous faisons pas d’illusions : nous allons traverser des moments difficiles.
Nous ne devrons pas céder aux pièges de nos éventuels adversaires, qui cherchent à briser l’expression d’intérêt général qui entoure cette réforme. Nous devons garder notre sang froid, conserver une attitude d’écoute, nous devons expliquer les raisons de notre détermination. Cette détermination n’est pas « politicienne » ou « idéologique »... Il s’agit d’assurer la permanence d’un choix de société qu’incarne le système solidaire de nos retraites.

Nous aurons besoin du soutien de chacun et chacune d’entre vous.

Retour haut de page
Retour haut de page
Retour haut de page
Retour haut de page

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-06 12:57:00
Permalien


Mardi 6 mai 2003

DEPENSES PUBLIQUES
Dépenses publiques
Raffarin met la France à la diète
ASSEMBLEE NATIONALE, HIER. Jean-Pierre Raffarin (ici avec François Fillon et Jacques Barrot) a présenté la réforme des retraites et de l'Etat aux parlementaires de l'UMP.   (AFP/JEAN-PIERRE MULLER.)

ILS NE SE SONT pas levés. Hier, les parlementaires UMP, réunis salle Victor-Hugo à l'Assemblée, ont très, très longuement applaudi le discours volontariste du Premier ministre sur la réforme des retraites et de l'Etat, mais ils sont restés assis. Un heureux présage pour Jean-Pierre Raffarin, qui aime bien les symboles ? A l'automne 1995, quand Alain Juppé avait prononcé son grand discours sur la réforme de l'assurance maladie, les députés s'étaient levés comme un seul homme pour l'acclamer. Quelques semaines plus tard, il reculait... Car le Premier ministre, qui fêtait hier sa première année à Matignon, a fait preuve de toute sa détermination pour mener à bien les réformes qu'il estime nécessaires pour le pays.

Moins de fonctionnaires l'an prochain
Actualité oblige, c'est par les retraites qu'il commence son propos. « La réforme qui vous est proposée est crédible, juste, irréversible », affirme-t-il au sujet d'un dossier que François Fillon et Jean-Paul Delevoye ont largement évoqué quelques heures plus tôt devant les élus UMP lors d'un séminaire à l'Assemblée (lire ci-contre ) . « Mais, prévient-il, nous n'accepterons pas le blocage d'une réforme qui concerne l'avenir des Français et donc de la France. Je vois les manifestations, j'écoute les slogans, je lis les pancartes. Tous les syndicats qui ont une attitude constructive pour la réforme des retraites seront écoutés jusqu'au dernier moment. » Deuxième cible de Raffarin : l'Etat. « L'Etat ne dépensera pas plus en 2004 qu'en 2003, promet-il. Parce qu'un Etat efficace, c'est de la croissance en plus et c'est une dépense publique mieux maîtrisée avec des objectifs ambitieux pour le budget 2004 en termes de changements dans l'administration et d'évolution de ses effectifs. » En clair, le Premier ministre, qui se refuse toujours à parler de rigueur, annonce clairement une baisse du nombre des fonctionnaires l'an prochain. Et met toute son équipe à ce régime minceur : « Je vais lancer la procédure budgétaire dans les tout prochains jours par l'envoi de la lettre de cadrage à chaque ministre. »

Pas de remaniement
Au passage, il égratigne la gestion passée des socialistes : « Telle la marée qui se retire, rien de solide et de construit ne demeure de la croissance de la fin des années 1990. » Une heure plus tard, Raffarin participe au dîner que donne Jean-Louis Debré à l'hôtel de Lassay, pour clore cette journée de réflexion de la majorité UMP. Bon nombre de députés défilent à sa table pour le féliciter de sa fermeté. Une vingtaine de ministres sont présents. Certains respirent. « Un remaniement n'est pas prévu à court terme », a confié leur patron à « la Nouvelle République du Centre-Ouest », dans un entretien à paraître aujourd'hui. L'un d'entre eux est particulièrement à la fête. C'est Jean-François Copé, en charge des Relations avec le Parlement. Ce soir, c'est son anniversaire.

Ludovic Vigogne

Le Parisien , mardi 06 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-06 12:56:10
Permalien


Mardi 6 mai 2003

FRANCE

La France reste un marché attractif pour les capitaux et les investisseurs étrangers
LE MONDE | 06.05.03 | 13h34
Un rapport contredit les classements internationaux

La france n'est pas sur le déclin, comme le prétendaient le président de la République et la droite tout au long de l'année 2002. La preuve en est donnée par l'attractivité que le "site" France exerce sur les capitaux internationaux, selon un rapport sur la compétitivité, publié le 6 mai par le Conseil d'analyse économique (CAE) rattaché à Matignon : il se situerait au deuxième rang mondial avec une masse d'investissements étrangers de 52,4 milliards d'euros, derrière la Chine (approximativement plus de 55 milliards d'euros), mais devant l'Allemagne (40,4 milliards d'euros) et les Etats-Unis (32,4 milliards d'euros).

COMPÉTITIVITÉ

Les auteurs de ce rapport, Michèle Debonneuil et Lionel Fontagné, font aussi justice des classements qui reléguaient la France en queue du peloton européen : le niveau de vie des Français, en termes de revenu par tête, ne se distingue pas de celui de leurs voisins. Quant aux classements internationaux à partir d'indices composites de compétitivité, tel celui du World Economic Forum, ils "reposent sur des bases théoriques et des méthodes statistiquement trop fragiles pour qu'on leur accorde quelque crédit".

Car les performances françaises sont "plutôt satisfaisantes", avec un maintien de leur part dans le marché mondial des produits manufacturés sur une longue période et une spécialisation dans des services comme le tourisme, à faible valeur ajoutée mais riche en emplois. Vingt ans de désinflation et dix ans de dépréciation du franc, puis de l'euro, par rapport au dollar ont "fortement" amélioré les compétitivités coût et prix. En termes de qualité, la situation est tout aussi rassurante, puisque la moitié des exportations de la France dans les produits de consommation courante se situe dans le haut de gamme. La fiscalité française sur les hauts revenus est tout à fait compétitive jusqu'à 300 000 euros de revenus annuels bruts imposables, quelle que soit la composition de la famille du salarié.

Tout n'est pas parfait pour autant, et les auteurs soulignent qu'en matière de technologie la France n'exporte pas le nec plus ultra, en raison d'un effort insuffisant en matière de recherche et développement qui explique un retard dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ils rappellent que toute la France ne profite pas de l'attention des investisseurs internationaux, mais seulement sa partie orientale située près du cœur de l'Europe et évidemment la région Ile-de-France. Enfin, ils tirent la sonnette d'alarme à propos du taux de l'impôt sur les sociétés, qui place la France en bas du classement européen et qui pourrait la priver de nouvelles implantations d'activités en provenance de l'étranger.

Le rapport s'achève sur un certain nombre de recommandations que le nouveau président délégué du CAE, Christian de Boissieu, estime pouvoir "être mises en œuvre très vite":réduction de l'impôt sur les sociétés pour revenir dans la moyenne européenne ; mise en place d'un statut fiscal avantageux pour les "impatriés"(étrangers travaillant en France) afin de pouvoir attirer ou retenir les personnes les plus qualifiées ; harmonisation fiscale en Europe, notamment en matière de stock-options. Enfin, le rapport préconise la publication annuelle d'un tableau de bord de la compétitivité, "sous la forme d'un cahier d'indicateurs sur l'éducation, l'innovation et les technologies de l'information et de la communication, pour la France et ses partenaires du G7" afin d'"éviter les pièges des indicateurs composites". Et les manipulations politiciennes qui pourraient en résulter.

Alain Faujas

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.05.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-06 12:44:03
Permalien


Mardi 6 mai 2003

TRAVAIL


l'Humanité
Plus loin que les faits, mardi 6 mai 2003, p. 11

Les retraites dans toutes les têtes
Le fait du jour

Un nouveau droit à conquérir

En raison de l'allongement de la durée de formation et des difficultés à trouver un premier emploi, l'entrée dans la vie active se fait aujourd'hui, en moyenne, à 22 ans, et même 25 ans pour ceux qui entrent dans la fonction publique. Conséquence : le nombre de salariés du privé qui, à 60 ans, ont accumulé les 40 années de cotisation requises pour une retraite à taux plein, diminue. Et l'on sait déjà qu'un tiers des salariés des générations 1963-1967 ne rempliront pas, à 60 ans, la condition des 40 annuités. D'où la proposition avancée par la CGT, reprise par l'UNEF, afin de redonner du sens au droit à la retraite pleine et entière à 60 ans : valider, dans tous les régimes de retraite, les périodes de formation à partir de 18 ans. Une mesure qui, pour la CGT, devrait être étendue aux périodes d'inactivité forcée, en particulier la recherche d'un premier emploi, le temps partiel contraint, les stages de reconversion De la sorte, la formation ne serait plus synonyme de pénalité pour la retraite. Et les salariés soumis à la précarité ne subiraient pas une sorte de double peine : chômage et petits boulots d'abord, retraite retardée ou amoindrie ensuite. M. Fillon a reconnu la pertinence de l'idée, tout en la dévoyant aussitôt : afin que cela ne coûte pas un euro de plus, il préconise la solution la plus inégalitaire qui soit, celle du rachat par les intéressés des annuités manquantes. La CGT, elle, propose de financer ce nouveau droit à la validation des années de formation, par un fonds spécial, alimenté par des contributions de l'État, des entreprises et, dans le cas où une allocation d'autonomie financière serait accordée aux jeunes, par une cotisation de ces derniers, fut-elle symbolique.

Y. H.

Catégorie : Actualités
Taille : Court, 203 mots

© 2003 l'Humanité. Tous droits réservés.

Doc. : 20030506HU0028


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-06 12:00:04
Permalien TRAVAIL


ECONOMIE par ERIC JL BRETON