ECONOMIE par ERIC JL BRETON
+ accueil

+ Derniers messages

+ Faites connaître ce blogue

+ archives



+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
ericjeanloicbreton


+ lectures

Sommaire



+ catégories

ALAIN LAMBERT
APA
BANANE
BRUXELLES
BUDGET
COMMERCE
DOSSIER APA ET EUTHANASIE
ECONOMIE
FILLON
FISCALITE
GIRARDIN
LE RACKET PERMANENT PAR ERIC JL BRETON
LES FONCTIONNAIRES N\'ONT PAS ETE SAGES
LES RETRAITES PAR ERIC JL BRETON
OUTRE-MER
POUVOIR ET VOULOIR SE LOGER
PUBLICITE
RETRAITES
RMI-RMA
SEDECOLASSE
SERVICES PUBLICS
TRAVAIL
TRAVAILLONS EN FRANCE
UN MONDE INACCEPTABLE
VIDEOS
VIVRE MIEUX ET PLUS LONGTEMPS




Un blogue Divers par Mon Blogue.com


Publié le dimanche 27 avril 2003

Dimanche 27 avril 2003

RETRAITES
Les Français
préfèrent partir tôt
A l'opposé des propositions de Fillon, 68% des personnes interrogées par CSA préfèrent travailler moins longtemps quitte à avoir une petite retraite.

 
François Fillon
 
Plus de deux-tiers des Français (68%) préfèrent ne pas travailler au-delà de 60 ans et cotiser moins, quitte à avoir une retraite moins importante, selon un sondage CSA/France Europe Express/France Info rendu public dimanche.
Trente pour cent souhaitent au contraire travailler au-delà de 60 ans et cotiser assez longtemps pour disposer d'une retraite complète. Deux pour cent ne se prononcent pas.
Ce sondage a été réalisé par téléphone les 24 et 25 avril auprès d'un échantillon de 524 actifs, extrait d'un échantillon national représentatif de 945 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas.

42 ans en 2020

Jeudi soir, le ministre des Affaires sociales François Fillon a annoncé lors de l'émission "Cent minutes pour convaincre" sur France-2 que les Français devraient travailler près de 42 ans en 2020 pour assurer leur retraite.
Les fonctionnaires savaient déjà que leur durée de cotisation passerait progressivement de 37 ans et demi à 40 ans en 2008, pour être alignée sur les salariés du privé. A partir de cette date, la durée de cotisation de tous augmentera "progressivement" pour "passer à 41 ans en 2012" et "41 ans trois quarts" en 2020, a précisé M. Fillon.
Pendant deux heures jeudi soir, le ministre des Affaires sociales a précisé les orientations retenues par le gouvernement pour "la réforme des retraites la plus importante depuis 1945" et "la première qui va concerner tous les Français, tous les régimes".
Jouant la pédagogie, le numéro trois du gouvernement a insisté d'emblée sur l'enjeu, "le désamorçage d'une bombe qui menace les générations futures".
Il a marqué la différence avec 1995, quand Alain Juppé avait reculé devant la pression de la rue. "En 1995, on avait un peu de temps devant nous. Maintenant on n'en a plus", a-t-il dit, rappelant que le régime général sera en déficit "dans deux ou trois ans".
"Une fois qu'on sera dans les déficits, c'est tout le système par répartition qui va exploser. On ne pourra plus le sauver", a expliqué M. Fillon, pour qui "le gouvernement n'a pas le choix". En cas de recul, "le dossier est planté au moins pour cinq ans", a-t-il averti.

Le plus haut niveau

Dans ce contexte, le gouvernement a choisi de maintenir "le plus haut niveau de retraite possible" en jouant sur la seule variable d'ajustement possible, la durée de cotisation, a expliqué le ministre.
Les fonctionnaires savaient déjà que leur durée de cotisation passerait progressivement de 37 ans et demi à 40 ans en 2008, pour être alignée sur les salariés du privé. A partir de cette date, la durée de cotisation de tous augmentera "progressivement" pour "passer à 41 ans en 2012" et "41 ans trois quarts" en 2020, a précisé M. Fillon.
A entendre le ministre, cette simple mesure rapportera six milliards d'euros au régime général à l'horizon 2020, comblant un tiers du déficit estimé à 15 milliards d'euros.
Compte tenu de dépenses supplémentaires d'un milliard d'euros, le gouvernement prévoit de trouver les 10 milliards d'euros restants par "un transfert de cotisation de l'assurance chômage vers les retraites au fur et à mesure que la situation de l'emploi va s'améliorer dans notre pays".
Le départ à la retraite des générations du "baby-boom" va en effet diminuer la population active de "800.000 personnes" par an, soit 300.000 de plus qu'actuellement. François Fillon s'est d'ailleurs montré optimiste sur la situation de l'emploi, en prédisant "une baisse du chômage en 2004".

Quelques signes aux syndicats

Quant aux fonctionnaires, les 13 milliards nécessaires seront financés par l'Etat, mais "à prélèvements obligatoires constants", a promis M. Fillon sans plus de précision.
Pour le reste, le ministre des Affaires sociales a adressé quelques signes aux syndicats, qui s'apprêtent à se mobiliser tout au long du mois de mai. François Fillon s'est notamment engagé à maintenir le niveau moyen des retraites aux deux tiers du dernier revenu d'activité, soit le taux de remplacement actuel.
S'efforçant de briser le front syndical, il a annoncé que les salariés qui ont commencé à travailler à 14 et à 15 ans et ayant cotisé 40 ans pourront partir à la retraite dès l'âge de 58 ans. Un signe en direction de la CFDT, qui réclamait cette mesure.

Décote

Incités à travailler plus longtemps, les salariés du privé bénéficieront par ailleurs d'une décote -diminution des pensions de 10% par année manquante pour ceux qui n'ont pas la durée de cotisation requise- moins importante en 2020, a promis M. Fillon. Cette décote, équivalente à celle des fonctionnaires, équivaudra à "une année" de pension en moins.
Le ministre a également invité les entreprises à "se retrousser les manches" pour accroître le taux d'activité des plus de 50 ans, en les menaçant de relever les cotisations sociales si elles ne le font pas.
François Fillon a aussi annoncé quelques concessions pour les fonctionnaires. Des "dispositions spécifiques" seront prévues pour les métiers jugés difficiles, comme les infirmières et les aides-soignantes.
Soucieux de ménager les puissants syndicats de la fonction publique, le ministre des Affaires sociales a même jugé "stupide" et "absurde" la proposition de Francis Mer de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux en 2004. AP


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-27 11:36:56
Permalien RETRAITES


Dimanche 27 avril 2003

CGT

La CGT accuse François Fillon de dissimuler la baisse de 20 à 30  % des pensions qu'entraînerait sa réforme
LE MONDE | 26.04.03 | 13h02     MIS A JOUR LE 26.04.03 | 14h33
En s'appuyant sur les travaux du Conseil d'orientation des retraites, la centrale a étudié les effets de l'allongement de la durée de cotisation sur plusieurs profils de salariés.

Bernard thibault l'a annoncé sur France 2, dans l'émission "100 minutes pour convaincre", jeudi 24 avril : le montant des retraites va diminuer. Quelques instants avant que le secrétaire général de la CGT ne lui porte la contradiction, François Fillon affirmait : "L'objectif du gouvernement n'est pas de faire baisser les pensions, mais d'amener les Français, les fonctionnaires comme les autres, à travailler un peu plus longtemps."

Installé dans son bureau du siège confédéral de Montreuil avec Jean-Christophe Le Duigou, numéro deux de la centrale en charge du dossier des retraites, M. Thibault consulte, pendant l'émission, les fiches, roses ou blanches, préparées par son staff. Il a pris la journée pour relire les nombreuses données synthétisées en vue du rendez-vous télévisé avec le ministre. Il aurait préféré disposer de plus de temps pour entrer dans le détail des différents scénarios élaborés, notamment par un expert, conseiller technique du syndicat à l'Arrco (Association des régimes de retraites complémentaires). Mais l'exercice aurait été périlleux tant les données semblent difficiles à saisir. M. Thibault a préféré égrener quelques chiffres et annoncer la diffusion à deux millions d'exemplaires, vers le 7 mai, d'un quatre-pages de la CGT. "Pour que chacun ait tous les éléments d'appréciation sur les conséquences -des propositions gouvernementales-, que la baisse moyenne, à terme, pour les fonctionnaires sera de l'ordre de 20 % en termes de niveau de retraite, et, pour les salariés du privé, de l'ordre de 30 % sur la période 1993-2020."

SCÉNARIOS PRÉCIS

Première contradiction, selon la CGT : le ministre déclare vouloir mettre "un terme à la dégradation du taux de remplacement -pourcentage de la pension par rapport au dernier salaire- initié par les réformes précédentes". Il reprend ainsi à son compte l'estimation du Conseil d'orientation des retraites (COR), qui explique que la réforme Balladur, en prenant en compte les 25 meilleures années (au lieu de 10) pour le calcul des pensions des salariés du privé - ainsi que leur indexation sur les prix -, a entraîné une baisse des pensions. Le gouvernement affirme vouloir "maintenir" et s'"engager, pour tous les Français en moyenne, sur les deux tiers du revenu de référence", soit un taux de remplacement de 67 % environ. Or la centrale syndicale met en avant la moyenne actuelle, qui est de 78 %, ce qui représenterait donc une baisse effective de plus de 10 %. La démonstration est identique pour les salariés au smic, qui bénéficient d'un taux de remplacement moyen de 83 % et que le gouvernement entend ramener à 75 %. Pour la CGT, M. Fillon "reconnaît donc officiellement une baisse des taux de remplacement de l'ordre de 10 %".

En s'appuyant sur les données du COR et les perspectives tracées par le ministre, les experts de la CGT ont travaillé sur des scénarios précis. Ils prévoient une baisse des pensions de l'ordre de 20 % à 30 % à l'horizon 2020. Exemples. "Un fonctionnaire disposant de 1 400 euros de rémunération nette, partant à la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités", partirait avec 1 120 euros de pension en 2003, 982 euros en 2008 (passage aux 40 annuités de cotisation) et 907 euros en 2020 (passage à 42 ans avec une décote de 3 %) ou 817 euros (42 annuités avec une décote de 5 %), soit une baisse d'au moins 20 %.

"Pour un salarié du privé, avec 1 400 euros de rémunération nette mensuelle, partant à la retraite à 60 ans avec 40 annuités", il dispose d'une pension de 1 148 euros en 2003 (elle était de 1 232 euros en 1990) ; elle sera de 1 106 en 2008 puis de 743 en 2020 avec une décote de 5 %, soit 35 % de baisse. Troisième cas, fréquent chez les femmes salariées dans le secteur privé : avec une rémunération de 1 400 euros et un départ à 60 ans avec seulement 32 ans de cotisation, la pension mensuelle sera de 581 euros en 2003, puis de 525 euros en 2008 et de 481 euros en 2020 (décote de 5 %). La baisse est alors de 20 % environ.

La CGT conclut que l'augmentation de la durée de cotisation annoncée s'accompagnera donc d'une baisse très sensible des pensions des futurs retraités. Et que le gouvernement dissimule cette perte sèche aux salariés.

Rémi Barroux

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 27.04.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-27 11:25:32
Permalien


Dimanche 27 avril 2003

FILLON
UMP Entretien avec le ministre des Affaires sociales, qui réunit aujourd'hui, à Paris, son club de réflexion, France.9 Le ministre des Affaires sociales François Fillon : «Je ne cède ni à l'optimisme ni au défaitisme: j'avance avec le sentiment de faire mon devoir.» (Photo AFP) Fillon : «Je défends l'idée d'une synthèse moderne autour du libéralisme» François Fillon, ministre des Affaires sociales, réunit aujourd'hui à la Sorbonne son club de réflexion, France.9, pour un colloque intitulé: «Un an après... Et après? L'enjeu républicain». Ancien séguiniste et ancien balladurien, président du conseil régional des Pays de la Loire jusqu'à sa nomination au gouvernement, François Fillon incarne le «gaullisme social» au sein de l'UMP. S'il n'a pas l'intention de former son courant à l'occasion du congrès qui devrait se tenir à l'automne, il veut créer un «lieu de débat» à droite, et compte bien mener la liste de l'UMP dans les Pays de la Loire aux régionales. Propos recueillis par Nicolas Barotte et Judith Waintraub [26 avril 2003] LE FIGARO. – La réaction syndicale à votre réforme vous incite-t-elle à l'optimisme ? François FILLON. – Je ne cède ni à l'optimisme ni au défaitisme: j'avance avec le sentiment de faire mon devoir. Le message du 21 avril, c'est le blocage de la France. C'est pourquoi je cherche à restaurer et à respecter le dialogue social. Dans ce ministère, lors de mon arrivée, sa disparition était presque physiquement perceptible. Pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour s'attaquer aussi aux régimes spéciaux ? La négociation aura lieu dans les entreprises, à leur rythme. Il ne faut pas fixer de calendrier. La réforme que nous allons faire est la plus importante depuis la Libération. Elle aura un effet d'entraînement. On ne peut tout régler en un jour. Les députés de la majorité pourront-ils amender la loi ? Avec Jean-Pierre Raffarin et Jean-Paul Delevoye, nous avons prévu de débattre du projet le 5 mai au sein de l'UMP, avec tous les parlementaires et les secrétaires départementaux. Lors de l'examen du projet de loi, le Parlement pourra proposer des ajustements. Le gouvernement et sa majorité fixeront ensemble une ligne. Chacun devra bien évaluer ses responsabilités. Vous réunissez aujourd'hui votre association. Est-ce le prélude à sa transformation en «mouvement» de l'UMP à l'occasion de son prochain congrès ? Le premier ministre ne souhaite pas que les membres du gouvernement soient candidats au sein de l'UMP dans des scrutins qui vont déterminer des courants. C'est une étape que, pour le moment, je n'ai donc pas décidé de franchir. France.9 est un club de réflexion que nous avions créé avant la présidentielle. C'est un lieu de débat qui réunit des citoyens et élus attachés aux valeurs républicaines. La majorité doit s'efforcer de conserver, sur le plan intellectuel, une longueur d'avance sur la gauche. Les ministres sont des hommes politiques libres, qui réfléchissent, qui s'expriment. Personne ne peut me réduire à la seule fonction ministérielle. Quel sera le sens du congrès de cet automne si les ministres ne peuvent pas d'investir dans le débat interne à l'UMP ? Mais il faut qu'ils s'investissent intellectuellement! L'objectif pour l'UMP va être d'organiser les échéances électorales de 2004. Nous sommes encore dans une phase de construction de l'unité. Les courants n'enrichiront cette unité que de façon progressive. Comment définiriez-vous la sensibilité que vous représentez au sein de l'UMP ? Le premier ministre a qualifié mon courant de pensée de «républicain social». Je crois que la France est fracturée et que les grilles politiques et intellectuelles traditionnelles ne fonctionnent plus. Je défends l'idée d'une synthèse moderne autour du libéralisme, parce que c'est le socle de nos convictions, mais aussi autour d'une solidarité renouvelée et régulatrice à la fois au plan national et au plan international. Synthèse aussi entre la nation et l'Europe, avec ce que j'appelle le patriotisme éclairé! Comment vous situez-vous par rapport aux souverainistes ? J'ai combattu certains des changements européens qui sont intervenus depuis 20 ans, mais je prends acte qu'ils sont désormais irréversibles. Les refuser conduit, paradoxalement, à un affaiblissement des idées nationales. Le débat aujourd'hui est de savoir si l'Europe peut délivrer une capacité à se faire entendre dans le monde, si elle est en mesure d'avoir une politique économique et sociale propre. L'Europe doit prendre conscience de sa force. Serez-vous tête de liste dans les Pays de la Loire ? Oui. Aujourd'hui, je suis le président du groupe majoritaire au sein du conseil régional. Si je peux m'exprimer comme je le fais, sans demander l'autorisation de quiconque, c'est parce que j'ai une légitimité: celle des électeurs. C'est là que je puise ma liberté, mon indépendance et ma force. Je ne gère pas la région parce que j'ai actuellement d'autres responsabilités, mais la vie existe aussi ailleurs! Auriez-vous envie de cumuler les deux fonctions ? Il y a une règle qui a été fixée. Je l'ai regretté, mais je ne crois pas possible de revenir dessus.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-27 11:24:33
Permalien FILLON


Dimanche 27 avril 2003

EURO
GRANDE-BRETAGNE Selon le chancelier de l'Echiquier, la devise européenne n'est pas d'actualité Gordon Brown estime que l'économie du royaume n'est pas suffisamment compatible avec celles de la zone euro. (Photo AFP.) Gordon Brown renvoie l'euro aux calendes grecques Londres : de notre correspondant Jacques Duplouich [25 avril 2003] L'adoption de la monnaie commune par le Royaume-Uni paraît renvoyée aux calendes grecques si l'on en croit les rumeurs distillées ces jours-ci par le Trésor. Dans quelques semaines, en effet, Gordon Brown, le chancelier de l'Echiquier doit rendre son verdict sur la compatibilité de l'économie du royaume avec celles de la zone euro. Cette compatibilité dépend de cinq critères fixés par M. Brown, en 1997 : convergence économique, flexibilité, conséquences pour l'investissement, impact sur l'activité financière de la City et effets sur l'emploi. Or si l'on en croit les «confidences» en provenance du ministère des Finances, à Whitehall, le chancelier de l'Échiquier ne serait satisfait que sur un seul des cinq «tests» de référence. Selon toutes les études, l'adoption de l'euro n'aurait d'impact positif que sur les services financiers de la City. Insuffisant, donc, pour que le gouvernement puisse soumettre à référendum, dans les prochains mois, l'entrée du Royaume-Uni dans le club de l'euro. Gordon Brown est d'autant plus convaincu qu'une consultation populaire serait inappropriée qu'aux raisons économiques, fondamentales à ses yeux, s'ajoute un argument politique de poids. Tous les sondages confirment que plus de six Britanniques sur dix sont, aujourd'hui, opposés à l'euro. Et l'hostilité populaire contre la France nourrie par Tony Blair lui-même à l'occasion de la guerre en Irak, a accentué la défiance à l'égard de l'Europe, affirme-t-on de source gouvernementale. Dans ces conditions, passer outre la réalité économique telle que définie par le chancelier de l'Echiquier, pour tenter de décrocher une approbation par les urnes relèverait du suicide. Gordon Brown n'a pas la réputation d'être un eurosceptique dogmatique. Son verdict attendu d'un «non, mais...» à l'euro pourrait, ainsi, être plaidé en appel, fait-il savoir. Mais, «plus tard». Selon la rumeur non démentie, il renverrait un nouvel examen des avantages de la monnaie unique à la prochaine législature. C'est-à-dire, en principe, après 2006. Toutefois, le chancelier de l'Echiquier doit compter, là, avec Tony Blair, les parlementaires travaillistes partisans de l'euro et les europhiles du monde des affaires. Le premier ministre l'a dit et répété sous tous les cieux et sur tous les tons, non seulement «l'avenir du Royaume-Uni est en Europe», mais «la destinée» du pays est d'être «un partenaire de référence» de l'Union européenne. Une ambition difficile à satisfaire pleinement tant que Londres ne figure pas dans le saint des saints de l'Union économique et monétaire. De surcroît, le premier ministre est conscient que le choix de l'Amérique fait lors de la crise irakienne, au détriment de la «vieille Europe», a conforté le jugement du général de Gaulle sur l'attrait transatlantique pérenne du royaume. Il s'inquiète, d'ores et déjà, outre cette image d'atlantiste invétéré, du renvoi à des temps meilleurs de l'euro et de ses conséquences sur ses objectifs européens. C'est pourquoi, s'il s'incline devant le jugement du Trésor, il aimerait que, dans la présentation des résultats, le chancelier de l'Echiquier n'écarte pas une nouvelle évaluation avant la fin de la législature. Gordon Brown – qui aspire à prendre la relève de M. Blair à «Number 10» – n'y est pas favorable. Pour éviter que la livre sterling ne soit soumise à une instabilité dommageable. La confrontation est vigoureuse, dit-on. M. Blair insiste. On lui prête même l'intention d'exiger de nouveaux critères d'appréciation liés aux travaux de la Convention sur l'avenir de l'Union européenne et la capacité de l'Europe à se réformer qui, selon lui, doit en découler. Une centaine de députés travaillistes et libéraux démocrates abondent dans son sens. Dans une motion, ils soulignent les risques pour le Royaume-Uni de camper sur une position de «wait and see». Et l'organisation «Britain in Europe» qui milite en faveur de l'euro invite Blair, le plus européen des chefs de gouvernement britanniques depuis Edward Heath, à «avoir le courage de ses convictions». En «ne laissant pas tomber le pays». Il est temps «de proposer un euro référendum et de le gagner», assure le groupe de pression. Un voeu, pour l'heure, rien moins que pieux.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-27 11:23:02
Permalien


ECONOMIE par ERIC JL BRETON