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Publié le vendredi 21 mars 2003
Vendredi 21 mars 2003
TRAVAIL
La PME de Seine-Maritime qui a brutalement fermé en janvier accumulait les infractions au code du travail.
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Par Nathalie CASTETZ
vendredi 21 mars 2003

 Le parquet de Dieppe a lancé une enquête judiciaire sur un éventuel détournement d'actifs. Les gendarmes planchent sur l'abus de biens sociaux et faux. |
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Saint-Nicolas-d'Aliermont envoyée spéciale
ous les soirs, Sylvie, 45 ans, conditionneuse, rapportait des cartons de pièces à son domicile. Toute la famille s'y mettait. Son mari, ses filles coupaient au cutter les embouts des pom pes, montaient les poussoirs des vaporisateurs ou encore posaient les fleurs de plastique sur les flacons. Jusqu'à 10 000 pièces par soirée, qu'elle rapportait le lendemain matin à l'usine. A 5 ou 10 centimes la pièce, «quand on a de petits Smic, le plus qu'on nous donnait nous faisait du bien». Samedi dernier, Sylvie a appris que ce travail à façon, réalisé par toutes les ouvrières, était illégal. Tout comme ces longues heures supplémentaires, rémunérées en «primes exceptionnelles» ou encore l'absence de congés payés. Tout comme a été illégale la fermeture sauvage de l'usine, le 6 janvier dernier. Ce jour-là, lorsque les salariés de Palace Parfums sont venus reprendre le travail après les vacances de Noël, il n'y avait plus rien dans l'établissement (Libération du 15 janvier). Les locaux étaient vidés, les chaînes de conditionnement et les stocks disparus, le directeur évanoui dans la nature.
Prud'hommes. Samedi, Sylvie et la plupart des quarante-huit ex-salariés de Palace Parfums, entreprise de Saint-Nicolas-d'Aliermont (Seine-Maritime), se sont retrouvés à Dieppe, dans les locaux de la CFDT. L'avocate Marie-Pierre Ogel qui plaidera leur cause auprès des prud'hommes, a remis à chacun un dossier, où étaient énumérés les préjudices financiers, notamment ceux liés à «une rupture abusive des contrats de travail». Et qui dénonçait ce qui lui semble «purement et simplement de l'esclavagisme moderne».
Depuis ce 6 janvier, l'affaire a fait du bruit. François Fillon, le ministre de l'Emploi, a mis en cause ces «patrons-voyous». Claude Viet, le monsieur Plans sociaux du gouvernement, a assuré les salariés du soutien de l'Etat. Le maire (UDF) de Saint-Nicolas d'Aliermont, Blandine Lefebvre, leur a ouvert sa mairie. Il n'empêche, la liquidation de Palace Parfums a été prononcée le 16 janvier. Marie-Pierre Ogel a épluché, un par un, les bulletins de salaire et recueilli les témoignages écrits : «On va de surprise en surprise et on ne sait plus ce qui est normal et ce qui est anormal.»
Ainsi, dans cette usine ouverte en 1997, le taux horaire n'est jamais appliqué, les heures supplémentaires sont dissimulées en «primes exceptionnelles», sans majoration plus de 150 000 euros auraient ainsi été économisés et le travail à domicile déguisé en «prime de conditionnement». En 2001, l'inspection du travail aurait alerté le parquet de Dieppe pour «travail dissimulé». L'avocate demandera l'indemnisation du préjudice par rupture abusive du contrat de travail, l'application de la convention collective et du code du travail. L'audience est prévue le 27 mai.
Cuba. Depuis, on découvre une nébuleuse de sociétés, créées puis liquidées, spécialisées dans la parfumerie. Au centre, la famille libanaise de Peggy Maaz, la jeune gérante de Parfums des Champs, détentrice de 50 % de Palace Parfums. Le vrai patron serait le commercial Nadim Klink, dont la fille Monica appose son nom sur les eaux de toilette exportées à bas prix. Et maintenant les ouvrières parlent. Notamment du procès fait par Cuba à la société qui a baptisé l'un de ses parfums «Cuba», le fleuron de l'usine, en forme de cigare. Un vrai succès. Interdite en France, la fabrication de ce parfum aurait été délocalisée en Espagne, puis au Maroc. Ces employées témoignent aussi du travail clandestin réalisé par «des étrangers», de factures «bis» (ou double facturation) et des inventaires truqués. Jusqu'au mariage blanc peut-être même deux organisé en octobre 2001 par et pour un membre de la famille Maaz, avec une ouvrière de l'usine... afin que ce dernier puisse acquérir la nationalité française. La salariée a été dédommagée.
Entre-temps, le parquet de Dieppe a lancé une enquête judiciaire sur un éventuel détournement d'actifs. La division économique et financière de la section Recherche de la gendarmerie de Rouen plan che sur deux pistes : «abus de biens sociaux et faux». Après perquisition au siège social de Parfums des Champs, à Enghien-les-Bains (Val-d'Oise), les gendarmes constatent des variations de stocks anormales, des éléments troublants dans les facturations et des infractions à la législation du droit du travail. Depuis, un supplétif à la commission rogatoire a été délivré pour «abus de biens sociaux, banqueroute et travail illégal».
Les ouvrières de Palace Parfums sont encore sonnées. La majorité d'entre elles n'a aucune qualification. Elles ont contracté des emprunts pour acheter des pavillons ou des voitures. La semaine dernière, elles ont loué un car pour aller voir le siège de Parfums des Champs : un château écossais, à Enghien. Le choc. «On veut les voir en taule», répète Sophie, ex-responsable d'atelier. Lundi ont commencé les entretiens individuels, proposés par la cellule de reclassement .
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ericjeanloicbreton |
| 2003-03-21 13:20:13
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TRAVAIL
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Vendredi 21 mars 2003
FILLON
 Intervention de Monsieur François FILLON, Ministre des Affaires Sociales, du travail et de la Solidarité devant le comité directeur de la CGPME
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-21 13:19:19
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FILLON, TRAVAIL
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Vendredi 21 mars 2003
BCE
La BCE prête à intervenir La Banque centrale européenne a annoncé qu'elle était prête à intervenir pour soutenir les marchés financiers si la guerre en Irak menaçait la stabilité.
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 Wim Duisenberg lors du sommet européen de Bruxelles (AP) | La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu'elle était prête à intervenir pour soutenir les marchés financiers européens si la guerre en Irak menaçait la stabilité, faisant allusion à une éventuelle réduction des taux ou une injection d'argent dans le système bancaire. La banque "se tient prête à agir si nécessaire", a fait savoir la BCE dans un communiqué diffusé depuis son siège, à Francfort. "Les marchés financiers peuvent compter sur l'apport de suffisamment de liquidités même en cas de circonstances exceptionnelles, comme cela a été démontré dans le passé", souligne le communiqué. AP
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-21 13:05:59
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Vendredi 21 mars 2003
ENERGIES
Vers une taxe européenne sur l'énergie Les ministres des Finances des Quinze se sont mis d'accord jeudi à Bruxelles sur un plan de mise en place d'une taxe européenne sur l'énergie.
Les ministres des Finances des Quinze se sont mis d'accord jeudi à Bruxelles sur un plan de mise en place d'une taxe européenne sur l'énergie. L'Union européenne tentait depuis plus de six ans de faire approuver son texte afin de standardiser les taxes énergétiques parmi ses pays membres. Le projet a rencontré une forte résistance de la part des pays réticents à céder de nouvelles prérogatives à Bruxelles. Or les accords sur les taxes doivent obtenir l'approbation unanime des Quinze. Mercredi, l'Autriche avait bloqué l'accord en faisant valoir que les gros utilisateurs d'énergie, comme les aciéries, ne devraient pas bénéficier de traitements spéciaux mais payer au tarif plein. «Nous avons un accord sur la taxe énergétique», a déclaré jeudi le chancelier autrichien Wolfgang Schussel. «Nous avons abandonné nos objections».
Taux plancher
Les Européens avaient pensé que l'Italie poserait problème. Mais Rome avait appuyé la réforme après avoir reçu l'assurance qu'elle pourrait maintenir des taux réduits pour les poids lourds diesel jusqu'en 2005. La Commission européenne, qui a rédigé cette législation, veut introduire des taux de taxation minimum afin d'empêcher les sociétés de tirer profit des systèmes de taxations locaux plus favorables. Elle a proposé des taux plancher sur le charbon, le gaz naturel et l'électricité. Chaque pays pourrait fixer son propre niveau de taxation, à condition qu'il soit supérieur au minimum fixé par Bruxelles. AP
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-21 13:05:19
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BRUXELLES
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Vendredi 21 mars 2003
KHALIFA
• LE MONDE | 20.03.03 | 13h08Le groupe algérien Khalifa était financé par des organismes sociaux et des industriels
Le voile commence à se lever sur l'origine des fonds qui ont alimenté le développement fulgurant du groupe Khalifa, qui, après avoir été la fierté d'une Algérie réconciliée avec l'économie de marché, est menacé de démantèlement.
Président jusqu'à ces derniers mois de la CNAS – la Sécurité sociale algérienne – au titre de "patron" de l'UGTA, la grande centrale syndicale, Abdelmajid Sidi Saïd est le premier à rompre le silence et à reconnaître que la CNAS a fait partie des organismes dont les dépôts – substantiels – ont permis de masquer la gestion désastreuse du groupe Khalifa. "Oui, la CNAS avait placé des fonds chez Khalifa, en toute bonne foi. Nous ne sommes pas les seuls. Public, privé, tout le monde a fait pareil", a expliqué au MondeM. Sidi Saïd, refusant toutefois de donner un chiffre précis.
Parmi ceux qui ont fait confiance au fondateur du groupe de Rafik Abdelamoumen Khalifa, un tycoon aujourd'hui âgé de 38 ans, on trouve des organismes ou des sociétés ayant pignon sur rue à Alger : des caisses de retraite, des organismes de promotion du logement social, une mutuelle agricole, une compagnie d'assurances liée au groupe pétrolier national, la Sonatrach, des entreprises publiques et privées du secteur industriel... Au total, ce sont des milliards de dinars qui ont déserté les banques publiques au profit de Khalifa Bank.
Le bilan a aujourd'hui des allures de désastre : colonne vertébrale du groupe, Khalifa Bank a été placée sous tutelle le 3 mars, après la découverte d'"irrégularités" par la banque centrale algérienne. Les transferts de fonds vers l'étranger lui sont interdits. Trois des plus proches collaborateurs du fondateur du groupe sont incarcérés depuis le 24 février alors qu'ils s'apprêtaient à passer en Europe avec dans leurs bagages 2 millions d'euros en coupures. Dépouillée des deux tiers de ses appareils, affrétés puis rendus à leur propriétaire, la compagnie d'aviation Khalifa Airways n'assure plus qu'un minimum de dessertes. Les journalistes de Khalifa TV, la branche audiovisuelle, ont du mal à se faire payer, tandis que les ambitions du groupe dans le bâtiment et la construction ne sont plus qu'un souvenir lointain.
L'identité des bailleurs de fonds aura alimenté bien des fantasmes. Certains des détracteurs de Khalifa prétendaient que l'argent du tycoon algérien provenait du trésor de guerre du Front de libération nationale (FLN), amassé pendant la guerre d'indépendance et mis à l'abri en Suisse ; d''autres – dont des services de renseignement français – que Rafik Khalifa ne faisait que recycler "l'argent des généraux", la manne pétrolière confisquée par les parrains occultes du régime. La piste du blanchiment de l'argent de la drogue avait également été avancée.
La réalité s'avère moins croustillante. Le groupe Khalifa a été créé avec une mise de départ modeste, dont témoigne la faiblesse du capital social de la banque (environ 6 millions d'euros). Une législation taillée sur mesure pour attirer les dépositaires lui a permis de se développer sans avoir de comptes à rendre. La perspective d'une forte rémunération de l'argent placé à la banque a fait le reste. Dans une Algérie où les banques privées sont l'exception (elles totalisent moins de 10 % des dépôts), Khalifa proposait des taux d'intérêt supérieurs (de 4 % à 6 %, selon le montant des sommes investies). "On était à la recherche de la meilleure rentabilité possible. On ne pouvait pas savoir que des difficultés allaient surgir", explique M. Sidi Saïd."Il n'y a pas eu d'injonction politique pour placer l'argent chez Khalifa plutôt qu'ailleurs. On a agi en professionnels", insiste-t-il.
Il n'empêche qu'entre le groupe privé et le pouvoir une connivence s'était nouée à base de services rendus. Qu'il s'agisse de financer des cérémonies officielles, d'offrir des repas aux nécessiteux pendant le ramadan ou d'employer dans le groupe le fils ou la fille d'un membre de la nomenklatura, Khalifa a fait preuve d'une générosité sans faille. En début de semaine, la presse algérienne a ainsi relaté, documents officiels à l'appui, comment, en juillet 2002, la ministre de la communication et de la culture, et porte-parole du gouvernement, Khalida Toumi, a sollicité le PDG du groupe pour qu'il prenne à sa charge, à l'occasion du quarantième anniversaire de l'indépendance, le cachet d'un artiste égyptien, Adel Imam. Montant de la facture réglée rubis sur l'ongle par Khalifa : 180 000 dollars.
Cette connivence peut expliquer le laxisme des autorités politiques à l'égard du groupe privé et de son PDG. L'aveuglement des autorités de tutelle – la banque centrale d'Algérie –, qui ont attendu novembre 2002 pour bloquer les transferts de fonds vers l'étranger avant de nommer un "administrateur provisoire" à la suite d'"irrégularités", surprend davantage. "Il ne faut pas perdre de vue l'incompétence du système, nuance cependant un banquier algérien. L'administration a été saignée à blanc par une décennie de guerre civile. Beaucoup de cadres ont quitté le pays. Ils n'ont pas tous été remplacés."
Il reste à évaluer les pertes financières. Elles pourraient se chiffrer à près de 1 milliard d'euros, selon certaines sources. Il reste surtout à décider du sort du groupe qui emploie près de 15 000 personnes et affiche un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros. Pour ne pas brouiller les Algériens avec l'économie de marché, le renflouement de la banque par l'Etat apparaît inévitable.
Jean-Pierre Tuquoi • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-21 12:56:53
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