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Publié le mercredi 19 mars 2003
Mercredi 19 mars 2003
CHOMAGE
300 millions d'euros pour l'emploi François Fillon a présenté mardi sept mesures d'urgence, qui relèvent largement du traitement social à court terme. Malgré cela, le ministre estime que le chômage augmentera "régulièrement" en 2003.
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 François Fillon (AP) | Le ministre des Affaires sociales et du Travail François Fillon a estimé mercredi que la faiblesse de la croissance économique française entraînera "une hausse régulière du chômage" en 2003. "Il faut dans notre pays (...) au moins 1,5% de croissance pour que la France ne détruise pas d'emploi", a jugé le ministre sur Europe-1. "A 1,3%, naturellement le chômage va continuer d'augmenter". Pour le ministre, le nombre de chômeurs devrait augmenter de manière "régulière", "au même rythme que depuis 2 ans". "Si la situation économique internationale ne se redresse pas, l'économie européenne ne sera pas en mesure de créer suffisamment d'emplois", a expliqué François Fillon, qui craint que "la guerre aggrave les choses", alors que "le redémarrage de la croissance était attendu dans la plupart des pays développés". Lundi, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait annoncé qu'il tablait désormais sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) limitée à 1,3% en 2003. Le taux de chômage a augmenté de 4,8% en 2002, et de 2,2% en 2001. A la fin du mois de janvier, le ministère du Travail estimait que 2.323.800 personnes étaient à la recherche d'un emploi en France. Le taux de chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) s'établissait alors à 9,1% de la population active.
300 millions d'euros
Mardi, François Fillon avait annoncé un effort supplémentaire de 300 millions d'euros pour tenter d'enrayer la montée continue du chômage. Attendues, ces sept mesures d'urgence, qui relèvent largement du traitement social à court terme, ont été jugées insuffisantes par les syndicats réunis au ministère des Affaires sociales pour la conférence nationale pour l'emploi. Alors que les plans sociaux se multiplient, le gouvernement entendait démontrer qu'il ne restait pas impuissant face à l'inquiétude numéro un des Français, et répondre au voeu de Jacques Chirac d'une «mobilisation nationale» pour l'emploi. Depuis mai 2001, le chômage est reparti à la hausse en France. Fin janvier, 2,32 millions de personnes étaient à la recherche d'un emploi, soit 9,1% de la population active. Le ralentissement de la croissance et les conséquences de la guerre en Irak laissent augurer une nouvelle dégradation de la situation de l'emploi dans les mois à venir.
Des marges de manœuvre réduites
Face à cette situation critique, le gouvernement se trouve plutôt démuni en ces temps d'économies budgétaires. En raison de l'ampleur du déficit -3,4% du PIB en 2003- et des sanctions envisagées par Bruxelles, les marges de manœuvre sont plus que réduites. Le gouvernement a donc décidé d'orienter ses mesures vers «ceux qui en ont le plus besoin», à savoir les personnes les plus en difficulté, a expliqué François Fillon. Deux populations sont particulièrement visées: les jeunes, dont le taux de chômage a augmenté de 0,8% en un an, et les plus de 50 ans, victimes des pré-retraites. Destinés aux chômeurs de longue durée, les contrats initiative emploi (CIE) créés par Alain Juppé en 1995 et délaissés par Lionel Jospin, seront relancés. Leur nombre va être porté de 55.000 à 80.000 sur l'ensemble de l'année. Le nombre de contrats emploi-solidarité (CES) financés par l'Etat, initialement fixé à 160.000, passera à 240.000. Après les plans sociaux qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, le gouvernement s'est engagé à doubler le plafond de sa participation au financement des cellules de reclassement des salariés touchés par les plans sociaux.
Promesses de campagne
Au delà de ces mesures de court terme, le gouvernement a confirmé la mise en œuvre de plusieurs promesses de campagne de Jacques Chirac. Un projet de loi sera déposé «dans les prochaines semaines» au Parlement pour transformer le revenu minimum d'insertion (RMI) en revenu minimum d'activité (RMA). L'objectif est de favoriser la reprise d'activité des RMIstes. François Fillon a par ailleurs confirmé la création d'ici 2004 de 25.000 contrats d'insertion dans la vie sociale (Civis). L'ensemble de ces mesures sera financé par les économies dégagées sur le budget général de l'Etat, et non sur les crédits de l'emploi, a promis Jean-Pierre Raffarin. «L'Etat ne fera pas d'économies sur le dos de l'emploi et sur le dos du social», a assuré le Premier ministre, présent à la fin de la conférence.
Vers une assurance-emploi
Pour le reste, le gouvernement a enjoint les partenaires sociaux à «avancer plus vite» dans leurs négociations sur la création de l'assurance-emploi promise par Jacques Chirac pour garantir le droit à la formation tout au long de la vie. Si les négociations n'aboutissent pas, le gouvernement proposera «en tout état de cause» les modifications législatives nécessaires au Parlement dès cet automne, a menacé le ministre des Affaires sociales. Les syndicats sont sortis déçus de cette réunion «formelle». «Nous sommes confrontés à des avalanches de plans de licenciements dans tout le pays, et nous repartons avec des petites cuillères pour déneiger», a déploré Bernard Thibault (CGT). «On nous a appelés aux bons sentiments», a renchéri Marc Blondel (FO). Le recours au traitement social «montre toute la limite de ce type de rencontre et de la difficulté du politique d'intervenir dans ce débat», a commenté François Chérèque (CFDT). Seul le patronat a salué les orientations présentées par le gouvernement. «La négociation sociale a été reconnue par le gouvernement comme ayant son autonomie», s'est réjoui le président du Medef Ernest-Antoine Seillière, qui va mobiliser ses adhérents pour l'emploi des jeunes. AP
Les sept mesures nouvelles pour l'emploi
Les sept mesures pour l'emploi annoncées mardi par le gouvernement aux partenaires sociaux présents à la table-ronde pour l'emploi:
CONTRATS INITIATIVE EMPLOI Le nombre des nouveaux contrats initiative emploi (CIE) destinés aux chômeurs de longue durée va être porté de 55.000 à 80.000 sur l'ensemble de l'année. Le gouvernement va par ailleurs assouplir les conditions requises pour bénéficier d'un CIE. Ces contrats seront accessibles au bout de 18 mois de chômage, au lieu de 24 mois précédemment. L'aide forfaitaire versée par l'Etat sera désormais versée pendant cinq ans au lieu de deux ans pour les chômeurs de plus de 50 ans. Le versement de l'aide sera trimestriel et non plus annuel.
REVENU MINIMUM D'ACTIVITE Le revenu minimum d'insertion (RMI) sera transformé progressivement en revenu minimum d'activité (RMA), afin de favoriser la reprise d'activité des RMIstes. Le RMA, destiné aux allocataires du RMI depuis plus de deux ans, leur permettra de cumuler leur allocation avec une activité salariée, pour une rémunération au moins égale au SMIC. Les cotisations sociales seront prises en charge par l'Etat. La mise en oeuvre expérimentale du RMA sera effectuée «dans les prochaines semaines» par le dépôt d'un projet de loi sur la base du rapport du sénateur Bernard Seillier, chargé par le gouvernement d'en examiner les modalités. Elle se situera dans le cadre de la décentralisation du RMI aux conseils généraux. Le RMA sera mis en place «dès ce semestre», a précisé François Fillon.
CONTRATS EMPLOI-SOLIDARITE Le nombre de contrats emploi-solidarité (CES) financés par l'Etat en 2003, initialement fixé à 160.000, passera à 240.000. En outre, la prise en charge à hauteur de 95% par l'Etat du coût d'un CES pour les jeunes en parcours Trace ou en chantier d'insertion, est pérennisée.
CIVIS Vingt-cinq mille contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis) promis par Jacques Chirac vont être créés d'ici 2004. Destinés aux jeunes de 16 à 25 ans peu diplômés, les Civis sont des contrats d'utilité sociale payés au SMIC.
PLANS SOCIAUX L'Etat va doubler le plafond de sa participation au financement des cellules de reclassement des salariés touchés par les plans sociaux.
AIDE A LA CREATION D'ENTREPRISES Le dispositif Eden destiné à aider des chômeurs à créer une entreprise est étendu pour toucher 11.000 bénéficiaires, contre 8.000 actuellement.
SALARIES AGES La contribution Delalande, qui renchérit le coût du licenciement des salariés âgés de plus de 50 ans, sera aménagée pour supprimer ses effets pervers. En cas d'embauche d'un salarié âgé de plus de 45 ans, l'employeur n'aura pas à verser cette contribution s'il procède ultérieurement à son licenciement. AP
18 mars 2003 Discours de Monsieur François Fillon à la Table ronde sur l'Emploi
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 12:29:27
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TRAVAIL
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Mercredi 19 mars 2003
ENTREPRISES
• LE MONDE | 19.03.03 | 13h30
Les groupes français affichent des pertes historiques en 2002
"Junk bond": personne, il y a un an, n'aurait imaginé qu'un grand groupe français pourrait être menacé un jour d'être rabaissé à ce statut. Un an plus tard, le cauchemar est devenu réalité. Vivendi Universal est rabaissé au rang d'"obligation pourrie" et France Télécom ne doit qu'à la protection de l'Etat d'avoir évité la même sanction.
Le revers essuyé par les groupes français se lit dans les chiffres. Alors qu'en 2001 les trente premières sociétés industrielles et de services cotées parvenaient encore à afficher un bénéfice net cumulé de 8,5 milliards d'euros (solde des pertes et des profits), en 2002 elles enregistrent un résultat négatif cumulé de 28,7 milliards d'euros, soit plus que le PIB d'un pays comme la Slovaquie. Sur deux ans, les pertes enregistrées par les mêmes groupes atteignent la somme record de 80 milliards d'euros (addition des seules pertes), annulant ainsi plusieurs années de bénéfices cumulés.
Rarement la destruction de valeur aura été aussi importante dans l'économie française. A l'inverse, des difficultés rencontrées par les entreprises au début des années 1990, ce ne sont pas les modes de production, les défauts de productivité ou la conjoncture qui sont en cause. Si de nombreux groupes ont subi des baisses sensibles d'activité à l'instar de Valeo (– 4,2 %) ou de d'Arcelor (– 3,3 %) de PPR (– 1,5 %), ils ont, dans leur immense majorité, réussi à maintenir des résultats d'exploitation largement bénéficiaires, même s'ils sont en forte diminution. Seul Alcatel n'a pas résisté. Confronté à un effondrement de son marché, les équipements de télécommunications, le groupe affiche une perte d'exploitation de 727 millions d'euros. Après avoir déjà enregistré un déficit net de plus de 4 milliards en 2001, le groupe récidive avec une perte nette de 4,7 milliards. Pis, il ne prévoit aucune amélioration dans les mois qui viennent. Compte tenu de l'évolution notamment du taux de change, il s'attend à "une baisse de 25 % à 30 % de son chiffre d'affaires au 1er trimestre", a-t-il indiqué dans son communiqué.
Pour les autres, les pertes sont liées à des choix plus stratégiques. Portées par l'euphorie des affaires, les entreprises ont opté, ces dernières années, pour une financiarisation extrême de leur développement, afin d'acquérir une envergure mondiale ou au moins européenne dans de brefs délais. L'écroulement des marchés financiers, la résurgence de risques-pays ou de risques monétaires, un moment oubliés, ont pris les groupes à contre-pied. Certains, comme L'Oréal, Aventis, Sanofi-Synthélabo ont franchi l'épreuve. D'une année à l'autre, ils enregistrent des hausses de résultats, semblant presque insensibles à leur environnement, protégés à la fois par des activités moins cycliques mais aussi par des méthodes de travail éprouvées. Pour les autres, le choc a été plus rude. Face aux changements, toutes leurs projections, leurs prévisions de résultats, leurs espoirs de développement ont volé en éclat.
Les premiers déboires se lisent dans les amortissements exceptionnels des écarts d'acquisition. France Télécom a dû ainsi provisionner 18,2 milliards d'euros, Vivendi Universal 18,4 milliards, EADS 936 millions. Cette remise à niveau comptable n'est pas qu'une reconnaissance de valeurs sur-gonflées. Elle marque aussi un renoncement à des bénéfices futurs, qui ne seront pas au rendez-vous. L'impact sur les fonds propres de ces groupes est considérable. En deux ans, Vivendi Universal a détruit 42 milliards d'euros de capitaux propres, et France Télécom affiche une situation nette négative de 9,95 milliards d'euros.
D'autres difficultés, moins mises en exergue mais tout aussi importantes, ont miné les comptes des grandes entreprises. En premier lieu, l'Argentine : l'effondrement du peso et de l'économie de ce pays a eu un effet dépressif sur les bilans des groupes français. Suez a provisionné 500 millions pour couvrir ses activités. Carrefour, lui, a vu diminuer ses fonds propres de 1,3 milliard, en raison de la crise argentine. TotalFinaElf a provisionné 500 millions.
La chute du dollar a eu des conséquences plus négatives encore. Habitués à travailler avec une monnaie européenne faible depuis plus de trois ans, les groupes ont été totalement pris au dépourvu lorsque la courbe monétaire s'est inversée. L'effet est dévastateur dans les comptes. Au sommet des risques, TotalFinaElf. Pour le pétrolier, qui travaille uniquement en dollar, une variation de 0,10 euro par rapport à la monnaie américaine entraîne un impact de 1,1 milliard sur son résultat d'exploitation et de 570 millions sur son résultat net. Tous ne connaissent pas pareil effet, mais tous souffrent, ou presque tous. Thomson Multimedia a vu ainsi son chiffre d'affaires diminuer de 445 millions d'euros et son résultat d'exploitation de 24 millions. Danone affirme que les effets de change lui ont coûté 6,3 % de son chiffre d'affaires et Lafarge 4,3 %, soit 540 millions d'euros.
Les conséquences se retrouvent aussi dans le bilan. Les groupes ayant des actifs à l'étranger, souvent évalués en dollar, ont dû réviser leur valeur. Casino déclare que les taux de change lui ont coûté 1,2 milliard sur ses capitaux propres. Désormais, le groupe de distribution proclame que 94 % de son résultat est lié à ses activités françaises.
Beaucoup sont en train de l'imiter. L'heure est désormais au repli sur des terres connues, la France, l'Europe, au plus loin les Etats-Unis. Si certains grands groupes regardent encore la Chine, ils s'interrogent sur les capacités de résistance du pays, se demandant s'il n'est pas en train de connaître un déséquilibre économique, dangereux à terme. Pour toutes les autres contrées, les projets sont arrêtés. Le monde leur semble soudain devenu bien dangereux.
Cet attentisme se retrouve dans les investissements. A l'instar de Pechiney, TotalFinaElf, Saint-Gobain, la plupart des groupes ont freiné sur les dépenses d'investissement et même de recherche et de développement. Le désendettement, la gestion au plus près des activités, la recherche de méthodes pour obtenir un autofinancement important sont devenus les priorités. Encore choqués par la période de remise en cause des concepts et des valeurs auxquels ils ont tant cru, les groupes hésitent à se lancer en avant avec la même vigueur qu'auparavant. Tous savent qu'il leur faudra du temps pour effacer dans leurs comptes les excès passés.
Martine Orange
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.03.03
• LE MONDE | 19.03.03 | 13h53Des pratiques comptables à géométrie variable
Alors que les pratiques comptables restent au cœur des préoccupations des marchés, la Commission des opérations de Bourse (COB) s'est sentie obligée d'intervenir après la publication des premiers résultats des grands groupes. "10 groupes sur 23 ayant publié leurs résultats ont eu recours à des termes financiers à caractère non strictement comparable et sans définition précise pour commenter leur rentabilité ou la trésorerie générée par leur activité", relève-t-elle dans un communiqué publié le 12 mars, s'inquiétant notamment de l'emploi fréquent de termes comme "ebitda" ("earning before interests, taxes, depreciations and amortizations") ou "ebit" ("earning before interests and taxes"), "free cash flow" ou "résultat récurrent".
Fin juin 2002, l'autorité boursière s'était déjà émue de l'utilisation régulière de ces concepts, rappelant qu'ils ne correspondaient à aucune définition des règles comptables françaises. Elaborés par les sociétés elles-mêmes, ils ne permettent pas de comparaison et varient parfois même d'une année à l'autre.
Ses recommandations ont été plus ou moins entendues dans l'élaboration des comptes 2002. Certains groupes ont suivi scrupuleusement les préceptes comptables imposés par la loi, voire bien plus, afin de répondre aux demandes des analystes. D'autres ont manifestement plus de mal à abandonner les anciennes habitudes.
BONS ET MAUVAIS ÉLÈVES
Dans la première catégorie, on trouve des groupes comme Michelin, PSA, Schneider, TotalFinaElf. Attentifs à répondre aux nouvelles demandes des analystes et des investisseurs, ils ont tenté de donner le plus d'explications possible. Séparation claire entre les activités industrielles et bancaires pour PSA et Renault, détails pour chaque branche pour TotalFinaElf ou Michelin, présentation des échéanciers de dettes, impact de l'euro et du dollar, évaluation précise des écarts d'acquisition ou autres risques comme l'amiante pour Saint-Gobain, rien n'a été oublié. Schneider va jusqu'à inclure dans sa présentation un document très proche du rapport annuel, habituellement remis beaucoup plus tard.
Dans d'autres groupes, en revanche, la formulation comptable est plus souple. Arcelor, EADS, Suez, Vivendi Universal, Vivendi Environnement, Thales parlent toujours d'"ebitda" et d'"ebit", ramenant ce dernier plus ou moins au résultat opérationnel. France Télécom fait mention d'un "résultat d'exploitation avant amortissement", solde intermédiaire rarement publié.
A ces concepts financiers non reconnus s'ajoute un certain manque de clarté dans les explications des comptes. Les "écarts d'acquisition" – représentant parfois plusieurs milliards d'euros d'amortissements ou de pertes – sont annoncés sans qu'il soit toujours précisé à quoi ils se réfèrent. De même, le groupe de luxe LVMH qualifie d'"éléments inhabituels" une somme de 156 millions d'euros venant en déduction du bénéfice net, sans en dire beaucoup plus.
De nombreux groupes ont continué à profiter des règles de la consolidation, légales mais très décriées par les analystes, qui estiment qu'elles faussent parfois les représentations. Malgré les vives controverses de 2002 avec le marché, Vivendi Universal consolide, sans être très précis, l'autofinancement de Cegetel et celui de Maroc Télécom, bien que le groupe ne dispose librement ni de l'un ni de l'autre. Sans les 2,6 milliards d'euros de ces deux filiales, le groupe aurait dû afficher un autofinancement nul.
Martine Orange • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.03.03
• LE MONDE | 19.03.03 | 13h53Le refinancement devient une question de survie
Désormais, le marché n'ignore plus rien de l'endettement des entreprises. Dans leur présentation de comptes, la plupart des grands groupes non seulement s'expliquent sur leur situation financière, mais se sentent tenus d'indiquer si leurs crédits sont liés à des notations, et à quelle échéance ces crédits doivent les rembourser. En état précaire, Alstom a ainsi expliqué qu'il avait un très important remboursement à honorer en janvier 2004, mais qui pourrait lui être réclamé par anticipation si l'assemblée générale lui refusait une augmentation de capital. Carrefour, très à l'aise, a pu annoncer aux analystes qu'il n'avait aucune "convenance" -garantie ou agrément donné en contrepartie d'un financement- sur ses crédits et que la maturité moyenne de sa dette était de trois ans et demi.
Pourquoi un tel luxe de précisions ? Au-delà de la volonté des analystes et des investisseurs d'en savoir toujours plus sur la gestion des entreprises, la question de la dette et de sa gestion est devenue un risque majeur pour les sociétés. Incités par des taux très bas, les groupes se sont fortement endettés au cours de ces dernières années.
Des sociétés comme France Télécom, Suez ou Lafarge affichent des taux d'endettement dépassant largement la totalité de leurs fonds propres. Ignoré pendant la période d'euphorie, le sujet est redevenu sensible avec le ralentissement de la conjoncture. Plus que l'endettement et la capacité de l'entreprise à rembourser, c'est le financement, ou plutôt le refinancement de la dette, qui préoccupe le plus les groupes et les marchés.
Alors que les sociétés, jusqu'alors, n'avaient aucune difficulté à faire reconduire leurs lignes de crédit, la procédure maintenant n'est plus du tout automatique. Une baisse de notation, un doute sur l'entreprise, et les banques refusent d'accorder de nouveaux prêts, voire retirent les financements accordés. Un refus en précipite souvent d'autres. Pour éviter l'asphyxie, il n'est pas rare de voir des groupes contraints d'accepter des taux de 10 % à 12 %, à un moment où le loyer de l'argent a rarement été aussi bas – autour de 3 % à 4 %.
CESSIONS PÉRILLEUSES
Conscientes du péril encouru, les entreprises commencent à préparer longtemps à l'avance leurs échéances financières. Certaines n'hésitent pas à reconduire par anticipation des lignes qui devaient arriver à expiration dans les prochains dix-huit mois. Les crédits à court terme sont transformés en long terme. Bien que de nouvelles baisses des taux soient prévues par le marché, elles préfèrent assurer leur avenir à un taux même moins avantageux plutôt que d'encourir le moindre risque sur leur avenir.
Pour les groupes les plus endettés ou moins bien notés, l'exercice est plus périlleux. Les banques exigent des programmes de cessions de plus en plus contraignants en contrepartie de leur soutien financier. Pour respecter leurs engagements, les groupes se voient souvent obligés de sacrifier une partie de leurs plus beaux actifs, les seuls qui peuvent attirer les vendeurs.
Ainsi, pour rassurer, Alstom a dû annoncer la cession prochaine de son activité de transmission. Contre toute attente, ce projet a effrayé le marché. Car si cette vente permet à court terme de diminuer l'endettement, à long terme, elle prive l'entreprise d'une activité solide et rentable. C'est l'un des paradoxes auxquels se trouvent confrontés de nombreux groupes actuellement.
Martine Orange • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 12:29:07
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Mercredi 19 mars 2003
OUTRE-MER
| Le Quotidien de la Réunion : '' Nous visons 30% du prix du billet ''
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14/03/2003
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : Les Réunionnais s'étonnent de ne voir aucune des propositions formulées par les deux assemblées locales retenues au sein du projet de loi-programme.
B. GIRARDIN : Je ne comprends pas. Le petit livret de Jacques Chirac Mon engagement pour l'outre-mer qui reprend le discours de Champ-Fleuri est ma bible. Je mets quiconque au défi de me prouver que tous les engagements qui appellent une loi ne sont pas inscrits dans la loi-programme. Par ailleurs, si ce projet sort avec un mois de retard sur le calendrier, c'est que plusieurs mesures qui ne figuraient pas dans les engagements du président ont été incluses. En matière de tourisme et de défiscalisation, qui aurait pu imaginer que serait rétablie la " détunnélisation " pour cinq ans ? On peut également évoquer le relèvement à 70 % du taux de défiscalisation. Tout ceci a été instauré en réaction à la crise du tourisme aux Antilles. Toujours en matière de défiscalisation, une mesure en faveur des petits projets, souhaitée par les petits opérateurs a été ajoutée et propose désormais un taux de rétrocession plus attractif, à 50 %. Dans le domaine du versement des prestations sociales, le statut de " chef de famille " est supprimé (voir par ailleurs). C'est une avancée énorme pour les familles monoparentales. Enfin, chacun doit savoir que la totalité des collectivités des Dom ne s'est pas encore exprimée et que des modifications peuvent être apportées dans le cadre du débat parlementaire. Mon texte n'est pas fermé. Je tiens à dire que dans le contexte actuel, passer une loi-programme de 270 M€ par an est une performance. En métropole, ils sont beaucoup à penser que l'on en fait trop.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : Concernant la continuité territoriale, et plus précisément la prise en charge partielle du prix du billet d'avion à hauteur de 100 à 200€, confirmez-vous ?
B. GIRARDIN : Concernant la continuité territoriale on a déjà mis en place le passeport mobilité. Nous proposons aussi une exonération de charges sociales jusqu'à 1,3 fois le Smic pour les compagnies aériennes et maritimes qui desservent les Dom. Tout cela afin de faire baisser le coût du fret et du transport passager. Pour créer ainsi un climat favorable à la desserte des Dom et sortir du monopole d'Air France. La dotation de l'Etat viendra amorcer la pompe.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : Quels seront les modalités et les critères pris en compte ?
B. GIRARDIN : Les critères seront le prix du billet. L'objectif devrait plutôt se traduire en pourcentage pour qu'en terme de montant la mesure soit équitable. En clair, on devrait se rapprocher du modèle espagnol et portugais et s'orienter vers une prise en charge de 30 % du prix du billet.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : A combien s'élèvera la dotation pour la Réunion ?
B. GIRARDIN : Pour l'heure, le principe de la dotation est arrêté. Que chacun y prenne sa part. Nous n'en sommes pas encore à la définition d'une enveloppe. Mais l'Etat ne doit pas être seul. Le financement devra être conjoint entre l'Etat, les collectivités et l'Europe.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : La Région estime que puiser dans les fonds européens se fera au détriment d'autres affectations.
B. GIRARDIN : Jamais les collectivités n'arriveront à épuiser l'ensemble des dotations européennes. Utilisons plutôt l'ensemble des fonds structurels pour ne pas avoir à les rendre à Bruxelles.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : Vous faites appel aux collectivités pour gérer la dotation annuelle. Mais, là encore, la Région est hostile.
B. GIRARDIN : La gestion de la dotation fera l'objet d'une déconcentration et sera confiée, à la préfecture, laquelle travaillera en liaison avec les collectivités.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : Qu'en est-il du projet du gouvernement de compagnie aérienne spécialisée dans les Dom. S'agit-il d'Air Dom ?
B. GIRARDIN : Air Dom n'est qu'une invention de journaliste. Le rôle de l'Etat n'est pas de créer une compagnie nationale alors que nous nous séparons d'Air France. Le rôle de l'Etat est plutôt que créer les conditions favorables à l'émergence de compagnies aériennes locales spécialisées. Notre action s'arrête là.
LE QUOTIDIEN DE LA REUNION : Jean-Pierre Raffarin s'est engagé à relever le plafond de la CMU dans les DOM. Mais à ce jour, on ne sait encore rien du nouveau plafond et des modalités d'application.
B. GIRARDIN : Nous avons été confrontés à un problème juridique concernant la couverture médicale universelle. Nous ne savions pas si nous devions passer par le législateur ou bien si un décret suffisait. Maintenant, nous savons qu'un décret suffira. Nous allons aller très vite comme pour le statut de chef de famille. C'est une affaire de quelques semaines. De toute façon, le président souhaite que la loi-programme soit votée avant l'été.
Propos recueillis par Marc BERNARD |
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 12:26:36
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OUTRE-MER
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Mercredi 19 mars 2003
ENERGIES
Energie: connaître et anticiper les défis de demain Dernière mise à jour : 18-03-2003 | 13:33 |
Nicole Fontaine, ministre déléguée à l'Industrie inaugurait mardi 18 mars les premières rencontres du débat national sur les énergies sur le thème: "Quels nouveaux défis pour la politique énergétique ?".
A cette occasion, elle a lue le discours du Premier ministre, qui précise l'esprit et les enjeux de ce débat. Il s'agit ainsi de tracer les contours de la politique énergétique française pour les trente années à venir, en identifiant les défis auxquels elle est confrontée et en l'inscrivant dans une logique de "changement".
Approvisionnement et incidences environnementales: deux défis majeurs
Le Premier ministre a souligné que la politique énergétique doit répondre à "un double défi", concernant tant l'approvisionnement que les incidences de la consommation sur l'environnement.
L'épuisement, à moyen terme, des gisements d'énergie d'origine fossile (charbon, gaz, pétrole) est connu. Outre cette raréfaction des ressources énergétiques, l'instabilité politique de certains pays riches en gisements d'hydrocarbures contribue également à rendre délicate la question de l'approvisionement.
Par ailleurs, Jean-Pierre Raffarin a évoqué la problématique des modes de consommation et de leurs incidences sur l'environnement.
Sur ce sujet, il a en particulier évoqué les incidences climatiques des émissions de gaz à effet de serre. "Notre planète ne peut plus physiquement le supporter" a-t-il prévenu, en référence aux travaux du GIEC dont il présidait l'assemblée plénière le 19 février dernier (voir l'article d'actualité).
Explorer les axes du changement
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Le débat national sur les énergies |
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Organisé sous l'égide du ministère de l'Economie et des Finances et de Nicole Fontaine, ministre déléguée à l'Industrie, le débat national sur les énergies se déroulera en France du 18 mars jusqu'au mois de juin 2003.
Ce débat s'inscrit dans la perspective du projet de loi d'orientation sur l'énergie qui sera présenté au Parlement avant la fin de l'année. Ce texte déterminera les grandes options énergétiques de la France pour les trente prochaines années.
Réunissant les producteurs d'énergie, les consommateurs, les entreprises, les associations, les élus ainsi que des experts, ce débat est destiné à associer tous les Français à la réfléxion gouvernementale.
A ce titre, six rencontres seront organisées à Paris et en province d'ici l'été 2003.
Le programme des rencontres
Paris, le 18 mars Quels nouveaux défis pour la politique énergétique
Strasbourg, le 3 avril Energie et vie quotidienne, comment consommer mieux?
Nice, le 15 avril Energie, entreprises et transports: comment concilier compétitivité et responsabilité?
Bordeaux, le 24 avril Charbon, gaz, pétrole, atouts et faiblesses: jusqu'à quand?
Rennes, le 5 mai Energies renouvelables, alternatives ou complément?
Rennes, le 6 mai Nucléaire: énergie d'avenir ou fausse solution?
Voir le site consacré au débat national sur l'énergie
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 | Pour faire face à ces défis, Jean-Pierre Raffarin a présenté plusieurs " axes de changement incontournables".
Une approche globale et une intégration en amont dans les politiques publiques du développement durable Le Premier ministre a souligné "l'impérieuse nécessité de mettre en oeuvre des politiques réelles de développement durable avec leurs trois composantes: économique, sociale et environnementale".
Evoquant la démarche d'ensemble engagée par le Gouvernement sur ce dossier, Il a rappelé l'importance de la mise en oeuvre "au niveau national comme au niveau local, d'approches nouvelles et plus en amont sur des politiques aussi complémentaires que l'aménagement du territoire, l'urbanisme, le logement ou les infrastructures de transport".
Maîtriser la demande Jean-Pierre Raffarin a exprimé, pour l'avenir, sa confiance dans "une croissance forte mais de plus en plus sobre en énergie". Il a souligné qu'à cet égard "la principale source d'économie [serait] une évolution profonde de nos comportements et de nos modes de vie".
Explorer la piste des énergies renouvelables Il a également relevé que la France recourrait de manière importante à l'hydroéléctricité. Pour autant, il a souligné "la volonté gouvernementale d'avancer de façon beaucoup plus audacieuse sur les filières des énergies renouvelables". A ce titre, il a mentionné la valorisation des éoliennes et de l'énergie solaire, soulignant leur "potentiel pour le chauffage et la production d'eau chaude".
Pour une gouvernance rénovée Cette approche nouvelle de la politique énergétique relève d'une démarche globale associant l'Etat, les collectivités locales et le secteur privé.
A l'Etat "il revient de fixer les règles du jeu pour réguler et orienter [des] décisions déconcentrées". Pour leur part, les collectivités locales "seront fortement encouragées" à "jouer un rôle déterminant", notamment par le biais de "politiques régionales marquées". Enfin, "il convient d'explorer la voie des partenariats public-privé" en renforçant notamment la politique de soutien à la recherche-développement.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 12:19:12
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Mercredi 19 mars 2003
COMMUNICATIONS
• LE MONDE | 18.03.03 | 13h13Avec le rachat de KirchMedia, Haim Saban prend pied en Allemagne
Francfort de notre correspondant
C'est une révolution dans le monde médiatique allemand : après des mois de suspens, des investisseurs étrangers s'apprêtent à prendre le contrôle d'un des piliers du paysage télévisuel du pays. Le milliardaire américain Haim Saban a conclu l'acquisition, lundi 17 mars, de 36 % du capital (72 % des droits de vote) de ProSiebenSat1, l'un des actifs les plus convoités du défunt empire Kirch. D'ici une dizaine de jours, un second accord, plus complexe à boucler, devrait entériner le rachat du catalogue de films sur lequel le magnat des médias Leo Kirch a construit sa fortune, avant de voir son entreprise acculée à la faillite en avril 2002. L'ensemble de l'offre est évaluée aux alentours de 2 milliards d'euros, dont plus de 500 millions pour les seules chaînes de télévision.
Il est possible que TF1 se décide dans les prochaines semaines à accompagner M. Saban. Les deux candidats ont d'abord cherché à formuler une offre paritaire, mais la filiale de Bouygues hésite toujours sur les modalités, voire l'opportunité d'un tel engagement (Le Monde du 14 mars). La récession du marché publicitaire et les sombres perspectives de l'économie allemande inquiètent les dirigeants et les actionnaires de la chaîne française. Son PDG, Patrick Le Lay, devait néanmoins se rendre à Munich mardi 18 février pour évoquer un éventuel partenariat. M. Saban a confirmé lundi qu'il se "réjouirait que TF1 prenne entre 1 % et 50 %" de la société qui devrait contrôler le fleuron télévisuel de l'ancienne constellation Kirch. TF1 dispose d'environ six semaines, c'est-à-dire la période nécessaire à la formalisation de la prise de contrôle de ProSiebenSat1, pour se décider.
Quelle que soit la décision des Français, le rachat du pôle ProSiebenSat1 par un Américain constitue une première dans un marché réputé difficile à pénétrer. Le marché privé de la télévision est pour le moment dominé par un duopole allemand constitué par le groupe RTL, filiale de Bertelsmann, et par la famille de chaînes contrôlées par Kirch (ProSiebenSat1, N24, et Kabel1, soit 1,9 milliard de chiffre d'affaires en 2002, et 3 000 salariés). Ces deux pôles captent plus de la moitié des investissements publicitaire à la télévision.
Certes, sur le papier, les investisseurs étrangers ne souffrent d'aucune discrimination en Allemagne. Mais l'organisation très fédérale du secteur audiovisuel, la complexité des règlements, et la puissance des acteurs locaux ont longtemps découragé toute velléité d'implantation. Canal+ a ainsi tenté sans succès pendant les années 1990 de se faire une place dans le domaine de la télévision à péage, en s'associant au sein de la chaîne Premiere aux frères ennemis, Bertelsmann et Kirch.
CONSTELLATION ÉCLATÉE
Plus récemment, l'américain Liberty Media a dû renoncer à prendre le contrôle du réseau câblé de Deutsche Telekom, suite au veto des gardiens de la concurrence. Chaînes publiques, producteurs privés, Bertelsmann et Kirch, toujours, avaient multiplié les mises en garde, craignant que le nouveau câblo-opérateur ne favorise les productions hollywoodiennes au détriment des programmes domestiques.
La chute de la maison Kirch aurait pu fournir un nouvel épisode à ce feuilleton protectionniste. En pleine campagne électorale, au printemps 2002, le chef du gouvernement, Gerhard Schröder, n'avait pas caché son opposition à l'arrivée d'investisseurs étrangers, tels que Silvio Berlusconi, le president du conseil italien, ou Rupert Murdoch, le magnat australo-américain, un homme de droite connu pour son euroscepticisme. Pendant longtemps d'ailleurs, c'est le groupe Bauer, une société familiale de Hambourg très présente dans la presse magazine, qui a tenu la corde pour reprendre les chaînes de télévision de Kirch. Elle a jeté l'éponge le 12 mars, son offre semblant moins intéressante que celle de Saban-TF1.
La vente des actifs audiovisuels et du catalogue de films constitue l'une des étapes les plus importantes du démantèlement de la constellation Kirch. Les droits sportifs sont allés à un cercle d'investisseurs parmi lesquels figurent Robert Louis-Dreyfus, l'ancien patron d'Adidas. La chaîne à péage Premiere, responsable du naufrage de sa maison mère, a été rachetée par ses managers, avec le soutien de sociétés d'investissement. La formule 1 est tombée dans l'escarcelle d'un consortium de banques créancières, autour de l'établissement public bavarois, Bayerische Landesbank. La participation de 25 % dans la chaîne privée espagnole Telecinco est, elle, dans les mains de la Dresdner Bank. Joyau du défunt empire, les 40 % détenus par Kirch dans l'éditeur Springer ont été repris en partie par la Deutsche Bank, qui s'apprête à les placer en Bourse. Avec la vente de KirchMedia, ce sont désormais 85 % des actifs de l'ancien poids lourd des médias allemands qui ont été cédés.
Philippe Ricard • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 11:52:01
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Mercredi 19 mars 2003
APA
18 mars 2003 Les modalités de calcul du concours aux départements par le fonds de financement de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA)
Les députés doivent voter solennellement, ce mardi, la proposition de loi d'origine sénatoriale concernant l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Le texte ne garantit cependant pas définitivement le financement de la prestation, comme l’avait précisé Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Personnes âgées, qui affirmait qu'"une réflexion sur les modalités d'un financement assuré et pérenne de l'APA sera engagée au second semestre" 2003. Une circulaire interministérielle du 17 février dernier commente les modalités de calcul du concours aux départements par le fonds de financement de l'APA (FAPA). Le montant annuel du concours est égal à la somme des recettes encaissées par le FAPA au cours de l'année, diminuée du montant du fonds de modernisation de l'aide à domicile et des frais de gestion du FAPA, augmentée le cas échéant du résultat excédentaire de la section APA de l'exercice précédent. Il est estimé, pour l'année 2002, à environ 800 millions d'euros dans le budget primitif du fonds. Le concours annuel aux départements est réparti en fonction de six critères. Il est prévu de majorer les montants répartis pour les départements dont les dépenses d'APA sont substantiellement plus élevées qu'elles ne le sont en moyenne sur l'ensemble du territoire national, de limiter le concours du fonds ainsi calculé à hauteur de 50 % des dépenses d'APA de chaque département et de plafonner la charge nette des départements (différence entre leurs dépenses mandatées d'APA et le montant du concours du FAPA après application de la règle d'écrêtement), de telle sorte que celle-ci soit limitée à une somme égale au produit de 80 % de la majoration pour tierce personne revalorisée par le nombre de bénéficiaires.
Circulaire DSS/5 A n° 2003-75 du 17 février 2003 relative aux modalités de répartition et de versement du concours aux départements par le fonds de financement de l'allocation personnalisée d'autonomie (régularisations) pour les années 2002 et 2003.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-19 11:50:46
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ALAIN LAMBERT
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