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Publié le jeudi 27 février 2003

Jeudi 27 février 2003

FILLON ET LES RETRAITES
RETRAITES

Retraites : François Fillon
tente de temporiser

Le ministre, qui affronte un tollé syndical après ses propos sur l'alignement de la durée de cotisation du public sur le privé, assure que "la question n'est pas tranchée". Il ajoute néanmoins que "son opinion est partagée par une grande partie des Français".

 
François Fillon
 
François Fillon s'efforce d'apaiser les craintes des syndicats sur la réforme des retraites. Le ministre des Affaires sociales a assuré jeudi que la question de l'alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle des salariés du privé n'était "pas tranchée", malgré sa prise de position personnelle en faveur d'une "harmonisation".
Le ministre des Affaires sociales, qui dressait devant la presse le bilan de la première phase de la réforme en compagnie de Jean-Paul Delevoye (Fonction publique), a confirmé l'engagement du gouvernement de conclure "avant le début de l'été".
Mercredi, François Fillon avait provoqué un tollé parmi les syndicats de fonctionnaires en confirmant dans Le Parisien l'intention du gouvernement d'aligner "progressivement" la durée de cotisation de la fonction publique (37 ans et demi) sur celle du privé (40 ans). Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a même estimé jeudi lors d'une conférence de presse que les déclarations de François Fillon manifestaient une volonté d'arrêter unilatéralement le contenu de la réforme, entraînant un risque "de rupture".

Fillon s'appuie sur "l'opinion"

Devant la colère syndicale, le ministre a apporté jeudi quelques nuances sur la forme. "La question n'est pas tranchée", a-t-il assuré. Dans cet esprit, il s'est déclaré "prêt à examiner" les propositions des syndicats pour sauver "d'une autre manière" le régime par répartition.
"Le débat, il est ouvert. Les organisations syndicales le savent bien", a encore observé le ministre des Affaires sociales. Il a rappelé que les syndicats seraient tous présents vendredi à la première réunion du "groupe confédéral", qui poursuivra la "concertation" avec les partenaires sociaux sur la réforme.
Mais François Fillon n'a rien cédé sur le fond. Il a fait valoir en particulier que son "opinion" était partagée par "une grande partie des Français".
Rappelant l'enjeu de la réforme, sauver le régime par répartition, François Fillon a donc invité les syndicats à avoir "une attitude responsable" et à ne pas rechercher "les faux-fuyants qui ont été depuis dix ans la cause d'un très grand immobilisme" sur ce dossier. "C'est plutôt l'orientation qui est la leur", a-t-il observé.

Points de convergence

Le ministre des Affaires sociales a ainsi tiré un bilan "positif" de ses premières rencontres avec les formations politiques et les partenaires sociaux. Ces discussions "sereines et consistantes» ont permis selon lui de dégager "cinq points de convergence", notamment:
- la nécessité de prendre en compte la pénibilité du travail dans la réforme,
- "l'urgence de prendre à bras le corps" la question de l'emploi des plus de 50 ans,
- "l'idée d'une réforme continue et progressive".

Financement

François Fillon a cependant relevé des "positions contradictoires avec la volonté de réforme du gouvernement". Il a notamment évoqué la revendication syndicale de permettre le départ avant 60 ans des salariés disposant de 40 années de cotisation, qui aggraverait dès 2004 de "13,6 milliards d'euros par an" le besoin de financement du régime par répartition.
Le ministre a également écarté les propositions consistant à revenir sur le mode de calcul des retraites institué par la réforme Balladur de 1993, à augmenter le taux de cotisation ou à créer un nouveau prélèvement pour financer les retraites.
François Fillon a cependant espéré que les prochaines discussions avec les partenaires sociaux permettraient de "clarifier" ces positions contradictoires. "Rien n'est encore tranché", a-t-il affirmé.
Les deux ministres ont donc lancé la deuxième phase de la réforme, la concertation. Tout au long du mois de mars, le "groupe confédéral" réunissant les organisations syndicales et patronales représentatives se réunira au moins une fois par semaine rue de Grenelle pour discuter de la "méthode" et des "principes communs" de la réforme. Des "sous-groupes techniques" seront parallèlement mis en place.
Le gouvernement mettra ensuite ses propositions sur la table en avril, pour un projet de loi adopté "en mai" par le conseil des ministres et un débat en juin au Parlement. "L'engagement de mener à bien cette réforme avant le début de l'été sera ainsi tenu", a souligné François Fillon. (AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-27 13:02:27
Permalien RETRAITES, FILLON


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