Vendredi 21 février 2003
COMMERCE
• LE MONDE | 20.02.03 | 15h56
En 2002, les investissements étrangers en France ont reculé de 15,3 %
Le 12 février, Jacques Chirac dénonçait une fois de plus le déclin de la France, sa perte de compétitivité, et regrettait le "recul, constaté depuis quelques années, de la capacité de la France à attirer les capitaux étrangers". La lecture des résultats 2002 de la balance des paiements publiés mercredi 19 février semble lui donner partiellement tort : la France attire encore des investissements étrangers, et ce à des niveaux élevés. Dans les faits, malgré une diminution, la situation est beaucoup moins dramatique que semble le penser le chef de l'Etat.
En 2002, selon les premières données disponibles, les investissements étrangers en France se sont élevés à 49,8 milliards d'euros. Certes ils ont ainsi enregistré un recul de 15,3 % par rapport à 2001, une année record. Mais la baisse des investissements étrangers en France en 2002 doit être comparée à celle, bien plus brutale (– 27 %), qui a été constatée au niveau mondial.
De ce point de vue, donc, la France souffre moins que la moyenne des autres pays de la mauvaise conjoncture économique. En revanche, les investissements réalisés à l'étranger par des entreprises françaises sont eux, effectivement, en net repli : ils ont atteint 67,8 milliards d'euros en 2002, soit 26 % de moins qu'en 2001.
Les achats de titres français par des étrangers ont également moins bien résisté à la dégradation de l'économie mondiale : ils ont représenté 64,8 milliards d'euros en 2002 contre 114 milliards en 2001, alors que les Français ont encore acquis pour 85,2 milliards d'euros de titres à l'étranger l'an dernier contre 93 milliards en 2001. Plus rares, les investissements de portefeuille en France, en 2002, ont également été plus prudents puisqu'ils ont été plus souvent orientés vers les titres d'Etat : à la fin de l'an dernier, les étrangers détenaient ainsi 34,6 % de la dette négociable de l'Etat, contre 33,6 % un an avant.
Au total, la balance des paiements a dégagé en 2002 un excédent de 30,9 milliards d'euros, contre 23,6 milliards en 2001.
Virginie Malingre
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.02.03
MONDE INTERACTIF | 14.02.03 | 17h18
• MIS A JOUR LE 14.02.03 | 17h44Le solde du commerce extérieur français a triplé en 2002
La France a dégagé un excédent commercial de 9,986 milliards d'euros, contre 2,928 milliards d'euros en 2001. Si l'excédent français "retrouve un niveau élevé" en 2002, "il reflète néanmoins une conjoncture dégradée et une attitude attentiste des entreprises et des ménages chez nos principaux partenaires et en France". En effet, ce chiffre florissant est surtout dû à une nette contraction des importations et, dans une moindre mesure, des exportations, d'autant que, selon le ministre du commerce extérieur, François Loos, "l'orientation géographique des [échanges français n'a pas] permis de tirer parti de la légère reprise du commerce mondial".
Les exportations françaises, en baisse de 1,3 % par rapport à 2001, ont été pénalisées par le ralentissement de l'activité et des investissements dans l'ensemble des pays de l'Union européenne, principal partenaire commercial de la France (62 % de ses exportations et 60 % de ses importations). Au total, les exportations vers l'Union européenne ont reculé de 0,9 % , la baisse la plus significative concernant l'Allemagne, le principal partenaire commercial de la France.
Particulièrement touché par cette baisse, le secteur aéronautique accuse un recul de 31 % en 2001, surtout concentré en Amérique et en Asie et "conséquence de la crise du transport aérien et de l'atonie de la croissance américaine", selon M. Loos. En revanche, les ventes de matériel militaire, après plusieurs années de faibles montants à l'exportation, ont nettement augmenté pour atteindre 3,23 milliards d'euros en 2002, contre 2,07 milliards d'euros en 2001, selon les douanes.
L'exportation de produits agroalimentaires et de biens de consommation est également en hausse, respectivement de 3,3 % et de 3,1 %. Les importations françaises ont, quant à elles, atteint 316 milliards d'euros, soit un recul de 3,5 % par rapport à 2001. Les importations vers l'Union européenne ont cédé 2,1 % en 2002. Ce repli s'explique notamment par la réduction de la facture énergétique, due à "une diminution en volume de l'approvisionnement en produits pétroliers et à l'appréciation de l'euro face au dollar depuis le printemps 2002, le cours du brut étant resté quasiment identique en 2001 et 2002", a expliqué le ministre.
Le ministre du commerce extérieur relève toutefois "des signes encourageants", notamment une progression des entreprises françaises dans les pays de l'élargissement européen, et une bonne compétitivité des secteurs de l'automobile, de la pharmacie, de la parfumerie et de l'agroalimentaire.
Avec AFP et Reuters
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-21 12:46:02
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