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Publié le jeudi 20 février 2003
Jeudi 20 février 2003
LE DOLLAR
| L'Express du 20/02/2003 |
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| L'arme du dollar |
| par Eric Chol |
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| Les Etats-Unis encouragent la baisse de leur monnaie. Si elle s'accentue, elle deviendra dangereuse pour les Européens |
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Conséquence du 11 septembre, les touristes américains sont moins nombreux en France en 2002 - leur nombre a fondu de 18%. Ce recul important risque fort de s'accélérer cette année. Non seulement en raison de la peur des attentats ou de l'attitude de la France dans le conflit irakien, mais aussi pour une raison pécuniaire, la chute du dollar rendant les vacances en Europe de plus en plus coûteuses.
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Ce n'est pas tant l'euro qui monte mais le dollar qui chute |
De janvier 2002 à aujourd'hui, l'euro s'est apprécié de 20% par rapport au billet vert - il s'échange à 1,08 dollar - atteignant son cours le plus élevé depuis octobre 1999. Simple mouvement de balancier, après des débuts laborieux pour la monnaie européenne? En fait, ce n'est pas tant l'euro qui monte mais le dollar qui chute. La preuve en est que, ces douze derniers mois, il s'est déprécié face à la plupart des devises: le yen (- 13%), la livre sterling (- 12%) ou le franc suisse (- 23%). «Au total, calcule Florence Pisani, économiste chez Dexia-AM, le dollar a perdu, l'an dernier, 7% par rapport à l'ensemble de ses partenaires.»
Loin de s'arrêter, le mouvement s'est récemment accéléré, suscitant l'inquiétude des fabricants d'automobiles allemands et autres exportateurs européens en mal de compétitivité, mais la joie des hedge-funds, ces fonds spéculatifs qui parient depuis des mois sur la chute du billet vert. Dans les banques centrales et les salles de change, la question taraude désormais les financiers: jusqu'où glissera la devise américaine? Les experts sont persuadés que, si un répit est à prévoir - le temps pour les marchés de reprendre leur souffle - le dollar va repiquer du nez. Financer le déficit américain
Le principal motif de cette baisse tient au creusement des déficits américains. En 2002, la balance des paiements des Etats-Unis a affiché un trou estimé à 500 milliards de dollars, soit 5% du produit intérieur brut et 100 milliards de plus que l'année précédente. Pour financer cette ardoise, les Etats-Unis doivent attirer chaque jour près de 1,5 milliard de dollars supplémentaires en provenance de l'étranger. Jusqu'à présent, cette contrainte passait ina-perçue parce que, tant que durait la mode des technologies de l'information, les investisseurs se ruaient les yeux fermés en Amérique, paradis de l'innovation. Aujourd'hui, ils y regardent à deux fois. En attestent leurs achats d'entreprises ou de titres à la Bourse américaine, réduits à la portion congrue.
Alors, pour financer leur déficit, les Américains ont renoué avec leur bonne vieille habitude, le recours à l'emprunt. En clair, la dette publique américaine, qui frôle les 6 500 milliards de dollars, absorbe une part croissante de l'épargne mondiale. «Cette dette est tellement colossale qu'il faut une baisse du dollar pour pouvoir la financer», remarque Philippe Weber, responsable des études économiques à CPR Asset Management.
Les fins de mois un peu difficiles des Etats-Unis n'expliquent pas, à elles seules, la glissade du billet vert. En réalité, de la Maison-Blanche aux syndicalistes en passant par le Parti démocrate, l'establishment américain a renoncé à la politique du dollar fort, inaugurée en 1995 par l'ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin. «Les entreprises ont tiré en premier le signal d'alarme», explique Antoine Brunet, chef stratégiste à HSBC-CCF. Et c'est normal, car elles sont doublement victimes du dollar fort: sa hausse de 30% vis-à-vis de l'euro entre 1997 et le début de 2001 paralyse leurs exportations et, inversement, rend très bon marché les produits étrangers.
«A terme, un dollar trop cher finit par asphyxier l'économie et empêche le maintien d'une croissance forte», analyse Antoine Brunet. Cette réalité n'a pas échappé au locataire de la Maison-Blanche. Pour espérer un second mandat, Georg W. Bush ne peut se désintéresser de l'économie. Il doit donc trouver de nouvelles sources de croissance. Or les taux d'intérêt sont déjà au plus bas et il n'y a plus grand-chose à espérer de ce côté-là. Les dépenses publiques ont déjà été largement mises à contribution pour stimuler l'activité, avec, en 2003, un déficit budgétaire prévu de 304 milliards de dollars, pour 158 milliards en 2002.
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Une appréciation de 10% de l'euro prive le Vieux Continent d'un point de croissance en deux ans |
Reste l'arme du taux de change. Voilà près de dix-huit mois que le président Bush, sensible aux appels du lobby industriel, songerait à rompre avec la stratégie du dollar fort. Certes, le sort du dollar ne se joue ni à la Maison-Blanche, ni même au siège de General Motors ou de Boeing, ni encore à la Réserve fédérale. «Les autorités américaines ne contrôlent pas le dollar, dont le cours dépend du comportement des marchés», explique Charles Wyplosz, économiste à Genève et directeur du Centre international d'études monétaires et bancaires. Mais la Maison-Blanche n'est pas dépourvue de moyens. Elle peut adresser des messages aux opérateurs de change. Messages en partie retardés par les attentats du 11 septembre, puis par les scandales financiers Enron et WorldCom ( voir notre dossier). Il ne fallait pas que le dollar dévisse quand la Bourse s'effondrait. A la fin de l'automne 2002, la situation semble plus propice et la démission spectaculaire, le 6 décembre, du secrétaire au Trésor, Paul O'Neill, attaché à une monnaie forte, apparaît comme un signe du retournement.
D'autres suivront, mais ces signaux manquent parfois de clarté quand ils ne deviennent pas complètement contradictoires. Ainsi, à la fin de janvier, en pleine dégringolade de la devise américaine, John Snow, nouveau secrétaire au Trésor, se déclare en faveur d'un dollar... fort! «Il ne faut pas surinterpréter les messages envoyés par les dirigeants américains, qui essaient souvent de justifier a posteriori les évolutions de leur monnaie», relativise Charles Wyplosz.
A priori, la baisse de la devise américaine n'est pas une bonne nouvelle pour l'Europe. Les économistes ont déjà calculé qu'une appréciation de 10% de l'euro prive le Vieux Continent d'un point de croissance en deux ans. «Pour l'Europe, c'est un vent de face, mais pas une tempête», relativise Charles Wyplosz. D'autant que cette baisse du dollar n'a pas que des aspects négatifs. Elle réduit la facture pétrolière, au moment où le prix du baril s'envole. Elle donne aussi ses premières lettres de crédibilité à l'euro.
Outre-Atlantique, les gains escomptés ne sont pas encore au rendez-vous. Certes, les industriels américains peuvent espérer reconquérir des parts de marché en Europe. «La situation s'est nettement améliorée, constate, à Washington, Frank Vargo, vice-président de la puissante Association nationale des industries manufacturières, et il reste une marge d'appréciation pour la monnaie européenne.»
Mais les pays de la zone euro ne représentent que 15% des débouchés américains. «La dépréciation du dollar ne soulagera que faiblement le commerce extérieur», souligne Antoine Brunet. Aucune amélioration n'est en effet à attendre de la Chine - le déficit des échanges avec ce pays est le plus important de tous ceux que subissent les Etats-Unis - Pékin refusant de laisser s'apprécier sa monnaie. Même constat avec le Mexique, où le peso recule face au dollar.
Dans ces conditions, les Américains pourraient être tentés d'accentuer les pressions à la baisse du dollar face à l'euro. «Au-delà du seuil de 1,15 dollar pour 1 euro, la baisse du billet vert deviendrait déraisonnable», avertit Florence Pisani. Un scénario pourtant de plus en plus probable, surtout dans le contexte des tensions géopolitiques actuelles. «Jusqu'à présent, le repli du dollar s'est fait dans le calme, souligne Michel Santi, directeur général de SL Portfolio Management, à Genève. Mais, en cas d'intervention américaine unilatérale en Irak, cette baisse risque de devenir désordonnée et très volatile.» Transformant l'euro en une nouvelle monnaie refuge.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 12:20:26
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Jeudi 20 février 2003
SOCIETE AMERICAINE
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 La société américaine |
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| L'Express du 20/02/2003 |
Discrimination |
| Le boomerang de l'affirmative action |
| de notre correspondant Philippe Coste | |
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| Aux Etats-Unis, les faveurs accordées aux minorités se retournent contre elles-mêmes |
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«Racisme, discrimination à l'envers!» Trois étudiants blancs recalés il y a huit ans à l'entrée de la prestigieuse université du Michigan accusent la fac de les avoir désavantagés en accordant des préférences iniques aux candidats noirs ou hispaniques. Ceux-ci se voyaient automatiquement attribuer 20 points de plus, sur une échelle de 150. Leur plainte, qui devrait être entendue en juin 2003 par la Cour suprême, et officiellement soutenue par George W. Bush lui-même, relance la polémique sur l'affirmative action, ce coup de pouce aux minorités ethniques sous-représentées dans l'enseignement supérieur ou le monde du travail. La Haute Cour décidera peut-être de corriger l'ensemble de ces pratiques aujourd'hui critiquées.
En fustigeant, à la mi-janvier, l' «injustice des quotas» de l'université du Michigan, George Bush oubliait que les fameux pourcentages de places réservées aux minorités, institués en 1965, ont été abolis en 1978 par la Cour suprême, et que la «race», lorsqu'elle constitue encore un critère, n'est plus, aujourd'hui, qu'un élément d'appréciation parmi beaucoup d'autres à l'entrée de la majorité des universités américaines. Les discriminations ethniques restent pourtant évidentes: à peine plus de 15% des Noirs ont un diplôme de premier cycle, pour 30% des Blancs et 40% des Asiatiques. Mais seuls les établissements d'élite s'efforcent officiellement de compenser des déséquilibres aggravés par leur petit nombre d'étudiants. Avec quels résultats? Harvard ne recense en moyenne que 7% de Noirs, alors que leur proportion dans la population américaine frise les 13%. La faculté de droit du Michigan use d'un éventail de critères complexes, incluant, outre le niveau scolaire, le milieu social, l'origine géographique et raciale des candidats. Pourtant, même dans les meilleures années, elle ne compte pas plus de 31 étudiants noirs sur ses 352 recrues.
Les discriminations dites «positives» sont parfois considérées comme une injustice par les recalés. Régulièrement menacées de procès, les facs essaient donc de prendre en compte en priorité l'origine sociale, plus que la couleur des étudiants. Mais les grands employeurs américains, soucieux de recruter leurs cadres dans un vivier représentatif de la population américaine, contredisent la Maison-Blanche. Ils ont pris la défense de l'affirmative action dans un avis déposé devant la Cour suprême.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 12:18:15
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TRAVAIL
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Jeudi 20 février 2003
BARRIL
• LE MONDE | 12.02.03 | 13h27Selon les scénarios, le prix du baril évoluerait entre 15 et 100 dollars
L'histoire se répéterait-elle ? Comme avant la guerre du Golfe de janvier 1991, les analystes multiplient les simulations pour tenter de deviner l'évolution des prix du baril. Selon les hypothèses, les cours oscille entre 15 et 40 dollars, pour culminer à 100 dollars, comme douze ans auparavant.
Les experts de l'Institut français du pétrole (IFP) ont échafaudé trois scénarios. Première hypothèse : la "guerre évitée". Les prix du pétrole redescendent rapidement pour revenir de leur niveau actuel, plus de 32 dollars, à environ 22 dollars en septembre. "Le baril retrouverait ses fondamentaux en revenant à son niveau du début de l'année 2002", pronostique Jean-François Giannesini, conseiller du président de l'IFP. L'économie mondiale devrait redémarrer et atteindre 3 % de croissance aux Etats-Unis au dernier trimestre et 2,5 % en Europe.
Le deuxième scénario, dit de la "guerre éclair", apparaît comme plus favorable à l'économie. L'offensive lancée avant la fin du mois de mars aboutirait à la chute rapide du régime de Bagdad et à son remplacement par un régime démocratique sans dommages collatéraux, d'extension du conflit à l'Arabie saoudite, ou de puits de pétrole en feu. Dans ce cas les prix du baril, qui friserait les 40 dollars pendant l'attaque, pourraient redescendre très rapidement, dès juillet, vers leurs fondamentaux de 22 dollars. Le nouveau gouvernement pourrait même décider d'ouvrir rapidement ses vannes et d'augmenter sa production, la portant de 2 à 3 millions de barils par jour. "Cela pourrait conduire à une implosion de l'OPEP et on pourrait voir le baril tomber sous les 15 dollars", estime M. Giannesini. Cette guerre éclair entraînerait un "redémarrage assez puissant", avec une croissance de 4 % à 4,5 % aux Etats-Unis et de 3 % à 3,2 % en Europe.
RÉCESSION MONDIALE
"Le scénario noir" cumule un enlisement des troupes, des puits de pétrole en feu, des attentats, l'Arabie saoudite menacée. Les cours s'emballeraient et pourraient dépasser les 50 dollars, entraînant la récession mondiale.
L'IFP se refuse à privilégier une hypothèse. A l'inverse, dès novembre, les Américains ont établi des évaluations. Basé à Washington, le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) élude rapidement le cas d'une absence de guerre pour se focaliser sur trois scénarios. Le plus probable est le "cas bénin" qui s'illustre par une victoire rapide et décisive en quatre à six semaines. Ses chances de réalisation oscillent, selon le CSIS, entre 40 % et 60 %. Les prix du baril redescendraient à 22 dollars en fin d'année. Les experts sont plus sceptiques sur le "cas intermédiaire", avec des combats durant entre six et douze semaines, mais avec des dommages limités. Sa probabilité varie entre 30 % à 40 %. Sur l'année, le baril se maintiendrait à 37 dollars. Enfin, ils ne croient pas au "pire des cas", celui d'une guerre durant entre quatre-vingt-dix et cent quatre-vingts jours, avec des dégâts importants dans la région. Cette situation n'a que 5 % à 10 % de risque de se produire, estiment-ils. Le baril sur l'année se négocierait aux alentours de 60 dollars, avec un pic de 80 dollars au premier trimestre. Dans l'hypothèse d'un scénario catastrophe, l'augmentation pourrait même atteindre trois chiffres, prévenait à l'automne un autre expert pétrolier, Cheikh Yamani, ancien ministre saoudien du pétrole
Sur les marchés, "les investisseurs retiennent l'hypothèse d'une intervention militaire en Irak, estime Régis Collieux, analyste chez BNP Paribas. Cependant, la situation au Venezuela continue aussi de peser sur les cours, les interrogations portant sur le niveau réel des exportations depuis la fin de la grève". La production reprend mais n'a pas retrouvé son niveau antérieur. Si le marché mondial peut combler un manque de production momentanée de l'Irak, il ne peut supporter d'autres défaillances. Ironie de l'histoire, pendant les grèves vénézuéliennes de décembre, les Américains se sont approvisionnés auprès de Bagdad.
Dominique Gallois • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.02.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 10:52:29
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Jeudi 20 février 2003
PUBLICITE
Audiovisuel L'autorisation de diffuser de la publicité pour la grande distribution menace toujours la presse et l'édition Publicité : «l'impossible» ouverture des secteurs interdits
 Paule Gonzales [20 février 2003]
 C'est un jeu délicat. Le gouvernement s'apprête à entrouvrir avec prudence le délicat dossier des secteurs interdits à la télévision. A ce jour, en effet, la presse, le cinéma, l'édition et la grande distribution n'ont pas accès au petit écran. Le but de cette disposition légale qui date de 1992 est de garantir la diversité culturelle et le pluralisme des médias. Aujourd'hui, cependant, ce dispositif est battu en brèche par la Commission européenne. C'est une mise en demeure de réformer son système qu'elle a adressé à la France au cours du second semestre dernier. Si elle ne juge pas illégales de telles mesures, elle estime cependant qu'une interdiction totale est «disproportionnée» par rapport aux deux buts poursuivis. Pressés de répondre et soucieux d'éviter un avis motivé de Bruxelles, les pouvoirs publics ont donc lancé, à l'automne dernier, une vaste consultation des acteurs concernés pilotée par la Direction des médias.
C'est la presse qui a été la première consultée. Le gouvernement est convaincu qu'une partie de la presse magazine le soutient dans sa volonté d'ouverture. Il lui faudra toutefois convaincre la presse régionale toujours réticente. C'est pourquoi le gouvernement se donne jusqu'à la fin avril pour modifier le décret actuel.
Mais il est difficile d'imaginer que la volonté de réforme aille plus loin. Qu'il s'agisse du cinéma mais surtout de l'édition, ces deux secteurs sont fondamentalement réfractaires à toute évolution. Une position motivée par la structuration de ces marchés fragiles qui comptent quelques opérateurs dominants et tout-puissants mais aussi beaucoup de petits indépendants. Si les grandes majors américaines ou les grands groupes d'édition auront toujours les moyens de s'offrir publicité et promotion à la télévision, ce ne sera pas le cas de la production ou de l'édition indépendantes. Cette surexposition des plus grands groupes ne peut que nuire à la diversité culturelle. Chantre d'un principe qu'elle a érigé en cheval de bataille sur la scène internationale, la France a déjà rappelé à Bruxelles sa volonté de défendre un dispositif justement instauré pour protéger la richesse de la création. Un argumentaire qui pourrait être repris par le secteur de la distribution qui compte elle aussi de gros opérateurs comme Leclerc, Carrefour ou Auchan, mais aussi une multitude de petits commerces de quartier ou de centre-ville. De quoi intéresser les services de Renaud Dutreil, secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce et à l'Artisanat.
Les conséquences de l'ouverture de la publicité à la grande distribution seront surtout sensibles pour la presse. De quoi y regarder à deux fois si l'on veut maintenir les équilibres. Dans les différents ministères concernés, on évoque comme scénarios possibles une limitation de la pub à certaines tranches horaires et/ou aux télévisions locales (lire ci-dessous). Et on privilégie la pub licité insti tu tionnelle à celle des produits. Prudents, on répète aux négociateurs que l'évocation de telles hypothèses ne signifie pas leur exécution.
Les remarques de la Commission européenne comme de la direction chargée du commerce intérieur ne sont pas suffisamment contraignantes pour inciter le gouvernement à faire du zèle. D'autant que les dernières études publiées par plusieurs agences médias comme Carat ou MPG sont alarmantes. Toutes affirment que les conséquences d'une ouverture totale seraient dramatiques, notamment pour la presse quotidienne. Nationale comme régionale. Le manque à gagner représenterait 100 à 130 millions pour cette dernière. Soit 15 à 20% des investissements publicitaires que lui consacrent jusqu'à présent les quatre secteurs interdits de pub TV.
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 10:30:30
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Jeudi 20 février 2003
INTERNET
REGLEMENTATION Le 25 février le Parlement débattra de la loi sur l'économie numérique
 «Avec ce texte, la France devrait rattraper son retard», estime Michèle Tabarot (UMP) qui a remis son rapport sur la question. (Photo Assemblée nationale) | Les députés tentent de dompter Internet
 Jacques-Olivier Martin [20 février 2003]
 A partir du 25 février, les députés examineront le projet de loi sur l'économie numérique dans la plus grande indifférence. Pourtant, ce texte est une tentative d'encadrement de l'Internet. Il n'y a pas si longtemps, le sujet aurait soulevé les passions.
Le problème est incontestablement vaste mais surtout crucial. Car, malgré l'éclatement de la bulle technologique, l'Internet n'a jamais été aussi vivace en France. On compte aujourd'hui plus de 9 millions d'abonnements individuels et le commerce en ligne grand public affiche une croissance annuelle de plus de 60%.
De fait, les nombreux problèmes surgis lors de l'émergence de l'Internet ne font qu'enfler alors que l'usage du réseau des réseaux se banalise. Il en va ainsi de la lutte contre la pédophilie, le négationnisme et le racisme en ligne. Il en va de même de la multiplication de ces détestables e-mails non sollicités. Il en va aussi de l'usage de cryptologie ou encore de l'absence d'un cadre clair régissant le commerce électronique.
On pourrait également ajouter que la France se doit, enfin, de produire un premier grand texte sur l'Internet, pour se mettre au moins en conformité avec les recommandations de l'Union européenne. On pense en premier lieu à la directive européenne sur le commerce électronique. Elle devait être transposée dans les pays membres de l'UE avant janvier 2002. C'est seulement avec cette loi que la France passera à l'acte. «Avec ce texte, la France devrait rattraper son retard», commente Michèle Tabarot, député UMP, qui a remis un rapport pour avis sur le projet de loi.
En réalité, le gouvernement Jospin avait élaboré une loi ambitieuse sur la société de l'information (LSI). Elle n'a cependant jamais été votée. Quelques dispositions relatives au cyberpiratage ont certes été incorporées dans la loi sur la sécurité quotidienne (LSQ) de fin 2001. D'autres mesures sur la responsabilité des prestataires (éditeurs, fournisseurs d'accès et hébergeurs) ont été par ailleurs adoptées en août 2000.
La semaine dernière, la commission parlementaire des affaires économiques et la commission des lois ont examiné les 38 mesures de ce projet de loi et adopté des amendements visant souvent à préciser et à infléchir ces mesures. «Si l'objectif est de mieux protéger les consommateurs et les usagers, le projet de loi va dans le bon sens», commente Eric Barbry, avocat responsable du droit de l'Internet chez Alain Bensoussan.
Ainsi, en matière d'envoi de messages non sollicités aux particuliers – les internautes parlent de spamming –, la loi prévoit leur interdiction en l'absence d'accord préalable de l'internaute. En revanche, les députés ont assoupli le projet de loi en ce qui concerne les entreprises. Un amendement prévoit de leur permettre de recourir sans restriction au démarchage par e-mail.
«Pour tenter de faire respecter l'interdiction du spamming, les députés de la commission souhaitent confier à la Cnil (NDLR: Commission nationale de l'informatique et des libertés) le rôle d'intermédiaire entre les internautes subissant les envois non sollicités et le procureur de la République chargé d'engager une procédure judiciaire», explique Jean Dionis du Séjour, député UDF, et rapporteur auprès de la commission affaires économiques.
Autre mesure protectrice: la transposition de la directive européenne sur le commerce électronique. Le «double clic» pour valider la commande, la publication des conditions générales de vente et d'informations relatives à l'identité du commerçant, une plus grande transparence des contrats..., ces nouvelles obligations sont autant de mesures destinées à sécuriser les internautes pratiquant le commerce en ligne.
Près de la moitié des articles concernent le cryptage. En ce domaine, le texte vise à libéraliser l'usage de la cryptologie tout en renforçant les peines pour ceux qui l'utilisent à des fins criminelles.
Cette loi ne devrait être qu'un premier pas, prédit Eric Barbry. Plusieurs sujets relatifs à Internet sont toujours en suspens. Il s'agit notamment de la réglementation concernant les liens hypertexte ou encore de celle régissant les «cookies», ces petits programmes informatiques qui s'installent automatiquement dans les ordinateurs et alimentent plus ou moins à l'insu des internautes des bases de données.
RÉGLEMENTATION Le 25 février, le Parlement débattra de la loi sur l'économie numérique Sites illicites : la responsabilité des hébergeurs est renforcée
 J.-O.M. [20 février 2003]
 Yahoo ! et les reliques nazies, Front 14 et ses propos racistes : les grands procès d'Internet ont révélé à quel point il était nécessaire de définir les règles et les responsabilités de chacun pour faire respecter le droit français sur Internet. Avec l'article 2 du projet de loi sur l'économie numérique, le gouvernement livre un cadre réglementaire qui fait couler beaucoup d'encre. Le texte met les prestataires Internet et particulièrement les hébergeurs dans une situation de véritables auxiliaires de police.
Le dispositif gouvernemental, aménagé par quelques amendements de la commission des affaires économiques et de la commission des lois, défend un mécanisme à deux étages. Le premier concerne la lutte contre les sites illicites installés en France.
Jusque-là les hébergeurs avaient l'obligation de retirer les contenus illicites seulement après injonction du juge. Dans le projet de loi, leur responsabilité pourra être engagée à partir du moment où ils ne suppriment pas des pages illicites alors qu'ils ont été alertés par des internautes. «Les hébergeurs sont érigés en juge et des erreurs seront commises», s'inquiète Eric Barbry, avocat spécialisé dans le droit d'Internet chez Alain Bensoussan.
Les propositions de la commission parlementaire des affaires économiques n'arrangent que partiellement leur situation.
Elle tend certes à protéger les hébergeurs contre des dénonciations infondées en préconisant la possibilité d'engager aussi la responsabilité des internautes ayant abusivement demandé le retrait d'un contenu qui ne s'avère pas illicite. Mais en proposant une obligation de surveillance du réseau visant à détecter puis à supprimer les contenus appelant à la haine raciale, la pédophilie et les crimes contre l'humanité, elle renforce un peu plus le champ des obligations de ces prestataires.
Le second étage du dispositif du projet de loi concerne la lutte contre les sites illicites hébergés à l'étranger. Sans grande surprise, le dispositif défend la mise en place par les fournisseurs d'accès (FAI) de systèmes de filtrage visant à empêcher l'accès à ces pages.
Les FAI déplorent cette méthode qu'ils jugent techniquement complexe et peu efficace. Le mieux serait que l'ensemble des nations s'accordent sur la notion de contenus illicites. Une douce utopie bien sûr...
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 10:28:24
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Jeudi 20 février 2003
DISTRIBUTION
Semaine du jeudi 20 février 2003 - n°1998 - Notre époque
Les salariés de la peur
Dans l’enfer du hard discount
Cadences infernales, harcèlement moral, guérilla contre les syndicats. Derrière les enseignes des supermarchés discount se cachent des pratiques sociales d’un autre âge. Enquête sur le sous-prolétariat de la grande distribution
Ce jour-là, au petit matin, Mickaël Goguillon, salarié de l’entrepôt Lidl de Montceau-les-Mines, est retrouvé inanimé en contrebas de la plate-forme de stockage des palettes, la tête coincée sous les 2,5 tonnes du chariot élévateur qu’il conduisait. Au moment de l’accident, la plate-forme était dépourvue de barrières de sécurité. Il passera trois semaines dans le coma, qui se soldent par dix mois d’arrêt maladie et de graves séquelles. C’était le 7 mars 2001. Le jeudi 13 février dernier, le directeur régional de Lidl était jugé en appel à Dijon pour blessures involontaires et non-respect des mesures de sécurité. Relaxé en première instance, il encourt trois ans de prison et 45000 euros d’amende. Le jugement a été mis en délibéré au 20 mars. Cette audience jette un coup de projecteur sur des conditions de travail dramatiques, celles des salariés du «hard discount». Ils travaillent chez Aldi, Lidl, Leader Price (Casino-Baud) ou Ed (Carrefour), ces casseurs de prix de l’alimentaire qui ont conquis 10% du marché en moins de quinze ans. Jusqu’à 50% moins chers que les supermarchés classiques, ils ont d’abord séduit les pauvres, puis les autres. L’an dernier, selon l’institut d’études sur la consommation Secodip, 60% des ménages français ont fait leurs courses au moins une fois dans l’un des 3000 magasins discount. Le secret de cette réussite? Des coûts serrés au maximum. Et des magasins gais comme une épicerie soviétique, pour montrer au client qu’on ne gaspille rien. Mais selon de nombreux salariés, ces recettes ne suffisent pas à expliquer ce succès. «Quand nous sommes arrivés en France, en 1989, notre concept était de prospérer grâce à la misère et à la crise, se souvient un ancien cadre de Lidl. Pour vendre aux pauvres, on a embauché d’autres pauvres qu’on a fait bosser à des cadences infernales. C’est terriblement efficace.» Le système repose sur une seule loi: l’hyperproductivité, mesurée en euros par heure travaillée. Ces ratios sont deux fois plus élevés que dans la grande distribution classique: jusqu’à 530 chez Aldi, 380 chez Lidl et Leader Price. «En tant que cadres, notre seul objectif est d’augmenter la productivité, c’est-à-dire faire tourner les magasins avec le moins de personnel possible, explique un ancien chef de réseau Lidl. Pour y arriver, il faut faire travailler les gens plus vite, plus dur, et les pousser à faire des heures supplémentaires non déclarées.» «Chefs de réseau» chez Lidl, «de secteur» chez Aldi et Ed, «inspecteurs» chez Leader Price, les responsables qui encadrent les magasins effectuent régulièrement des journées de plus de dix heures. Mais c’est chez les chefs de magasin que les abus sont les plus nombreux. «La méthode de travail chez Aldi est fondée sur le travail dissimulé», accuse Alexis Matthey, délégué CFE-CGC. Les chefs de magasin que nous avons interrogés dans les quatre enseignes disent travailler entre 50 et 70 heures par semaine, bien plus que ne le stipulent leurs contrats. Des irrégularités pour lesquelles certains hard discounters ont été condamnés à plusieurs reprises, aux prud’hommes comme en appel. Alors que la loi leur impose de noter chaque jour le nombre d’heures travaillées par les salariés, certains chefs de magasin Leader Price indiquent simplement «présent». Chez Aldi, une croix. Condamné pour cette pratique, Aldi exige désormais que ses chefs de magasin inscrivent 8,66 heures précises. «Mes ennuis ont commencé lorsque j’ai commencé à noter mes horaires réels», témoigne Wilfrid Vallez, chef de magasin Aldi à Montpellier et délégué du personnel. Il est aussitôt inondé de lettres de mises en garde. Selon plusieurs chefs de magasin Aldi et Lidl, certains cadres rectifient eux-mêmes les plannings des récalcitrants, au stylo bille ou au feutre noir. Aldi n’a pas souhaité commenter nos informations. Chez Leader Price et Lidl, la direction assure que les problèmes d’horaires ont disparu à la fin des années 1990, après la signature d’accords sociaux. Ce que contestent les syndicats, qui reconnaissent néanmoins une amélioration. Ces cadences provoquent des accidents du travail en surnombre. Selon le bilan social de Lidl et les statistiques de la Cnam, il y en a eu trois fois plus chez le discounter allemand que dans les supermarchés de taille comparable, ces accidents étant en moyenne 2,5 fois plus graves. Quant à Ed et Aldi, ils omettent régulièrement de mentionner ces chiffres, pourtant obligatoires, dans leurs bilans sociaux. «Alors que je ne m’occupe que d’un seul magasin Lidl, j’ai eu plusieurs cas très graves: hernies discales, fractures vertébrales, risques de complications neurologiques», s’alarme un médecin du travail. Le système tient grâce à un management centralisé et autoritaire, où le travail des salariés est régenté par des dizaines de procédures tatillonnes, le plus souvent impossibles à respecter. «Chaque niveau hiérarchique subit une telle pression qu’il la répercute à l’échelon du dessous: les directions régionales s’en prennent aux cadres, qui s’en prennent au chef de magasin, qui s’en prend à ses caissières», explique Monique Gauduin-Chaix, déléguée centrale CFDT chez Ed. Les salariés, jeunes, peu qualifiés, souvent étrangers, se taisent pour garder leur emploi. «La loi du silence règne, le système est verrouillé et chacun mérite son salaire, conclut un ancien cadre Lidl. C’est le salaire de la peur.» La plupart des salariés ne tiennent que quelques années. Selon les bilans sociaux des discounters, le turnover s’élevait à 34% chez Aldi en 2001, plus de 35% chez Lidl, avec un record pour Ed Paris-Nord, où 54% des salariés en CDI ont quitté l’entreprise en 2001. C’est beaucoup plus que dans les supermarchés classiques de taille comparable: 21% par exemple chez Champion. Dans ces magasins-là, on se tait, jusqu’à ce que la révolte éclate. Au milieu des années 1990, dans les quatre enseignes, des mouvements sociaux paralysent magasins et entrepôts. Le 15 septembre 1998, la police perquisitionne au domicile de quatre employés du magasin Lidl de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Lidl leur reproche d’avoir volé 55000 euros de marchandises. Ils sont licenciés, les salariés se mettent en grève. Silver Gning, chef du magasin de Romainville et délégué CGT, vient soutenir les manifestants. Il est immédiatement licencié, ainsi que deux de ses caissières et les 50 grévistes de l’entrepôt d’Aix-Marseille, qui avaient cessé le travail par solidarité. Après un mois de conflit, ils seront tous réintégrés, et la plainte de Rosny classée sans suite. Pour les hard discounters, cette résistance est une humiliation. «Lidl ne supporte pas l’idée que les salariés se défendent», regrette un délégué CGT. «La seule façon de faire respecter le droit chez Aldi, c’est de les traîner en justice», déplore Jean-Claude Hermant, délégué CGT. Les syndicalistes subissent de fortes pressions, qui vont jusqu’au harcèlement moral. Alexandre Torgomian, délégué CFDT chez Ed, a reçu vingt et une lettres recommandées : des remarques, des avertissements et des mises à pied. Il a porté plainte pour harcèlement moral, et obtenu 1 euro de dommages et intérêts. Dans son jugement, le conseil des prud’hommes estime que «l’accumulation des lettres (...) visait à déstabiliser le salarié». «On m’a demandé de le virer, témoigne Bara Diouf, son ancien chef de magasin. La direction voulait le forcer à retirer sa plainte.» Dans une main courante déposée dans un commissariat parisien, un autre chef de magasin témoigne avoir été «menacé à plusieurs reprises» par son employeur. Certains syndicalistes craquent et démissionnent. D’autres préfèrent négocier leur départ. Restent les irréductibles. Contre eux, les hard discounters emploient les grands moyens. «On m’a demandé de licencier un syndicaliste, témoigne une ancienne chef de magasin Ed. Fin 2001, je suis allée avec mon directeur déposer une fausse plainte pour harcèlement sexuel. Le type a passé 30 heures en garde à vue.» La direction d’Ed nie formellement. Le 12 mai 1999, François Muller, chef de réseau Lidl et syndicaliste CGC, est arrêté en flagrant délit dans le magasin de Scionzier (Haute-Savoie), avec un peu plus de 1170 euros dans sa poche. Il est relaxé le 18 septembre dernier par le TGI de Thonon-les-Bains. Le jugement dénonce les «manœuvres» de la direction, qui avait en fait chargé François Muller de prendre l’argent dans la caisse pour financer au noir le départ d’un salarié, avant de prévenir les gendarmes. Lidl a fait appel. Ces salariés sont également surveillés de près. Le 22 août dernier, deux techniciens se présentent au magasin Aldi d’Aubenas pour installer un système «antichoc» sur le coffre-fort. «Ce n’était qu’un bout de plastique, raconte Fabrice Grare, délégué FO. En fait, ils avaient posé une caméra espion qui filmait les employés et les clients.» Les salariés ont porté plainte. Là encore, Aldi se refuse à tout commentaire. Chez Lidl, le PDG Pascal Tromp a reconnu en novembre 2001 devant le comité d’entreprise qu’il avait recours «dans certains cas» à des détectives privés. Selon la direction, le seul cas concerne en fait l’affaire Muller. Ce que contestent plusieurs chefs de magasin. Aldi pense même à faire pression sur l’inspection du Travail. Dans un courrier interne, le directeur d’une des centrales Aldi informe sa hiérarchie qu’il va bientôt se rendre à la direction départementale du Travail en compagnie d’un membre du Medef, afin de «calmer les ardeurs» d’un inspecteur jugé trop curieux. Autant de critiques qui n’émeuvent pas les hard discounters. Le retour de la crise et la hausse des prix liée à l’euro ont fait exploser leur chiffre d’affaires: +15% l’an dernier, selon l’édition 2002 de l’étude Référenseignes de Secodip. De quoi conforter les très discrets frères Albrecht, inventeurs du hard discount et propriétaires de l’enseigne allemande Aldi. Avec un patrimoine estimé à 26,8 milliards de dollars, ils possèdent la troisième fortune mondiale, deux crans au-dessous de Bill Gates. |
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 09:31:48
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