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Publié le dimanche 16 février 2003

Dimanche 16 février 2003

ANALYSE
 
CONJONCTURE La Banque centrale européenne estime que ses taux sont à un niveau «approprié»

Parmi les scenarios du pire, celui envisagé par Ahmed Zaki Yamanil, ancien ministre saoudien du Pétrole et cofondateur de l'Opep : Saddam Hussein, dit-il, «pourrait recourir à la destruction des puits de pétrole irakiens (...) Le baril pourrait atteindre alors entre 80 et 100 dollars».
(DR.)
 
Ce que l'économie mondiale redoute de la crise irakienne


Stéphane Marchand
[15 février 2003]

La communauté internationale reste encore divisée sur la manière d'apprécier et d'évaluer les conséquences économiques d'un conflit qui exploserait en Irak. Mais tant chez les dirigeants politiques que chez les chefs d'entreprise, c'est la même question qui est posée: une guerre, qui plus est si elle s'avère plus longue que prévu, conduirait-elle à une récession?

George W. Bush est si conscient de ce risque qu'il a proposé au Congrès américain un plan massif de baisses d'impôts portant sur plusieurs centaines de milliards de dollars. Les pays européens disposent de marges de manœuvres beaucoup plus étroites et à l'heure où l'ONU joue une partie décisive pour son avenir, c'est l'inquiétude qui domine. Le ministre allemand de l'Economie et du Travail, Wolfgang Clement, ne cachait pas hier son désarroi devant les députés du Bundestag: «Les menaces de guerre se sont répandues comme une traînée de poudre sur l'économie et le marché du travail. Que ce conflit n'ait pas lieu et que l'on puisse voir devant nous avec plus de clarté et de certitude serait le meilleur programme conjoncturel.»

Certes la Commission de Bruxelles a affirmé mardi qu'elle envisagerait les «mesures appropriées qui se justifieraient» si la guerre éclatait, mais pas plus pour l'instant. La BCE estime que ses taux sont à un niveau «approprié», tout en reconnaissant qu'il est extrêmement difficile d'apprécier les implications économiques et monétaires d'une guerre. Les tensions liées à la situation irakienne risquent de provoquer de nouvelles turbulences sur les cours du pétrole, ce qui pourrait freiner l'activité économique et nuire à l'emploi. Cette perspective, poursuit la BCE dans son rapport mensuel, affecte la confiance des consommateurs. Certains ont tôt fait de lire dans cette analyse l'annonce programmée d'une baisse des taux d'intérêt en mars ou avril. La Banque d'Angleterre, elle, a décidé de ne pas attendre. Elle a créé la surprise en réduisant ses taux la semaine dernière.

Compte tenu de l'augmentation de la richesse des grands pays industrialisés, les guerres sont de plus en plus «abordables» financièrement. Le président de la Réserve fédérale Alan Greenspan déclarait cette semaine qu'un conflit en Irak pèserait probablement moins sur l'économie américaine que les précédents conflits: «La taille de notre économie est devenue si grande que même un effort important comme celui dans lequel nous sommes engagés au Moyen-Orient ne produira pas le genre de pressions que, par exemple, la guerre de Corée en avait fait peser sur notre économie, et plus tard le Vietnam... Le niveau des dépenses de défense dans le PIB est réellement bas à ce stade, elles ne pèsent pas sur les autres ressources.»


A lire également
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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-16 12:32:01
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Dimanche 16 février 2003

EXCEDENT COMMERCIAL
La France dégage un excédent commercial de 10 milliards d'euros


[vendredi 14 février 2003 - 20h36 heure de Paris]

© AFP
Le commerce extérieur
© AFP/Infographie
PARIS (AFP) - La France a dégagé en 2002 un excédent commercial de près de 10 milliards d'euros, principalement dû à la baisse de ses importations et à des exportations aéronautiques toujours importantes, dans un contexte de ralentissement des échanges mondiaux.

Selon les chiffres publiés vendredi par les Douanes, la balance commerciale française fait apparaître un excédent de 9,986 milliards d'euros, contre un excédent de 2,928 milliards d'euros en 2001.

Si l'excédent français "retrouve un niveau élevé" en 2002, "il reflète néanmoins une conjoncture dégradée et une attitude attentiste des entreprises et des ménages chez nos principaux partenaires et en France", a déclaré le ministre du Commerce extérieur François Loos en présentant ces résultats.

"Le second semestre 2002 n'a pas confirmé la reprise des échanges du début d'année, l'activité économique internationale se dégradant dès l'été", ont souligné les Douanes.

De fait, les échanges commerciaux de la France en 2002 révèlent surtout une nette contraction des importations (-3,5% par rapport à 2001) et, dans une moindre mesure, des exportations (-1,3%), ces dernières s'étant plus nettement repliées en fin d'année.

"Les échanges de biens d'équipement et de biens intermédiaires ont été les plus pénalisés par ce ralentissement, l'automobile et les biens de consommation bénéficiant d'une consommation encore soutenue des ménages", selon les Douanes.

"L'orientation géographique de nos échanges ne nous a pas permis de tirer parti de la légère reprise du commerce mondial", a relevé M. Loos.

Les exportations françaises ont été pénalisées par le ralentissement de l'activité et des investissements dans l'ensemble des pays de l'Union européenne (UE), principal partenaire commercial de la France (62% de ses exportations, 60% de ses importations).

Au total, les exportations vers l'UE ont reculé de 0,9%, la baisse étant beaucoup plus marquée vers le principal partenaire de la France, l'Allemagne avec -3%. Les importations en provenance de l'UE ont elles cédé 2,1% en 2002.

Au niveau sectoriel, le total des grands contrats aéronautiques signés à l'exportation a atteint 10,8 mds EUR. Il est en baisse de 31%, ce recul étant surtout concentré en Amérique et en Asie, "conséquence de la crise du transport aérien et de l'atonie de la croissance américaine", a précisé M. Loos.

Les exportations de produits agroalimentaires restent "bien orientés" avec une hausse de 3,3%. Les exportations de biens de consommation ont progressé de 3,1% et les importations de 2% par rapport à 2001, freinant la baisse globale des flux du commerce extérieur.

Les ventes de matériels militaires, après plusieurs années "de faibles montants à l'exportation", ont "nettement" augmenté pour atteindre 3,23 mds EUR en 2002, contre 2,07 mds EUR en 2001, selon les Douanes.

La facture énergétique de 2002 s'établit à 21,5 mds EUR, soit une réduction de 1,4 md EUR par rapport à 2001, due "à une diminution en volume de notre approvisionnement en produits pétroliers et à l'appréciation de l'euro face au dollar depuis le printemps 2002, le cours du brut étant resté quasiment identique en 2001 et 2002", a expliqué M. Loos.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-16 12:09:03
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