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Publié le mardi 11 février 2003

Mardi 11 février 2003

CONVENTION

Grande-Bretagne et pays de l'Est rejettent les normes sociales.
Par Jean QUATREMER

lundi 10 février 2003


 
 
 

  Bruxelles (UE) de notre correspondant

'ombre de Margaret Thatcher plane sur la Convention européenne présidée par Valéry Giscard d'Estaing. Les héritiers de l'ancien Premier ministre ultralibéral britannique, au premier rang desquels les néotravaillistes de Tony Blair, sont en train de réussir à vider la future Constitution européenne de toute ambition sociale : l'Union n'a, selon eux, qu'un rôle minimal à jouer dans ce domaine. Or, la Convention fonctionnant sur le mode du consensus, c'est le moins-disant qui risque de l'emporter. Le débat de la dernière session plénière, jeudi et vendredi, a montré que l'Union était fortement divisée entre ceux qui réclament plus d'intégration européenne sur les questions sociales, au premier rang desquels la France et l'Allemagne, et ceux qui y sont allergiques.

Majorité qualifiée. Certes, il y a bien des points de consensus, comme l'a souligné Valéry Giscard d'Estaing. En particulier, les grands principes sont globalement acceptés par les 105 conventionnels : promotion du plein-emploi, de la justice et de la paix sociale, d'un niveau élevé de protection sociale, etc. De même, chacun s'accorde à faire de la santé publique une compétence communautaire pour lutter contre les épidémies transfrontières. Mais dès que l'on entre dans les détails, les désaccords apparaissent, comme le note Ben Fayot (représentant du Parlement du Luxembourg) : «Tout le monde s'entend sur les bons sentiments ­ personne n'est contre la solidarité ou la justice sociale ­, maisÊquand ilÊs'agit de trouver les moyens d'agir, les clivages apparaissent.» Ainsi, chacun reconnaît qu'il y a bien un «modèle social européen», distinct du modèle américain. Mais, pour Peter Hain, le représentant du gouvernement britannique, si «on ne peut suivre la voie américaine», «on ne peut non plus empiler les règlements qui empêchent de créer de l'emploi». Autrement dit, modèle social, oui, normes sociales, non...

L'affrontement est devenu plus virulent sur le périmètre des questions qui pourraient être votées à la majorité qualifiée : faut-il ou non supprimer le droit de veto accordé aux gouvernements, seul moyen d'avancer dans une Europe à 25 et bientôt à 27 ? Actuellement, le Conseil des ministres peut adopter à la majorité qualifiée (1), en codécision avec le Parlement européen, des lois communautaires, dans plusieurs domaines : amélioration du milieu de travail pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, conditions de travail, information et consultation des travailleurs, intégration des personnes exclues du marché du travail, égalité homme-femme. Tout le reste (notamment la Sécurité sociale) relève de l'unanimité. En outre, l'Union ne peut légiférer dans les domaines des rémunérations, du droit d'association, du droit de grève et du droit de lock-out. Si une partie des conventionnels veulent faire sauter ces verrous ­ où l'on verrait par exemple la fixation d'un temps de travail minimal ou un minimum légal de congés maternité, ou encore les temps de repos pour les routiers­, pour la majorité des pays, il n'est pas question d'aller au-delà. «Personne n'a fourni la preuve que plus de votes à la majorité qualifiée donneront plus d'emplois», a lâché Peter Hain, soutenu notamment par la Pologne, la Lettonie, la République tchèque ou le Portugal. Réponse de l'Espagnol Josep Borrell Fontelles (représentant des Cortes) : «Quand a-t-on prouvé que l'unanimité avait permis de créer plus d'emplois ?»

Clivages. Face à la France et à l'Allemagne qui réclament plus d'intégration européenne sur les questions sociales, la Grande-Bretagne, rétive à toute idée d'harmonisation, emmène avec elle le Portugal ainsi que les dix pays de l'Est futurs membres de l'Union. Les anciens dominions de l'empire soviétique redoutent de se voir imposer des normes minimales qui grèveraient leur compétitivité. A ce camp, largement majoritaire, s'ajoutent, pour des raisons exactement inverses, les pays nordiques qui craignent qu'une harmonisation tire vers le bas leur modèle social . Les clivages sont moins politiques que culturels : les conservateurs français se retrouvent, en effet, aux côtés des sociaux-démocrates allemands contre les travaillistes britanniques soutenus par les libéraux portugais ou encore les socialistes polonais. Ce n'est pas un hasard si cette fracture recoupe presque exactement celle qui a divisé la Convention sur le gouvernement économique de l'Union, une bonne partie des conventionnels s'étant opposée à ce que la coordination des politiques économiques soit rendue plus efficace et donc plus contraignante.

(1) Chaque pays dispose d'un certain nombre de voix en fonction de sa population. La majorité qualifiée représente environ 71% du total de ces voix.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-11 13:36:03
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Mardi 11 février 2003

BP
BP annonce un investissement stratégique majeur en Russie
Dépêche reçue le 11/02/2003 à 13:48
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Logo de British Petroleum

Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé un investissement de 6,75 milliards de dollars en Russie, pour créer le numéro trois russe du pétrole et du gaz et augmenter de quelque 25% sa capacité de production.

Cet accord représente "une avancée stratégique majeure dans un pays qui détient d'énormes réserves de pétrole et de gaz et un immense potentiel de croissance", a souligné le directeur général de BP John Browne.

BP versera un montant initial de 3 milliards de dollars en numéraire pour une part de 50% dans une nouvelle société commune avec les holdings russes Alfa et Access Renova (regroupées sous le nom d'AAR), qui possèdent 100% du groupe TNK, quatrième groupe pétrolier de Russie, et une part majoritaire dans le groupe Sidanco.

BP, qui effectuera ensuite trois versements annuels de 1,25 md USD en actions, apporte de son côté sa part de 25% dans Sidanco dans cette nouvelle société dont le nom n'a pas été précisé.

"BP et AAR annoncent avoir passé un accord de principe pour fusionner leurs intérêts en Russie afin de créer le troisième groupe russe de pétrole et de gaz, dans lequel ils détiendront chacun une part de 50%", ont précisé les deux groupes dans un communiqué commun.

Cet investissement, qui serait le plus élevé jamais réalisé par une société étrangère en Russie, reflète la confiance accrue de la communauté internationale dans la Russie.

"BP est arrivé en Russie il y a cinq ans en achetant 10% de Sidanco", a rappelé le patron de BP.

"Nous avons eu des moments difficiles au début, mais (...) nous avons progressivement instauré une relation mutuellement bénéfique avec les propriétaires de AAR et beaucoup appris sur la façon de faire des affaires en Russie", a-t-il ajouté.

John Browne a précisé que son groupe avait "examiné très soigneusement les actifs concernés par cette transaction, y compris au moyen d'inspections sur le terrain, rigoureuses et nombreuses".

"Ces mesures prudentes, associées à une bien meilleure stabilité économique de la Russie, à un système légal plus efficace et à un engagement accru des hommes d'affaires russes à respecter les règlementations internationales, ont convaincu BP qu'il était temps d'approfondir notre partenariat avec AAR", a-t-il conclu.

L'investissement de BP représente également pour le britannique une occasion en or d'augmenter sa capacité de production au moment où il a des difficultés à améliorer ses résultats.

TNK et Sidanco, qui possèdent d'importantes activités d'exploration en Sibérie et dans l'île de Sakhaline, produisent à eux deux quelque 1,2 million de barils par jour, souligne le communiqué.

La part de BP sera de quelque 500.000 barils par jour, ce qui représente pour le britannique une augmentation de près de 25% de sa production de brut, qui s'est établie à 2,05 millions de barils par jour au 4ème trimestre 2002.

Plus de 40% de la production du nouveau groupe sera exportée sous forme de brut et 15% sous forme de produits raffinés --la nouvelle entité possède des intérêts dans cinq raffineries-- le tout au prix du marché. Le reste sera vendu sur le marché intérieur, notamment par son réseau de plus de 2.100 stations-services en Russie et en Ukraine.

L'annonce de cet accord spectaculaire a coïncidé avec la publication des résultats annuels de BP, qui accusent une baisse de 25%, avec un bénéfice net après ajustement (hors effets de stocks) de 8,715 milliards de dollars en 2002.

Mais les résultats du 4ème trimestre laissent espérer une amélioration, puisqu'ils font état d'une hausse de 49% de ce bénéfice, à 2,635 milliards de dollars.

Le marché a salué ces annonces. A 12H15 GMT à la bourse de Londres, BP prenait 11,75 pence à 391,25 pence, soit 3%, dans un marché en hausse de 1,7%.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-11 09:56:08
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